08.12.2009

Je hais ma vie

En ce moment, je hais ma vie. Bon c'est vrai, c'est souvent le cas. Mais en ce moment, c'est pire... d'abord,

- Dehors il pleut ou il fait moins 40, ce qui (chaque prof en connaît la douloureuse signification), veut dire foutre les monstres en vidéo au lieu d'aller en récréation, ce qui donne des journées ou l'adrénaline atteint des taux ne pouvant rivaliser qu'avec mes envies de meutres.fille crie.jpg

- Mon dentiste m'annonce avec un calme olympien que "ah oui tiens, c'est bien une carie sur chaque molaire". "Comment ça vous avez encore vos dents de sagesse à votre âge ? -sous titre intérieur: connard "oulala mais c'est que ça urge quand même. Bon faudra voir ça pas dans une semaine mais dans un mois à tout casser". "Tiens c'est bizarre, votre émail est tout pourri. Ah on vous l'avait jamais dit ?" Tout ça dans une seule phrase ou presque alors que j'ai pris la peine de me présenter en expliquant que j'étais la folle que 3 dentistes avaient foutue dehors et qui en avait poussé 2 au suicide. (comme quoi y'a pas que France Télécom). Cet homme là n'a aucune idée des affres de désespoir dans lesquels il vient de me plonger et de la tonne de chocolat qu'il va me falloir ingurgiter pour y survivre.Tonnes de chocolat qui soit dit en passant créeront des tonnes de caries. Putain ma vie est pourrie.

- Non seulement mon poste pourri me vide de mon sang, mais en plus sa particularité (je ne bosse qu'avec des directeurs) fait qu'une folle entre collègue et supérieure ayant tout pouvoir sur mon petit être sensible a décidé de détruire mon existence en me pourrissant auprès des parents, de l'inspection et des autres collègues. Et puis comme après elle s'emmerde un peu,  elle me fait faire presque tout son travail. Et je n'y peux rien. Enfin, si j'y peux tout mais j'ai tellement peur de m'attirer de nouveaux emmerdes que je serre les dents. Et les fesses. Et autant vous dire qu'elle y va sans vaseline.

- Je n'ai plus de fric. Et quand je dis ça, j'entends que dès que la paye tombe, youhou elle comble le découvert puis poursuit sa chute inexorable vert le puits sans fond de mon compte en banque. Et puis bien sûr, pour couronner le tout, c'est NOEL... Si vous connaissez les tarifs en vigueur au bois de boulogne, n'hésitez pas à me les communiquer, ça pourrait me servir.

Sans compter des autres tracas du quotidien tout aussi dévastateurs que déprimants: Lost n'a pas encore repris, Izzy ne revient plus dans Grey's Anatomy, mon pc en est maintenant à trois BSOD par jour, je n'ai plus le temps de lire bashfr, je suis grosse (bah oui, c'est à cause du chocolat...) et je suis trop crevée pour aller au sport.

En bref, vivement les vacances, vivement l'année prochaine, vivement la retraite et vivement le dentier !


21.11.2009

J'ai testé pour vous...

Avoir la grippe A. I love H1N1.jpg

Wouhou ! Allez-vous dire. La grippe H1N1, elle existe vraiment, trop la classe de sa mère en short en train de faire du roller devant prisunic wooooou !! En plus comme ça, j'ai eu un super masque pour Alloviiiiiiiiiin !

Mais malheureusement, je me dois de calmer cet enthousiasme fou, car malheureusement la réalité fut moins glamour...A vrai, dire, je suis même un peu déçue... A part une toux monstrueuse d'une semaine qui m'a laissé pensé que mes poumons allaient cracher et mon coeur me faire un BSOD, hé bien... Bof ... Oui, bof. A peine deux jours d'arrêt, une fièvre même pas monstrueuse (38 à tout péter), 0 vomissure et même pas le mal de gorge habituel qui me donne la voix sexy de Janis Joplin que j'affectionne tant.

Autrement dire, on nous aurait menti, la grippe A, c'est de la gnognotte, et je suis même pas morte.

