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<title>Netzah - vis-ma-vie-de-looseuse</title>
<description>Entre geekitudes et autres réflexions hypers mégas métaphysique de la mort qui tue sa mère en short.</description>
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<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2009 14:30:00 +0100</lastBuildDate>
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<title>I love you Sncf (part 1)</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/01/26/i-love-you-sncf-part-1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>Vis ma vie... de looseuse</category>
<pubDate>Mon, 26 Jan 2009 07:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Nouveau lundi, nouvelle loose. Pour celle-ci, bienvenue dans les moyens de transports haut-alpin que je déconseille à toute personne tenant à survivre... ou à voyager vite.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Ou l'adolescence tout feu tout flamme&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;J'ai 14 ans, et whouhou ! je pars toute seule traverser la France et une partie de la Suisse en train avec ma copine Malika (nous l'appellerons Malika) pour un séjour linguistique en Allemagne.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Nous quittâmes joyeusement la petite ville de C. en partance pour la grande ville de G. , première étape de notre périple.&lt;br /&gt; Les trains de mon bled étaient encore à cette époque d'antiques TER à la locomotive digne d'un film en noir et blanc. Après avoir rapidement torché les au revoir à nos parents angoissés, nous montâmes dans le TER de la liberté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Toute heureuse et toute fringante, je regarde avidement le paysage assise en face de ma pote Malika, occupée à manger un plat de taboulé plus grand qu'elle, quand tout à coup je vois passer des flammes devant ma fenêtre. « Tiens donc » me dis-je. « Des flammes. »&lt;/b&gt; Je répète cette réflexion hautement observatrice à voix haute dans un flegme tout adolescent, genre « ouais t'as vu j'ai 14 ans je connais la vie moi j'avoue » Ma copine daigne lever un sourcil tandis qu'une jeune femme en face de nous nous lance des regards angoissés. Très vite, nous commençons à entendre des cris surgir de l'avant du train. Je déclare à Malika que « fichtre diantre, notre train prend feu. » Malika, résignée, range son plat de taboulé. Quand le train s'arrête dans un crissement de frein et que les contrôleurs se pressent pour nous évacuer, nous échangeons tout de même un regard modérément inquiet. Malika, qui a un sens pratique à toute épreuve, suggère qu'il serait peut-être temps de songer à nous tirer de là. Effectivement, autour de nous, la panique commence à se faire quand les gens se précipitent vers la sortie. Toujours aussi zen (comme quoi le cerveau adolescent comprend décidément quelques cases en moins), nous aidons la jeune femme à descendre ses bagages et nous dirigeons placidement vers la sortie. Dans ma chance légendaire, je reste seule dans le wagon car une nana a la merveilleuse idée de se taper une crise de nerfs juste devant la porte et me bloque ainsi la sortie. Bon. J'ai beau ne pas avoir encore trop de neurones, je vois bien qu'il commence à faire chaud dans ce train et que ce truc rouge devant moi ressemble fort à une très vieille locomotive qui prend feu. Je suggère donc gentiment à la meuf d'aller faire sa crise un peu plus loin, ce qu'elle finit par faire quelques minutes plus tard.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Epilogue: Nous sommes tous sortis du train sains et saufs, le seul mort a été le mec qui, en voiture, a choisi de défoncer la barrière de sécurité de la voie de chemin de fer et de tenter sa chance contre un train plutôt que d'attendre quelques secondes supplémentaires. Au final, Malika et moi avons bien sûr raté une de nos 12 correspondances et sommes arrivées en Allemagne à 23 heures au lieu de 18. Dieu merci, nous avions le taboulé de survie.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Soirées étranges</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/01/03/soirees-etranges.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>Vis ma vie... de looseuse</category>
