21.12.2008
Eternal sunshine of the spotless mind
Je ne veux pas ici faire une critique d'un de mes films cultes, mais juste m'appuyer sur la sensibilité hors norme de Michel Gondry pour évoquer un sujet qui me tient à coeur. Parce que je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais chez moi, Noël c'est toujours une organisation assez terrifiante. Combien de Noëls cette année ? Dans quelle ville est-ce qu'on se retrouve ? Il faut faire bien attention que Machin ne croise pas Machine, sinon c'est le drame assuré. Et n'oublions pas que Francine refuse toujours d'adresser la parole à Francis... Et puis bien sûr, il y a tous ceux qui sont divorcés. Et avec qui il faut composer. Tant bien que mal.
Je vais peut-être passer pour une fille "bien-pensante", ou pour une gamine qui croit encore au père Noël, mais il m'arrive encore souvent de repenser aux immense tablées des Noëls de mon enfance. Où si l'on faisait deux Noëls, c'était pour voir la famille des deux parents.... tous ensemble. Les enfants courraient dans tous les sens, les adultes étaient un peu éméchés, mais ils souriaient et se racontaient des blagues vaseuses. Et les couples se tenaient par la main.
Aujourd'hui, c'est une tout autre histoire. Il faut faire trois ou quatre Noëls pour réussir à voir un tiers des gens. Et le reste, on sait qu'il y a certains parmi eux que l'on ne reverra sans doute jamais plus. Parce que "papa" est parti, parce que "maman" vit à l'autre bout du monde. Je sais que les divorces sont monnaie courante. Je sais qu'on s'en sort toujours tant bien que mal. Je sais que certains pensent que c'est formidable d'avoir deux doudous et deux fois plus de cadeaux... Mais je me demande si parmi toute cette merde et toute cette douleur que l'on impose aux enfants, une partie ne pourrait pas être évitée.
Parce qu'un couple, ça se travaille.
Parce que l'amour, ça se construit.
Parce que se marier à 22 ans et divorcer à 30, tout le monde peut le faire.
Pourtant, quand je vois le regard de Jim Carrey se poser sur la frimousse déjantée de Kate Winslet, je me surprend à y croire encore. Croire que l'amour n'est pas toujours une chose impossible. Je me dis que s'il existe encore des fous comme Michel Gondry capables d'y croire, il reste peut-être une chance pour les gens comme moi.
Sous la plage enneigée de Montauk, même les filles aux cheveux teintés au bleu de méthylène ont le droit d'être regardées. Aimées. Sous la caméra amoureuse de Michel Gondry, j'aime à croire que même les filles comme moi ont le droit à une seconde chance.
Alors juste de temps en temps, pour ceux qui se plaisent à répéter que ' les enfants de divorcés finissent toujours par divorcer ', pensez un peu à ces mômes là qui n'ont pas choisis leur sort et aimeraient bien ne pas finir comme leurs parents du mauvais côté des statistiques. Même si peu de gens croient en l'amour, que certains même vont jusqu'à trouver cela dépassé, laissez les rêveurs rêver en paix...
12:18 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : divorce, famille, noël, jim carrey, kate winslet, michel gondry, eternal sunshine of the spotless mind