En plus maintenant que je l'ai eue, même pas besoin de me faire vacciner, Mme Bachelot n'aura qu'à se foutre l'excédent de vaccin bien profond DSC. (NDT: dans son chat)

Ne soyez donc pas inquiets, n'allez donc pas donner à vos enfants le syndrôme de Guillain-Barré (en plus cette bande de petits ingrats seraient capables de vous le reprocher plus tard), et n'hésitez plus à rouler des pelles à des inconnus.

Bref, ce n'est plus un secret, la télé nous ment, la télé nous spolie, j'ai même voulu résilier mon abonnement à TF1 mais on m'a dit que c'était pas possible.

La prochaine fois, je testerai pour vous: travailler chez France Télécom.

Crédit photo: francisco pez via Flirck

23.12.2008

Quand j'étais petite...

Quand j’étais petite, j’adorais regarder les grues. Dès qu’on voyait un de ces engins mécaniques démesurés, il fallait s’arrêter 5 bonnes minutes pour que la petite lève les yeux au ciel en murmurant en boucle « les grues… » comme une litanie obsessionnelle, consécration enfantine des paysages industriels. Aujourd’hui encore, il m’arrive de lever les yeux au ciel et de m’arrêter un instant, comme fascinée par ces oiseaux étranges qui touchent le ciel et soulèvent des montagnes. IMG_0973.JPG

Quand j’étais petite, je n’aimais pas le rose. Ni le violet. Ni le bleu. Quand on me demandait quelles étaient mes couleurs préférées, je répondais invariablement « le noir et le jaune. » Allez savoir pourquoi… ce n’étaient peut-être pas celles que je préférais, mais celles qui m’effrayaient et m’impressionnaient le plus. Le mélange du noir sans âme et du jaune qui écœure. Le noir pour se souvenir des cauchemars d'enfant et le jaune pour se rappeler d'aimer tout ce qui brille.

Quand j’étais petite, je n’aimais pas l’école. La maternelle a été une torture prolongée de trois longues années. Et pendant très longtemps, les odeurs d’école m’ont fait comme un creux dans le ventre. Il m’arrive encore aujourd’hui quand je rentre dans une école de me retrouver une seconde comme paralysée par les souvenirs de cette époque. L’odeur de l’école. L'odeur de la peinture. L'odeur des autres enfants, de leur méchanceté et leurs sarcasmes.

Quand j'étais petite, je faisais la collection des cailloux. Je les aimais tous. Des galets gris et moches qu'on ramassait près du lac jusqu'aux  pierres de toutes les couleurs que l'on achetait dans les magasins. De l'améthyste à l'oeil du tigre, je les avais toutes et je connaissais leurs noms. Mais je n'aimais pas les bijoux. Il m'est arrivé de pleurer quand le père Noël insidieux m'offrait des colliers au lieu de m'apporter de vrais jouets.

Quand j’étais petite, je n’aimais pas les poupées. J'aimais mon garage avec son toboggan que les voitures pouvaient descendre à toute allure. Pendant que mes sages cousines construisaient des univers idylliques pour êtres en plastiques, je mettais de l'essence, je faisais des supers dérapages et je laissais mes voitures se reposer au parking durant la nuit. Plus tard, je n’ai jamais rien tant aimé que les voitures qui changeaient de couleur...

... Et maintenant que je suis grande... Maintenant il y a du rose partout dans ma chambre, dans mes vêtements, et jusque dans mes draps. J'ai peur de conduire et je suis à peine foutue de distinguer une R5 d'une porsche. Je me lève aux aurores chaque matin pour aller travailler dans une maternelle.  Et pourtant... je passe toujours des heures à rêvasser devant les grues. Je n'aime toujours pas les bijoux et je préfère encore une bonne partie de Crazy Taxi à une séance de maquillage gratuit chez Séphora. Je passe encore des heures devant les Walt disney en me nourissant exclusivement de glaces. Je suis encore capable de rire aux éclats quand quelqu'un se vautre dans la rue et de péter les lattes du lit à force de sauter dessus.

Grandir, gagner sa vie, d'accord. J'ai du faire quelques concessions à cette petite fille qui n'en faisait jamais. Mais j'ai cette chance de me souvenir de tout, et de tenter quand je peux de lui rester fidèle et de ne pas être qu'une de ces adultes qui ne comprend décidément rien à rien.