<pubDate>Mon, 19 Jan 2009 07:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Youhou ! C'est lundi, et comme d'habitude, rien de mieux pour commencer la semaine qu'une bonne vieille loose de derrière les fagots. Celle-ci est assez longue mais c'est une de mes préférées parce que si j'avais voulu, j'aurais jamais pu inventer ça.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;...Ou comment entamer une course poursuite en 4L à 4 heures du mat&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Cette histoire n'est pas réellement une loose mais plutôt une nuit tellement étrange que je ne résiste pas au plaisir de la raconter.&lt;br /&gt; Tout a commencé par une journée morne mais ensoleillée dans la petite ville de G. Ce jour là, j'aborais fièrement un T-shirt portant l'effigie d'une plante bien connue à 7 ou 9 feuilles et aux vertus pour le moins euphorique.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Je gambadais d'un air morne et blasé (adolescence oblige) dans les rues de ma petite ville quand un jeune homme aux allures de défoncé de la vie vient me demander si je sais où on peut trouver « de la fume ». Bon vu mon T-shirt, je vais pas lui mentir. Un ou deux joints plus tard, Jérôme (nous l'appellerons Jérôme) me propose à moi et à mon copain de le rejoindre à une soirée dans le petit village de S. samedi prochain. (Haha j'adore écrire les villes avec juste les initiales on se croierait dans une nouvelle de Lovecraft.) Enfin bref. Mon copain de l'époque devait partir au Sénégal quelques jours plus tard, et je ne voulais quand même pas risquer d'aller toute seule à une soirée dans un bled paumé avec des illustres inconnus. J'appelle donc ma copine Marie (nous l'appelerons Marie) que je sais partante pour toutes mes idées stupides et mon pote Arnaud (nous l'appellerons ... enfin vous avez compris quoi), qui lui était partant tant qu'on lui promettait qu'il y aurait de quoi fumer. Nous voilà donc partis (en stop) vers le petit village de S. samedi après midi, pleins d'enthousiame juvénile. Nous retrouvons assez rapidement Jérôme, qui est accompagné d'un garçon pour le moins étrange. Celui-ci en effet marche en jetant une de ses chaussures à 20 mètres, puis il la ramasse, et relance l'autre 20 mètres plus loin. Marie et moi nous lançons un regard en coin un peu perplexe. Bon, ne soyons pas trop hâtives dans notre jugement. Le jeune garçon étrange s'approche de nous et nous dit en guise d'entrée en matière: « ce soir si il y a de la drogue, je marcherai sur les braises. ». J'acquiesce d'un air qui se veut convaincu: dans le doute, pas la peine d'exciter la bête.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Un peu refroidies mais encore guillerettes, nous montons en haut d'une petite colline pour « rejoindre les autres ». Là nous discutons avec Jérôme qui nous rassure un peu par son apparante sanité d'esprit, tandis que le jeune homme marcheur-sur-les-braises regarde l'horizon d'un air vague. Je commence enfin à me détendre quand un bruit du tonnerre me fait sursauter&lt;/b&gt;. A une allure proche de franchir Mac 2, un engin qui m'apparaît comme n'étant pourtant qu'un bête scooter nous fonce dessus et s'immobilise à deux centimètres de nos visages ébahis. Trop stupéfaite pour bouger, je vois le conducteur descendre et me mettre sous le nez une gourmette sur laquelle est écrite « Sony » et il me dit « Sony! Je m'appelle Sony et je suis fan de scooter! » (et là pour le coup, c'est son vrai nom, promis j'invente pas...) Un peu déstabilisée, je balbutie une réponse, « heu moi c'est Netzah (bon en vrai c'est pas mon vrai nom mais on ferait comme si que c'était ça que je lui avais dit) et voici Marie et Arnaud ». Marie a l'air maintenant proche de l'évanouissement, et pour ne pas arranger les choses, elle me répète maintenant toutes les 30 secondes « y'a pas de filles!! y'a pas de filles dans cette soirée y'a que des mecs!! » j'essaie vaguement de la rassurer tout en tenant une discussion que je veux normale avec Sony, le fou du volant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Quelques instants plus tard, comme en réponse aux angoisses de Marie, une jeune fille monte vers nous d'un air nonchalant. Je sens Marie soupirer de soulagement à mes côtés. La jeune fille s'approche de Sony et lui roule une pelle aussi cash. Je commence donc enfin à me calmer, je ris de ma paranoïa, tout va bien, il y a d'autres filles et Sony ne peut pas être si barjo que ça s'il a réussi à en lever une.&lt;/b&gt; Mais là, toujours sans dire un mot, la jeune fille s'approche de marche-sur-les-braises et lui roule une pelle à son tour. Là j'avoue, je commence à douter. Elle s'approche ensuite de Jérôme et, non non je n'hallucine pas, elle fourre sa langue dans sa bouche à lui aussi. Marie et moi échangeons un regard angoissé. Arnaud a l'air comme toujours de n'en avoir rien à foutre. Nous voyant perplexes, Sony se sent obligé d'ajouter: « bah oui, Sonia, c'est un peu la copine à tout le monde ». J'acquièce d'un air niais tandis que Marie s'accroche à mon bras en me murmurant en boucle à l'oreille: « je suis pas la copine à tout le monde moi!! »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Sur ces entrefaites, et puisque apparemment tout le monde est arrivé, Jérôme propose que nous montions en l'endroit où se déroule la soirée. « Heu ah bon? Lui demandais-je, mais on reste pas dans la ville? »&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; « Ah mais non! » nous répond Sony avec un air de possédé « en haut de la colline, là haut, y'a un super endroit! On va pouvoir faire un feu et faire la fête! » ce à quoi marche-sur-les-braises ne peut évidemment s'empêcher d'ajouter: « et on marchera sur les braises! » J'essaie de garder un air composé, me tourne alternativement vers Marie et Arnaud. Arnaud s'en fout, il est en manque et il veut son joint, Marie est de toute évidence devant un dilemme. Nous décidons malgré tout de les suivre. S'ensuit une longue marche pénible et en montée où Marie et moi échaffaudons des plans plus absurdes les uns que les autres pour s'enfuir « au cas où les choses tourneraient mal. