26.01.2009

I love you Sncf (part 1)

Nouveau lundi, nouvelle loose. Pour celle-ci, bienvenue dans les moyens de transports haut-alpin que je déconseille à toute personne tenant à survivre... ou à voyager vite.

Ou l'adolescence tout feu tout flamme


J'ai 14 ans, et whouhou ! je pars toute seule traverser la France et une partie de la Suisse en train avec ma copine Malika (nous l'appellerons Malika) pour un séjour linguistique en Allemagne.
Nous quittâmes joyeusement la petite ville de C. en partance pour la grande ville de G. , première étape de notre périple.
Les trains de mon bled étaient encore à cette époque d'antiques TER à la locomotive digne d'un film en noir et blanc. Après avoir rapidement torché les au revoir à nos parents angoissés, nous montâmes dans le TER de la liberté.

Toute heureuse et toute fringante, je regarde avidement le paysage assise en face de ma pote Malika, occupée à manger un plat de taboulé plus grand qu'elle, quand tout à coup je vois passer des flammes devant ma fenêtre. « Tiens donc » me dis-je. « Des flammes. » Je répète cette réflexion hautement observatrice à voix haute dans un flegme tout adolescent, genre « ouais t'as vu j'ai 14 ans je connais la vie moi j'avoue » Ma copine daigne lever un sourcil tandis qu'une jeune femme en face de nous nous lance des regards angoissés. Très vite, nous commençons à entendre des cris surgir de l'avant du train. Je déclare à Malika que « fichtre diantre, notre train prend feu. » Malika, résignée, range son plat de taboulé. Quand le train s'arrête dans un crissement de frein et que les contrôleurs se pressent pour nous évacuer, nous échangeons tout de même un regard modérément inquiet. Malika, qui a un sens pratique à toute épreuve, suggère qu'il serait peut-être temps de songer à nous tirer de là. Effectivement, autour de nous, la panique commence à se faire quand les gens se précipitent vers la sortie. Toujours aussi zen (comme quoi le cerveau adolescent comprend décidément quelques cases en moins), nous aidons la jeune femme à descendre ses bagages et nous dirigeons placidement vers la sortie. Dans ma chance légendaire, je reste seule dans le wagon car une nana a la merveilleuse idée de se taper une crise de nerfs juste devant la porte et me bloque ainsi la sortie. Bon. J'ai beau ne pas avoir encore trop de neurones, je vois bien qu'il commence à faire chaud dans ce train et que ce truc rouge devant moi ressemble fort à une très vieille locomotive qui prend feu. Je suggère donc gentiment à la meuf d'aller faire sa crise un peu plus loin, ce qu'elle finit par faire quelques minutes plus tard.


Epilogue: Nous sommes tous sortis du train sains et saufs, le seul mort a été le mec qui, en voiture, a choisi de défoncer la barrière de sécurité de la voie de chemin de fer et de tenter sa chance contre un train plutôt que d'attendre quelques secondes supplémentaires. Au final, Malika et moi avons bien sûr raté une de nos 12 correspondances et sommes arrivées en Allemagne à 23 heures au lieu de 18. Dieu merci, nous avions le taboulé de survie.

28.09.2008

Moi j’aime pas (trop) les filles…

…. Car comme le dit si bien Florence Foresti, les filles ça colle, ça se met toujours plein de crème sur le visage et ça mange que de la salade. Et comme Florence Foresti j’ai un gros problème, entre moi et les filles, ça n’a jamais été le grand amour.

cars.jpgJ’ai toujours été plus à l’aise avec les garçons . Je n’ai jamais aimé les « jeux de filles ». Quand j’étais gosse, tout le monde persistait à m’offrir des barbies, mais moi, j’avais un super garage avec plein de petites voitures, et les barbies c’était mon frère qui jouait avec. (certes il les déshabillait mais bon ne digressons pas.)

Et même aujourd’hui, je me sens plus à l’aise dans une discussion sur linux ou sur le dernier match de rugby que sur le fait que les rayures reviennent à la mode cet été. (comment ça je suis en plein cliché??)

Pourtant une fille, j’en suis une. Enfin, il me semble…. Si je compte bien: deux seins, une pilosité relativement réduite, une voix qui n’a pas muée et quelques trous dont l’un d’entre eux ressemble fortement à un vagin.

Et bizarrement, j’ai toujours choisi des filières ultra féminines, et par là j’entends des filières plus souvent empruntées par la gent féminine. Car oui, je suis de ceux qui pensent que les hommes et les femmes ont le même cerveau et par là les mêmes capacités, et qu’il n’y a pas un gène de l’informatique ou du sport qui ne serait attribué qu’au chromosome Y. Toujours est-il que je me suis dirigée assez tôt vers un cursus littéraire. Mon pire souvenir je crois a été ma classe de seconde, où on était 30 filles et 3 mecs…. L’ho-rreur. Une année entière à se tirer dans les pattes, à voir des poufs (désolée mais il n’y a pas d’autre mot) se retourner pour voir si leur mascara était bien mis, à entendre « oui mais pourquoi tu l’as embrassé c’est moi qui l’ai vu d’abord même si lui il me connaît pas! » bref, une année de merde, qui m’a bien confirmé que moi, j’aimais pas les filles…

…Et pourtant. Quand aujourd’hui je repense à mes amis de toujours, ceux qui m’ont soutenus, épaulés, qui ont supporté mes crises de nerf à trois heures du mat et les « Julien c’est l’amour de ma vie j’en suis sûre… » et 2 semaines plus tard « Non mais tu vois avec Julien c’était pas vraiment profond, mais là avec Nico je suis sûre qu’on va se marier avoir 3 enfants et un labrador noir ». Bref, ceux que l’on peut nommer amis avec un grand A et surtout à l’époque perturbée de mon adolescence, presque tous ces amis étaient des amiEs.

Je profite donc de cette journée « meilleure amie » pour avoir une petite pensée pour toutes celles qui ont traversé ma vie, que la vie nous ait séparées ou pas, celles avec qui on a rit des heures entières dans les chambres roses peintes des années plus tôt par nos parents, celles qui m’ont écoutées pleuré, gueulé, ont supporté mon caractère de merde, celles qui ont partagé mes joies et mes désespoirs d’adolescentes… Enfin bref, à toutes celles qui m’ont accompagnées, qui ont participé, ne serait-ce qu’une seconde, à faire celle que je suis devenue aujourd’hui, celles qui ont su me ramasser ivre mortes dans une soirées, me remettre dans le droit chemin parfois.

A mes amies d’enfance et celles que je n’ai vu qu’un instant mais qui ont su me toucher, me remonter le moral ou me donner un peu plus confiance en moi, à celles que je revois encore et celles que je ne recroiserai sans doute jamais, merci de m’avoir supporté, merci d’avoir petit à petit réussi à changer mon opinion sur les femmes et sur moi-même.