11.12.2008

Petit dictionnaire des expressions à la con

Moi, les expressions à la con, j'adoooooore. Ca doit être mon côté old school, (ou old tout court), ou bien le bon sens populaire qui a poussé avec moi mais bien malgré moi à cause de mes origines sudistes, allez savoir. Toujours est-il que de manière innopinée, fortuite ou parfaitement volontaire, il m'arrive régulièrement de sortir des expressions vraiment très cons qui jettent parfois un silence perplexe parmi mes auditeurs, voire un franc foutage de gueule, ce que je peux difficilement leur reprocher. Voici donc un petit florilège des choses les plus absurdes qu'il m'est arrivé de sortir. medium_Prestige_d_etre_con_05.3.jpg

- "A fond les ballons". Celle là y'a pas à chier, c'est vraiment la honte. Un truc que même nos parents n'auraient jamais osé dire, c'est dire. Admirez cependant le double ridicule de cette expression tenant qui tient autant à la rime stupide qui la compose qu'à la métaphore grossière qu'elle emploie et vous l'apprécierez à sa juste valeur. Je suis d'ailleurs capable l'employer deux fois dans la même phrase sans en être choquée le moins du monde. Mais ça, c'est juste parce que je suis "trop bat" comme fille.

- " Chat échaudé craint l'eau froide". Tout droit sortie de la sagesse populaire, cette expression nous apprend que même nos expériences douloureuses peuvent servir à quelque chose, en l'occurence à ne pas recommencer. Un exemple simple peut très bien illustrer ce proverbe. Prenons la situation où:  "tiens je vais mettre ma main sur la plaque brûlante voir si je l'ai bien éteinte ah tiens elle a l'air encore chaude ah oh oula au secours ça brûle ah je souffre bon décidément je l'avais pas éteinte tiens la paume de ma main après avoir viré au rouge prend une étrange couleur noîratre au fait c'est quoi déjà le numéro du SAMU ?". Voici le genre d'expérience  que peut "échauder" un chat (sauf que dans l'histoire le chat c'est nous, je précise pour les rangs du fond), et qui risque potentiellement par la suite de lui faire craindre l'eau froide. La résolution de l'exemple précité pourrait ainsi être : "tiens une plaque électrique si j'allais vérifier que je l'ai bien éteinte hum tiens j'ai comme une impression de déjà vu c'est étrange quand j'approche ma main de la plaque ça chauffe ah oh oula mon dieu je me souviens maintenant d'une douleur horrible la plaque est méchante ouh la vilaine plaque qui m'a déjà brûlée je vais plutôt faire le test en jetant de l'eau dessus." Et voilà comment nous apprenons de nos expériences. Bien sûr, le proverbe fonctionne aussi pour les êtres humains ayant un QI de supérieur à 62, mais je tenais à m'assurer que tout le monde avait bien compris. (notez au passage la pédagogie édifiante dont fait preuve votre bon personnel de l'éducation nationale).

- "Y'a baleine sous gravier." Cette expression provoque généralement l'hilarité de ceux qui l'entendent (et ne la connaissent pas). Malheureusement comme toute bonne expression, plus le bouche à oreille la véhicule, plus tout le monde la connaît. (En même temps c'est un peu le but du bouche à oreille.) Et donc elle devient moins drôle. CQFD. La signification en est toute simple, une baleine sous un gravier, ça se voit vachement plus qu'une anguille sous une roche. Alors pour rester dans les exemples simples, prenons Mérédith Grey quand elle lance son œillade insupportable pour la 25ème fois au trop beau docteur Sheperd, nous pouvons établir le corollaire que la baleine c'est Méredith et qu'elle va bientôt finir sous le gravier Sheperd dans une position qui n'a rien de médical. Quoique, d'anatomique un petit peu quand même. D'où le nom de la série. L'expression possède également une variation: "y'a cachalot sous gravillon". Enfin là ça commence à se voir beaucoup.