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Nous arrivons finalement sur une espèce de petite plaine en haut de la colline. Cet endroit est manifestement leur QG: en lisière des arbres, une petite cabane, et au milieu de la clairière, un foyer encore fumant et un canapé défoncé.&lt;/b&gt; C'est toutefois assez rigolo, et comme il ne fait même pas encore nuit, Marie et moi nous calmons assez vite. Jérôme se pointe avec un cubi, ce qui achève de nous rassurer, les intentions de ces gens ne peuvent qu'être bonnes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;La soirée se déroule étrangement bien étant donné comme elle avait commencé. Marche-sur-les-braises, bien qu'un peu taciturne, se trouve être tout compte fait un compagnion de beuverie sympathique, Sonia-la-copine-à-tout-le-monde fait des allez retours entre le village et la clairière pour nous approvisionner, et Sony quand il ne conduit pas un scooter s'avère être un humain plutôt normal et civilisé&lt;/b&gt;. Marie et moi nous amusons bien, nous sommes rapidement ivres mortes et nous dansons pied nu dans l'herbe (sans musique), et je marche involontairement sur des tessons de bouteille. Arnaud revient avec un air hagard et nous affirme d'un air très fier « j'ai vomi 7 fois! » avant de se rendormir lamentablement. Bref, une bonne soirée sympathique comme on les aime.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Seul détail un peu particulier, je connaissais la bonne vieille méthode traditionnelle pour entretenir un feu qui consistait à le nourrir avec des branches et éventuellement du papier, mais grâce à Sony et à ses amis j'ai découvert la méthode « j'alimente le feu à grand coup de bidons d'essence ».&lt;/b&gt; Sauf qu'à un moment, l'inéluctable arrive: plus d'essence. Sony se propose donc de descendre au village pour en « prendre », et dans la foulée se ravitailler en clope et autres produits de toute première nécéssité. Il me propose de l'accompagner,et bourrée comme je suis je saute gaiement sur son scooter. Il me tend un casque que j'enfile sur le bras en rigolant. Comme si j'avais besoin de ça! Après 10 mètres sur le scooter de Sony, je me rends compte qu'en effet J'AI besoin de ça. J'enfile donc le casque en tremblant, et commençant à dessouler, je m'accroche tant bien que mal à Sony. Je suis pourtant déjà montée sur des scooters débridés, mais ce que je vis là dépasse ces maigres expériences. On descend la pente à 90/100 au bas mot, et sur un scooter prévu pour rouler à 45 maxi ça fait quand même flipper. Nous sommes donc au village en 12 secondes et demi, environ. Tremblante de peur et pour le coup franchement débourrée, je vais faire les courses dont nous avons besoin. Je rejoins Sony pour repartir, en maudissant mes parents de ne pas m'avoir inscrite à au moins une religion pour assurer mes arrières. Sur le coup, je ne réalise pas que nous n'avons pas acheté d'essence. Mais sur la route, Sony prend un autre chemin et immobilise la Sony-mobile près d'une villa. Nous descendons à pas de loup, enfin lui à pas de loup et moi sur ses talons ne comprenant rien à ce qui se passe. Je lui hurle naïvement « Tu habites ici? » «SHHHHhhhh! » me fait-il frénétiquement. Il saute dans le jardin et me chuchote « tu m'attends ici et fais pas de bruit! ». Une lueur de compréhension commence doucement à percer ma couche de naïveté. Un bon quart d'heure plus tard, Sony réapparaît, me jette un bidon d'essence dans les bras, me dit grimpe! Et démarre l'engin diabolique. J'ai quand même le temps (et la stupidité), de dire « mais heu c'est du vol là non? » Sony se retourne vers moi en souriant et a quand même l'aplomb de m'affirmer « mais non, c'est un emprunt! »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Arrivés en haut, en dehors du fait que je ne suis plus bourrée, qu'il n'y a plus d'alcool et que Marie se fait brûler au 2ème degré par un jet d'essence intempestif (elle n'avait pas réagit au « Essence!! » habiuel beuglé par Jérôme), la soirée reprend joyeusement son cours.&lt;/b&gt; Sony repart avec Jérôme pour une expédition que je ne cherche pas à identifier, j'aime autant commencer par me remettre de mes émotions.&lt;br /&gt; Ils ne sont pas partis depuis une demi-heure que nous sommes interpellés par un bruit de moteur poussif. Là, je me dis que mes sens me jouent des tours: en effet on a déjà eu du mal à se faufiler dans le petit chemin broussailleux, alors je vois mal comment... mais je suis interrompue dans mes pensées par l'arrivée d'une 4L sur la clairière. Non je n'hallucine pas, je suis bien en train de voir Sony et Jérôme apparaître dans ce qui est manifestement une voiture volée qu'ils ont fait monter je ne sais comment en haut de notre colline.&lt;br /&gt; Là, je commence à me dire que ça devient un peu trop. Les deux fadas redescendent dans leur voiture, et moi je me dis qu'il va bientôt être temps de se casser. Marie n'a pas l'air de cet avis, toujours aussi bourrée, elle m'affirme qu'elle passe la meilleure soirée de sa vie et qu'il faut absolument qu'on reste. Je finis à me ranger à son avis, d'autant plus que pour l'heure Arnaud reste innamovible.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Nous comatons donc de concert sans d'autre événement remarquable qu'une réaction étrange de Marche-sur-les-braises. J'étais en effet en train de discuter avec lui quand je sors une ventoline (une espèce de spray qui sert à faire survivre les asthmatiques) quand je vois Marche-sur-les-braises se raidir brusquement, m'agresser presque en gueulant « t'es asthmatique »?&lt;/b&gt; Me sentant un peu conne, je bredouille « oui » avec la ventoline encore dans la bouche. Sur ce, Marche-sur-les-braises se dresse sur ses pattes comme pris d'une décharge électrique et va s'enfermer dans la cabane. Nous ne l'avons plus revu de la soirée.&lt;br /&gt; Plus tard, je devais apprendre que sa mère était morte d'une crise d'asthme en prison car ses geôliers lui avaient refusé la fameuse ventoline.&lt;br /&gt; Quoi qu'il en soit, ça avait jeté un froid dans la soirée. Heureusement, Sony et Jérôme étaient là pour égayer notre soirée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Au bout de deux heures de leur absence, nous commençâmes gentiment à nous inquiéter. Avec mes compagnons de beuverie et d'autres potes de Jérôme dont j'ai préféré ne pas mentionner l'existence pour raccourcir cette histoire (oui, imaginez ce que ça aurait pu être!!), nous décidâmes donc de descendre au village pour voir ce qu'il en était. (bon et moi j'arrête là avec le subjonctif et je reprends mon récit au présent.)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Une fois arrivés au village, le petit jour pointant, quelle surprise n'avons nous pas en voyant Sony et Jérôme, les cheveux en pétard et les fringues trempées, en train d'étaler une par une leurs clopes sur le muret afin de les faire sécher au soleil. Je me dirige vers eux d'un air un peu guindé, ils auraient quand même pu venir nous dire qu'ils allaient bien au lieu de nous laisser nous inquiéter là-haut comme des cons! Ils commencent donc à nous raconter ce qui s'est passé pendant ces quelques heures. Les flics les ont pris en chasse dans leur 4L volée, ils ont finit par abandonner la voiture et traverser un ruisseau (je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qui est passé par leurs cerveaux alcoolisés, est-ce qu'ils se sont cru dans une série policière et ont sauté dans un ruisseau pour que les chiens ne puissent sentir leur odeur?) bref, doutant que les flics de S. qui fait environ 300 habitants en pleine saison cherchent à nous traquer jusque sur le muret de la place principale, nous partageons un petit déjeuner avec eux avant de les quitter.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pour terminer, je dirai seulement que nous Marie, Arnaud et moi sommes rentrés à pied sur G. et avons parcouru la distance en plein soleil, pieds nus dans mon cas car la douleur provoquée par ma danse sur les morceaux de verre se rappelait joyeusement à ma mémoire.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;Les vagues souvenirs que j'ai de ce retour s'arrêtent à une pitoyable demande d'un verre d'eau à une femme dans une caravane, qui émue à notre aspect miteux eut la gentillesse de nous offrir la bouteille.&lt;br /&gt; Au bout de 10 kilomètres de marche, Marie finit par craquer et arrêta une voiture en plein milieu de la rue, forçant presque un couple de petits vieux à nous prendre en stop jusqu'à G. (Donc finalement, c'était quand même un peu la loose...)&lt;br /&gt; Je n'ai jamais revu ni Sony ni Marche-sur-les-braises, mais je pense que le moindre des hommages que je pouvais leur rendre était de raconter leurs frasques sur le site qui porte la loose aux nues.&lt;/p&gt; 
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<title>Série noire...</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/01/03/serie-noire.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>Vis ma vie... de looseuse</category>
<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 07:00:00 +0100</pubDate>