- "C'est la porte ouverte à toutes les fenêtres." Voilà une expression que j'affectionne particulièrement et que je m'empresse de sortir à tout bout de champ car elle a le grand avantage de n'avoir aucune signification. Elle a de plus le grand intérêt de pouvoir commencer sa phrase sans se retrouver à la fin comme un con qui répète en boucle  "c'est la porte ouverte à... heu...c'est la porte ouverte à...  bon enfin bref faut la fermer cette putain de porte métaphorique!!" Ca me rappelle un peu toutes les absurdités que l'on peut sortir en classe pour que les élèves se taisent enfin, du genre : "faites le silence pour qu'il y arrête d'y avoir du bruit !" ou bien " je t'assure que si tu continues à faire ça je vais te dire d'arrêter !" Heureusement que les enfants (désolée pour l'image) sont un peu comme les animaux; ils réagissent plus au ton employé qu'au sens réel de la phrase. Tant mieux sinon l'enseignement perdrait rapidement toute crédibilité. Dans les expressions du même acabit, nous pouvons également citer la très belle phrase d'Hubert-Félix Thiéfaine: "Si ça continue faudra que ça cesse !"

D'ailleurs, je vais immédiatement arrêter cet article car si ça continue, faudra que ça cesse autrement vous allez croire qu'il y a baleine sous gravier et ça franchement c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Heureusement que chat échaudé craint l'eau froide et que je sais aujourd'hui m'arrêter à temps, ça vaut mieux que de s'exciter à fond les ballons, même si quand même  les expressions à la con c'est vraiment trop bat.

10.12.2008

Noël à Paris

Les lumières de la ville miroitent dans les flaques de neige fondue.
Sur les rails du tramway brillent les couleurs chimiques des décorations bariolées.neige.jpg
Dans l’air, il y a comme un parfum de froid.
Dans le wagon où tout est calme règne comme un parfum de sommeil.


Ce midi, la neige est tombée.

Dans la cour de l’école, les mômes des cités ont ouvert grand leurs bouches pour attraper les premiers flocons.
Et j’avais envie de faire comme eux.
Je regarde au dehors les lumières floues de la ville par la fenêtre crasseuse.
Le froid, la neige, les rues sales. Les enfants déchaînés et les adultes épuisés.


Des rêves de sapin, de paix illusoire dans les chaumières. Des envies de ballade main dans la main.

Du blanc dans nos mémoires et un peu de bleu en guise d’espoir. Du vert qui n’est plus là jusqu’au rouge de nos histoires, pas de doute, c’est déjà Noël.
Je regarde les rails briller et défiler dans le scintillement orange de la nuit qui commence à tomber.


Sous le rose du couchant parisien, j’attends Noël et ses lueurs trompeuses.

Dans les rues qui scintillent, je marche le nez au vent juste pour sentir l’odeur du froid.
L’odeur du changement.
Sous les guirlandes glaciales de l’hiver parisien, j’attends que la nouvelle année commence et avec elle ses nouveaux départs.
Sous le froid glacial de l’hiver parisien, j’attends que commence une nouvelle vie. Une nouvelle chance.
Enfin.

 

Crédit photo: Mikchoko via flirck

01.12.2008

Je suis un boulet

Il y a des jours comme ça... Des jours où on est tellement crevé, ou tellement énervé, ou peut-être qu'on a juste Vénus dans l'alignement de Jupiter et que ça fout vraiment le bordel au niveau astral...bref, des jours où l'on ne fait QUE DE LA MERDE. Allez savoir pourquoi, mais ces jours là pour moi, c'est pas tous les jours, mais pas loin. Pourtant je ne suis pas blonde. Mais des fois on dirait. Comme la fois où..désolé d'être moi.jpg

... j'ai pris son rasoir pour ma brosse à dent (c'est fou comme un bic rose ressemble  à une brosse à dent rose. D'ailleurs depuis j'arrive pas de visualiser ce qui serait arrivé si j'avais prolongé mon geste. Arg. ==>Eau rose également ?? Re argh.)

Le rasoir 1, ma langue 0.

... j'ai voulu me faire un café. Je soulève le machin de la cafetière pour mettre la dosette. J'appuie sur le bouton. Je reviens 2 minutes plus tard pour trouver du café partout sauf dans la tasse, et un bordel monstre dans la cuisine. Je m'énerve, je recommence. Putain. 3 fois de suite pour me rendre compte que j'avais pas viré la dosette précédente et que du coup ça débordait sur les côtés.

Cafetière 1, sol de la cuisine 0.