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&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Hop, c'est lundi matin, alors autant bien démarrer la journée avec une autre loose ressortie de mes tiroirs...&lt;/i&gt; &lt;h3&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;... Ou autres petites désillusions spirituelles&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;L&lt;/b&gt;&lt;b&gt;a sagesse populaire nous apprend qu'un malheur n'arrive jamais seul. J'ai eu la joie d'en faire l'expérience il y a de ça quelques années.&lt;br /&gt; C'est le doux mois de mai au fin fond de l'est Parisien, les oiseaux chantent (un peu trop comme nous le verrons par la suite), le printemps revient, et moi je viens de me faire larguer. Je ne vais pas m'étendre sur le marasme et la dépression dans lesquels cette rupture m'avait plongée, il me suffit ici de dire que c'était tout récent et que j'essayais vainement de continuer à vivre comme si de rien était.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; Un matin donc, je me lève, glacée malgré la chaleur qui revient, et je me glisse sous la douche histoire d'y retrouver un minimum de réconfort, ou au pire de tenter de me noyer dessous. Sauf qu'au lieu de la caresse brûlante qui était sensée venir me réchauffer, je me prend en pleine tête un jet d'eau glacée. Merde. Pourtant les plombs n'ont pas sauté, et je me lève juste donc je n'ai pas encore eu le temps de vider le chauffe eau. Pas de panique. Je m'approche avec circonspection du tableau électrique voir si par hasard un fusible n'aurait pas sauté, mais tout à l'air normal. Je tente de faire couler l'eau chaude du robinet, impossible. Bon. Restons zen, ça sera peut-être revenu ce soir... (parfois, j'aime ma naïveté) De retour le soir, toujours pas d'eau chaude. Ok. Là on panique. J'appelle illico mon proprio, lequel me dit d'essayer de démonter moi même le ballon d'eau chaude voir si c'est ça qui cloche. Je me questionne intérieurement, a-t-il fumé ou est-ce juste un psychopathe de plus? . Bien sûr , lui répondis-je posément, du haut de mes 1m60 et avec mes bras de crevettes, je vais démonter un ballon d'eau chaude qui, de surcroît, m'a tout l'air d'être bien planqué derrière un coffrage. Mais tout va bien, car heureusement lors de ma licence de théâtre, j'ai validé l'option démontage-de-ballon-d'eau-chaude-bien-planqué-derrière-un-coffrage. Devant le long silence téléphonique qui s'ensuit, j'en conclus qu'on apprend pas plus le sarcasme en fac de proprio que la plomberie en fac de théâtre. Après avoir raccroché et n'écoutant que mon courage (ou ma stupidité), j'essaie quand même de voir de plus près ce ballon d'eau chaude. Il me faut moins de 12 secondes pour comprendre que je n'ai décidément pas raté une carrière dans la plomberie. Bon. Je rappelle le proprio. Celui-ci, qui ne doute décidément de rien, me dit « vous n'avez qu'à demander à votre copain d'y jeter un oeil ». C'en est trop. N'ayant même pas la force de relever tout le sexisme que contient cette dernière remarque, je me mets à chialer comme une môme au téléphone en lâchant que je viens de me faire larguer. Cette réaction imprévue le surprend quelque peu, mais elle fait quand même son petit effet car il m'enverra le plombier demain, promis juré. Comme quoi, être pathétique, ça paye. Epuisée, je décide d'aller me coucher, toujours aussi sale que ce matin. Se laver à l'eau froide, rien à faire c'est contre ma religion.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le lendemain, toujours dans l'optique de continuer tant bien que mal ma lamentable vie de célibattante, je décide courageusement d'aller à la piscine avec une copine (au moins là-bas y'aura de l'eau chaude). On attend le bus pour rentrer (après au moins 200 mètres de nage, on va quand même pas rentrer à pied, sans déconner). A l'arrêt de bus, je lui raconte mes malheurs sans prêter attention à un type un peu chelou derrière nous.&lt;/b&gt; Toujours aussi peu méfiante, ça doit être mon côté provincial qui persiste, j'ai mon sac grand ouvert avec le portefeuille bien en vue. Le bus arrive, et bien sûr ce qui devait arriver arrive, le mec attrape mon portefeuille au passage et s'enfuit en courant. Malgré ma stupeur, je mesure vite qu'il sera totalement inutile de lui courir après, d'une part parce que je ne cours pas vite, d'autre part parce que je tiens plus à ma vie qu'à mon portefeuille et d'une troisième part parce qu'on est bloquées par tous les gens qui rentrent dans le bus (oui je rajoute des troisièmes parts si j'ai envie je m'en fous c'est moi qu'écris). Je grimpe donc dans le bus en pestant, pleurant, passant alternativement de la rage la plus noire au désespoir le plus total. Ma copine me rassure comme elle peut, il n'y a presque pas d'argent dedans, on va aller tout de suite au commissariat. Certes il y avait très peu de liquide, mais à cette époque je bossais entre autre pour des boîtes de soutien scolaire type acadomia, et dans mon portefeuille il y avait tous les coupons qui allaient me servir à récupérer ma paye. Accablée, je me laisse donc traîner au commissariat par ma copine. Là évidemment il y a environ 12 heures de queue, je peste et je rage de plus belle. Mais, une fois n'est pas coutume, j'ai de la chance dans mon malheur. Un jeune flic m'aperçoit et me dit de venir pour prendre tout de suite ma déposition. Je passe dignement devant une trentaine de personnes médusées et furieuses, ne doutant point du charme prodigieux de mes yeux rouges, de mes cheveux ébourriffés et du doux parfum de chlore que je répand à chacun de mes pas. Je m'assois donc en face du jeune flic. J'ai la chance d'assister une fois de plus à la redoutable efficacité des hommes et des femmes qui protègent notre nation, à l'incroyable super pouvoir qu'ils ont apparement tous développé à l'école de police: c'est à dire taper à deux doigts avec une lenteur affligeante et environ une faute d''orthographe par mot. Impossible de le laisser consigner un tel torchon; je lui fais imprimer la déposition, (ça doit être mon côté prof avant l'heure), je corrige les fautes et je lui fais tout retaper. Pendant les trois quarts d'heure qu'il met à taper 12 lignes, il me raconte que lui aussi s'est récemment fait larguer. Il ne peut malheureusement pas s'empêcher de me donner le conseil qui va révolutionner ma vie; à savoir qu'il faut aller de l'avant, ne faut pas se laisser abattre et blablabla. Bon il n'a de toute évidence pas inventé le fil à couper le beurre, mais il est mignon et je ne peux m'empêcher de jeter en arrière mon épaisse crinière chlorée et éclater d'un rire christallin à ses blagues pas drôles.&lt;br /&gt; De toute évidence, ça fait son petit effet puisque le charmant-mais-pas-très-fut-fut fonctionnaire de police me glisse discrètement son numéro de portable avant de partir. Petit détail amusant, il s'appelait Isidore (je vous jure j'invente pas, la réalité est parfois plus cruelle que la fiction.)&lt;br /&gt; Ceci étant, je vais tout de même pitoyablement à ma répétition, tout en faisant intérieurement le compte de toute la thune que je viens de perdre et de combien de temps ça va me prendre pour faire refaire tous mes papiers.&lt;br /&gt; Je finis par rentrer chez moi , le moral en berne.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Juste avant de pousser la porte de mon immeuble, la vendeuse de la boutique d'à côté avec qui je discute assez fréquemment m'interpelle au passage. Elle m'explique rapidement que quelqu'un, « un jeune homme plutôt bizarre », est venu lui demander le code de mon immeuble. Elle a tout d'abord refusé, essayant de comprendre le motif de sa requête. Elle me dit qu'il aurait soi-disant des chose m'appartenant, elle lui aurait demandé de les lui donner mais il a insisté pour vouloir ne les donner qu'en main propre.&lt;/b&gt; Elle a donc finit par lui donner le code, mais elle me dit de rester sur mes gardes. Je la remercie vaguement, n'ayant pas tout compris à cette histoire. Je pousse donc la porte de mon bâtiment et je m'apprête à passer la deuxième porte quand j'entend qu'on m'interpelle. Dans l'embrasure de la porte d'entrée se tient le « jeune homme bizarre » en question. Il tient un sac plastique à la main et aborre le costume traditionnel de mon quartier, à savoir casquette vissée à l'envers, survet rouge et une démarche laissant penser qu'il vient de se chier dessus. « Excusez-moi mais c'est vous E......? »&lt;br /&gt; « Heu oui c'est moi pourquoi? »&lt;br /&gt; « Ben vas-y j'ai trouvé ça dans la poubelle alors je me suis dit que j'allais te le ramener zy-vas » (bon ok , ok j'en rajoute un peu, mais c'est pas ma faute si on peut pas retranscrire l'accent à l'écrit)&lt;br /&gt; Sur ce, il me tend le sac en plastique et mon coeur bondit dans ma poitrine quand je vois tous mes papiers, coupons et bref tout ce que contenait mon portefeuille (sauf l'argent bien sûr). Je ressens un intense soulagement et je me répand en remerciements auprès du jeune homme. Malgré ma nature parano, je passe sur le fait qu'il ait voulu me rendre les papiers en personne et qu'il avait sûrement guetté mon arrivée pour pouvoir le faire. Je ne creuse pas non plus le fait qu'il ait fouillé une poubelle, que je me suis fait voler le portefeuille à plusieurs stations de métros d'ici et que c'est quand même bizarre que le voleur ait courru précisément jusqu'à une poubelle de Ménilmontant... bref, il ne sert à rien de s'attarder là dessus, je lui dis simplement merci une bonne dizaine de fois et vais pour rentrer.&lt;br /&gt; Il me dit « bah de rien et puis un jour faudra qu'on aille boire un café! »&lt;br /&gt; Bien sûr, bien sûr l'en assurai-je, rien ne pourrait me faire plus plaisir. (sur le coup je suis tellement contente que presque j'y croirais. Le jeune homme s'en va, apparemment satisfait, et je peux enfin rentrer vers mon « home sweet home »...&lt;br /&gt; C'était bien évidemment sans compter ma fameuse histoire de chauffe eau. En rentrant, j'ai le plaisir immense de retrouver mon salon recouvert de plâtre et de peinture, avec un énorme trou qui remplace le coffrage qui ornait autre fois ma cuisine.