... j'ai eu une inspection au taf. Un lundi. La conseillère repart en me demandant de lui écrire un mail dans la soirée pour qu'elle puisse me débriefer le vendredi suivant... Jeudi soir, à 22 h45 devant mon pc: "Meeeeeeeeeeeeeeeeeerde putain le mail j'ai trop zappé !!! Bordel de sa reum je vais me faire démonter ma race !!" (et oui, la boulettude ça rend vulgaire). 23h12, le mail est rédigé. Je cherche son adresse mail, aucune idée d'où j'ai bien pu la foutre. Je retourne mes poches, mon sac, je cherche dans mon jean, j'ai beau réfléchir, rien à faire. Bon pas grave, je vais le retrouver sur le site de l'inspection. Et ce soir là (mais sans déconner j'ai vraiment pas de bol), c'est CE SOIR LA que le serveur de l'inspection a eu la bonne idée de planter... Résultat, j'ai finit par envoyer le mail à minuit à la secrétaire en espérant qu'elle lui ferait suivre. Bien sûr la personne concernée n'a jamais reçu le mail. Heureusement pour moi, elle ne l'a pas mal pris et j'ai même réussi ce faisant à échapper au débriefing. Au final, j'ai retrouvé son adresse le lendemain dans la poche de ma veste, là où je l'avais laissé, poche que j'avais vérifié une douzaine de fois...

Boulettude 1, éducation nationale 0.

... j'étais à l'auto-école. On vient de se garer, le moniteur me demande de repartir. Complètement hystérique, je fais mes vérifs, la ceinture, ok, je passe la première, je cherche doucement le point de patinage... rien ne se passe. Je jette un regard désespéré au moniteur et lance d'un ton plaintif: "mais ça marche pas !!" Celui ci me regarde d'un air ahuri et me demande si je ne suis pas une vraie blonde en fait. Mon regard niais passe de ces yeux au tableau de bord. Je lui lance un grand sourire stupide. C'est sûr, quand on tourne la clef pour faire démarrer le moteur, ça marche vachement mieux quand même.

Mécanique automobile 1, féminisme 0.

... j'ai fait passer mon lecteur mp3 à la machine à laver. (décidément, moi et la vie domestique...) Le pire, c'est qu'il n'est pas mort. J'étais même fière de sa survie dépassant les lois de l'électronique. 3 jours plus tard aux chiottes, je me relève pour tirer la chasse et j'entends... plouf ! Et si, le lecteur mp3... Allez savoir pourquoi il n'a pas survécu à ça. (et pas de commentaires déplaisants je vous prie).

Cuvette des toilettes 1, creative 0.

Ah oui puis y'a eu aussi tous ces téléphones qui sont allés rejoindre le défunt mp3. Ayons une petite pensée pour le nokia qui a finit dans un lavabo plein un soir où j'étais trop bourrée pour comprendre qu'un téléphone ça NE SE LAVE PAS. Puis celui qui a finit dans une flaque d'eau quelque part en picardie. Sans oublier un livre que mes parents m'ont offert quand j'étais môme et que j'ai passé sous l'eau pour voir ce que ça faisait (oui j'aime l'eau). Mes parents ont beaucoup moins apprécié. Et puis bien sûr, il y a aussi les petites gaffes du quotidien. Du genre :

- "comment ça va avec Julien ?"
- (sanglot dans la voix) "il m'a largué y'a trois jours je te l'ai dit putain c'est même toi qui est allée lui rendre mes affaires !"
- "Ah oui tiens étrange que j'ai oublié ça."


Ou encore: "Et ta mère au fait elle fait quoi dans la vie ?"
- "Heu... comme la dernière fois que tu me l'as demandé, elle nous a abandonné quand on avait 2 ans pour aller rejoindre un commando extrémiste corse et de se faire plastiquer sur la préfecture des Hauts de seine pour faire valoir les droits de son mec Cheyenne parti vivre au Nicaragua". -"Ah ouais c'est cool. Enfin non, mais au moins c'est hyper original quoi."
-"... "

Bon mais aussi, les gens n'ont qu'à pas avoir des vies aussi compliquées. Ou à se souvenir que malgré mon bon fond et mes bonnes intentions, je reste une fille "spéciale" avec mention boulette.

C'est pas ma faute à moiiiiiiiii !

03.11.2008

Pourquoi toujours se faire remarquer ?

C'est une question que je me suis souvent posée. Parce qu'apparemment, que je le veuille ou non, dans une salle de classe, une réunion, un enterrement, je vais toujours finir par faire un truc surréaliste ou mal vu, et d'une manière ou d'une autre, finir par attirer l'attention sur moi. N'importe quel psychologue de comptoir vous dira que je le fais bien sûr exprès parce que blablabla, père absent (ah bon ?), mère alcoolique (heu si tu le dis), chien trisomique (ah oui je l'avais oublié lui), bref, peu importe les raisons qui dans ma petite enfance m'ont fait telle que je suis, le résultat est que j'ai un super pouvoir. mouton noir.jpg

Le pouvoir de toujours me faire remarquer. Alors notez tout de même que c'est rarement dans le bon sens hein. Il m'arrive rarement d'arriver à une soirée et que tout le monde se retourne genre « ouah con elle est trop belle cette fille » ou encore « mon dieu mais ce qui irradie de son visage luminescent me transcende au plus profond de mon âme » ou encore « l'intelligence de son regard noir est telle que je retournerai bien en salle de classe au premier rang juste pour qu'elle m'apprenne comment tracer deux droites perpendiculaires ou m’aide à apprendre mes tables de multiplication. » (pour cette dernière assertion, je tiens tout de même à vous mettre en garde car je ne connais toujours pas mes tables. Pff d'abord ça sert à quoi je vous le demande ?)

Tout ça pour dire que moi, quand je me fais remarquer, c'est plutôt « mais c'est qui c'te folle ? » ou bien « ah c'est à cause d'elle que l'avion a une demi-heure de retard ? » ou encore « quoi c'est cette grognasse qui a gerbé sur mon pull ??? » Alors certes, c'est moins classe. Mais il n'en reste pas moins que le résultat est le même: partout où je passe et où il y a du monde, les gens me remarquent. Alors pour vous aussi qui avez eu des problèmes émotionnels dans la petite enfance, oui, vous qui trouvez que personne ne vous témoigne l'attention que vous méritez, voici en quelque points un manuel du parfait fouteur de merde qui ne passera plus jamais inaperçu.

Challenge no1: Toujours arriver en retard. Oui, je sais, ça paraîtra dur pour certains, mais croyez-moi je pratique le retard systématique depuis mes 10 ans et c'est une méthode qui a fait ses preuves. Attention, je ne parle pas de faire poireauter son amant ou son dentiste, ça, ça risque plutôt de vous retomber sur la gueule qu'autre chose. Non. Pour bien se faire remarquer, il faut des circonstances qui brassent du monde. Par exemple, vous vous tapez une semaine de formation avec des illustres inconnus. Quoi de mieux pour faire connaissance que de se pointer ¾ d'heures en retard tous les matins ?

Avantage: Le premier jour les formateurs n'oseront rien dire, les personnes attentionnées vous transmettront les infos ou les photocopies déjà en circulation. Les jours suivants, les gens sauront à quoi s'en tenir et vous lanceront des petits sourires complices quand vous vous pointerez à 10 heures; les cheveux ébouriffés et avec une trace de dentifrice sur la joue.

De plus, vous aurez chaque jour un bon motif pour parler avec votre charmant voisin de gauche : « Elle a dit quoi ? J'ai raté quoi ? Il faut faire quoi ? ». Avec un peu de chance, votre air paniqué et la sueur qui coule de votre front seront interprétés comme un certain charme juvénile par ledit voisin, et après y'a plus qu'à.

Inconvénient: vous n'avez pas de charmant jeune homme à côté de vous mais juste une grosse pétasse qui refuse de vous répondre. Bon ben comme ça, vous l'aurez déjà cataloguée (et elle aussi), et l'air de rien, ça fait du temps de gagné.

Challenge no2: Sortir un truc super Q pile au moment où la musique s'arrête. Ça aussi, c'est le genre de truc qui m'arrive souvent. En boîte ou en soirée, quand on doit brailler pour se faire entendre, ça fait trois heures qu'on parle de la tonte des castors lapons sans que personne n'entende rien, pourtant, vous pouvez être sûr que LE moment où le DJ aura un problème, on entendra une voix d'hystéro brailler « bah c'est clair que quand tu te fais prendre en levrette vaut mieux éviter d'avoir la tête trop près du mur quoi. »

Avantage: les mecs (ou les filles hein, ça marche dans les deux sens) vont commencer à vous regarder d'un œil nouveau et intéressé. Voir vont commencer à vous regarder tout court, ce qui est déjà pas si mal.