&lt;br /&gt; Je maudis donc intérieurement les proprios syphonnés et les ouvriers peu consciencieux.. Mon sixième sens naturel m'informe que je vais devoir vivre plusieurs semaines, voir plusieurs mois avec un trou à la place de ma cuisine . Mais bonne nouvelle, l'eau chaude est revenue!&lt;br /&gt; Je me dis donc que tout est bien qui finit bien: je vais pouvoir enfin me doucher à l'eau chaude, je vais peut-être sortir avec un charmant flic (bon ok flic ça craint un peu mais il m'aidera peut-être à passer le cap de mon ex) et je me dis qu'avec toute la poisse que j'ai eue en 3 jours, je vais maintenant avoir au moins trois ans de tranquilité. Je chantonne donc gaiement, et comme le cerveau est parfois cruel, j'ai « soleil immonde » de Coluche dans la tête depuis que mon ex m'a largué.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Si certains se souviennent de la remarque acerbe de Coluche à la fin de cette chanson, ils devineront aisément quelle merde m'est tombée dessus (et où l'on pourra admirer la justesse de cette expression très bientôt) dès le lendemain.&lt;br /&gt; Le lendemain donc, je décidais de mettre en application ma « fringue thérapie », c'est à dire que je choisis de mettre une charmante jupe blanche avec mon plus joli chemisier pour me remonter le moral.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Je sors donc sortie me promener, et je gambade gaiement dans la rue des Pyrénées en chantonnant « T'en fais pas c'est pas la fin du mondeu! » avec l'accent de Renaud, quand soudain je m'immobilise. Je viens en effet de sentir un très léger choc sur mon épaule suivit d'un roucoulement surgit tout droit des enfers. Je m'arrête net, ne voulant admettre l'inadmettable. (Oui j'invente des mots, mais je m'en fous c'est ma loose story donc je fais ce que je veux) Non me dis-je. Non, ce n'est pas possible. Mon regard se tourne lentement avec horreur sur mon beau chemisier bordeaux, et au milieu de celui ci, coulant et goûtant, une énoooooooooooooorme merde de pigeon liquide dégouline jusqu'à mes chaussures. Là, il n'est plus temps de crier ou pleurer, je lève juste les yeux au ciel, ne m'adressant non pas à Dieu mais au pigeon maléfique roucoulant d'un air mauvais au dessus de ma tête:&lt;br /&gt; « Le vent m'apporte des odeurs de frites&lt;br /&gt; Tout l'monde me r'connaît dans la rue&lt;br /&gt; J'ai la boule coincée dans mon flip&lt;br /&gt; Y manqu'rait plus qu'un oiseau me chie d'ssus »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;T'en fais pas, c'est pas la fin du monde!&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Epilogue: Pour la petite histoire, j'ai revu le flic une fois, on est allés boire un verre en face du commissariat à Gambetta. Après moulte discussions inintéressantes, le jeune homme m'a demandé si j'aimais la musique classique, ce à quoi je répondis oui. Il me demanda si j'aimais Haendel, ce à quoi je répondis que j'appréciais beaucoup ce compositeur, et il me sortit alors « oui parce qu'il a fait la musique de la dernière pub pour Levi's et j'adore! ». Je répliquais faiblement que datant de l'époque baroque, il y avait des chances que le sieur Haendel soit mort depuis quelque temps et que son revenu à l'époque n'était pas assuré uniquement par la pub. J'en conclu donc que définitivement, moi et les flics on était fachés et qu'on ne ferait jamais bon ménage.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Quand au trou dans mon mur, il a duré non pas 3 semaines mais 3 mois, et mon proprio s'est quand même arrangé pour m'arnaquer d'un mois de loyer quand je me suis décidée à quitter cet appartement qui partait en ruine.&lt;br /&gt; S'il faut une conclusion à cette pitoyable série loose, je dirais que les pigeons sont bel et bien les messagers de Dieu, et qu'ils sont là pour nous rappeller que quand t'es dans la merde, ne te dit jamais que tu as touché le fond tant qu'un pigeon ne t'a pas chié dessus. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaamen.&lt;/b&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; 
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<title>Comment se taper la honte au boulot</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/01/02/vis-ma-vie-de-looseuse-comment-se-taper-la-honte-au-boulot.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>Vis ma vie... de looseuse</category>
<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 11:40:53 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Hop, nouvelle année, nouvelle catégorie, je réexploite certains textes sur la loose que j'avais écris pour un autre site... Aussi de looseur puisqu'il n'a jamais vraiment fonctionné !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Merveilleuse année que cette année de PE2 ! Oui vous savez, les PE2 sont les professeurs des écoles stagiaires, autrement dit nous sommes le rang juste au dessus de l'esclave.&lt;br /&gt; Et un PE2, comme tout prof qui se respecte, ça doit faire face aux accès de réunionites aïgues dont est atteinte régulièrement l'éducation nationale.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Ce samedi matin là, on doit discuter des nouveaux programmes. Donc toute l'école au grand complet se réunit pour dénoncer la nullité des nouveaux programmes et l'embarras habituel dans lesquels nous placent chaque changement de gouvernement.&lt;br /&gt; Mais loin de moi l'idée de faire de la politique, revenons donc à nos moutons urinaires. Donc après quelques heures de déblatérage, moi en bonne stagiaire je regarde l'heure en me demandant quand je vais enfin pouvoir m'éclipser pour faire mes photocopies pour survivre à mon inspection de lundi. L'occasion m'en est donnée quand Fortunée (si si elle s'appelle vraiment comme ça) instit proche de la retraite, célèbre la naissance de sa petite fille. On commence donc à offrir des cadeaux et la réunion prend l'aspect d'une bonne vieille réunion tupperware. Quel est le rapport entre les nouveaux programmes et la petite fille, ça, on ne le saura jamais.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Bref, je m'éclipse donc faire mes 312 photocopies sans la moindre pensée éhontée pour la forêt amazonienne, et une fois mon quota d'arbre détruit, je marche d'un pas assuré vers le massicot pour découper tout ça.&lt;/b&gt; Pour les dilettantes, sachez que le massicot est une espèce d'instrument de torture moyennageux constitué d'un grand bras coupant et d'un support dur et qui nous sert à faire nos petits découpages pour ôter la possibilité à nos 30 gamins de se taillader à grands coup de ciseaux. Cet engin me flanquait la pétoche au début, mais là pas de souci, on est en mars, je maîtrise à mort le massicot. Bon celui là, il a plein d'entailles partout sur la protection en plastique, ça aurait peut-être du me mettre la puce à l'oreille. Mais non. Je massicote donc avec mes gestes habituels de bonne bourrine que je suis, quand tout un coup je me dis merde, je me suis ratée je me suis éraflé l'ongle. Je regarde mon doigt, l'ongle est entaillé, le reste du doigt commence à saigner. Bon. Restons zen, pas la peine de faire un scandale un samedi matin à 11h45. Je passe mon doigt sous l'eau, je dis limite en rigolant à Fortunée qui sort la bouteille de champagne du frigo (normalement réservé aux enfants allergiques, mais bon on va pas chipoter), tiens je me suis coupée le doigt au massicot. Rien qu'à prononcer ces mots, je sens une faiblesse vagale et bien familière m'envahir. « Merde », me dis-je. (Oui je suis toujours aussi vulgaire, même dans ma tête). « Merde, me dis-je donc, tu vas quand même pas tomber dans les pommes. » Trop tard. Je commence à vaciller, je sens Fortunée qui me ceinture pour n'empêcher de m'affaler lamentablement. Je sens ma tête heurter plusieurs fois le lavabo, puis plus rien. Ceux qui sont déjà tombés dans les pommes connaissent cette sensation bizarre de passer du mal être le plus total à un abandon tout aussi total et délicieusement lointain. Le réveil est beaucoup moins drôle, d'un côté la directrice est en train de me coller des baffes, de l'autre mon envie de vomir me reprend et moi qui était persuadée d'être dans mon lit après une bonne nuit de sommeil je me retrouve entourée de plein de gens qui paniquent autour de moi, et moi au point de départ avec le visage en sueur et une autre sensation de mouillé dans le pantalon à laquelle je ne prête pas une grande attention pour l'instant.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;J'entends vaguement qu'on a appelé les pompiers, j'essaie faiblement de protester quand on m'allonge sur un tapis avec mon manteau au dessus de moi (les salauds pensais-je après coup, ils auraient pu mettre une vieille couverture, ça m'aurait fait un truc en moins à laver). 3 pompiers arrivent, je n'ai même pas le temps de voir s'ils sont charmant ou pas, car l'un des trois me met... un ridicule petit pansement sur mon entaille non moins ridicule.&lt;/b&gt; Et là, la honte commence à m'envahir. J'ai donc fait déplacer des pompiers pour mettre un pansement, et je commence à me dire que cette sensation de mouillé au niveau de mon entrejambes n'est peut-être pas due uniquement à la sueur... Je m'assois donc en me sentant un peu conne, je vais pour me lever mais une des profs me tend un pull en me faisant signe de me l'enrouler autour de la taille. Et là je ne peux plus nier la vérité, je me suis belle et bien pissé dessus devant une quinzaine de profs, en plein milieu de la salle des maîtres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Mais comme l'a dit justement une collègue, ça aurait pu être pire. Apparemment quand on tombe dans les vappes, on ne peux plus contrôler aucun de ses sphincters... Heureusement pour moi que c'est le dernier stage de l'année !&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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