Inconvénient: Tout est une question de timing. Moi j'ai la chance d'avoir justement mon super-pouvoir qui me soufflera le moment pile où dire ma grosse connerie, mais quand on est normal, pas 36 solutions, il faut déblatérer des obscénités toute la soirée en espérant qu'à un moment ou un autre, la musique finira par s'arrêter. Le problème est que l'on risque de lasser ses interlocuteurs avant.

Challenge no3: Avoir un caractère de merde. Là, je suis d'accord, ça ne s'invente pas. Mais malgré tout, ça peut se travailler. Car on a beau dire, mais les gentils, ceux qui disent toujours oui, on ne les remarque jamais. L'avantage d'être une tête de pioche et d'avoir toujours quelque chose à dire, c'est qu'on ne passe pas inaperçu. Et en plus ça marche en toute circonstance. Alors lâchez-vous. Insultez les distributeurs de banque qui vous donnent un billet de 20 au lieu de 2 billets de 10. Balancez votre verre à la tronche du serveur qui vous amène pour la troisième fois un demi alors que vous aviez bien précisé un demi-PECHE bordel. Tapez un scandale au supermarché quand mémé essaie de vous griller subrepticement. Et au taf, continuez de gueuler. Connard de patron, saloperies de nouvelles directives, enfoiré de gouvernement, crise de merde, administration incompétente de mon cul.

Avantage: où que vous alliez, on saura désormais qui vous êtes. Vos collègues cul-bénis n'oseront plus vous adresser la parole (et ça quand même, avouez que c'est un soulagement). La caissière terrifiée vous fera toujours passer en premier. Les distributeurs heu... bon continueront toujours à vous donner un billet de vingt, mais avec un peu de bol, vous arriverez à créer une mini-révolution devant la banque, et quelle meilleure occasion de se faire de nouvelles connaissances ?

Inconvénient: vous risquez aussi d'effrayer les mecs (filles) normales. Mais bon. Après tout, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Alors, convaincus ?

19.10.2008

Les bottes de femme

Quand j'étais petite, aux fêtes de Noël, une des activités favorites d'une de mes plus jeunes cousines était de soulever les jupes des "grandes" que nous étions pour voir si nous mettions des "collants de femmes". Car pour elle, s'il n'y avait pas la démarcation de l'entrejambe que nous trouvons aujourd'hui très moche, hé bien ce n'était pas des collants de femmes mais seulement de pâles imitations pour petites filles voulant jouer à la grande. Alors moi, aujourd'hui, comme l'aurait dit ma petite cousine il y a des années, je suis allée m'acheter "des bottes de femme." Nonobstant la foule d'une des rues les plus bondées de Paris une des journées les plus bondées de la semaine, je me suis frayée un chemin au milieu des touristes peroxydées pour acheter les chaussures qui m'avaient fait de l'oeil. Ca n'a rien d'extraordinaire pensez-vous? Détrompez-vous, car pour moi la démarche était loin d'être si aisée qu'il n'y paraissait. M'acheter des bottes de femmes impliquait tout d'abord de me débarrasser de mes vieilles bottes, mes bottes moches mais rassurantes, mes bottes trouées mais qui me suivaient chaque année. Mes bottes qui ne montaient pas trop, qui n'étaient pas trop sexy, qui n'avaient évidemment pas de talon.

Or il y a quelque jours, en rentrant dans un magasin, je les ai vues. Les bottes de femme. Je les ai regardées, elles m'ont regardées, on s'est aimées. En temps normal, j'aurais passé mon chemin. Car ces bottes-là, elles sont belles, elles sont d'un marron un peu brillant, elles montent presque au genou, elles ont des boucles et une fermeture éclair sur tout le côté comme dans les vraies bottes que je vois souvent sur les vraies femmes dans la rue .Autant dire, pas des bottes pour moi. Trop féminines, trop neuves,  bref, trop de paramètres inconnus dans cette équation différentielle qu'est la féminité. Non moi, je comptais comme toujours passer l'hiver dans mes bottes à semelles caoutchoutées et mes baskets déformées pas les ans. Pourtant,aujourd'hui allez savoir pourquoi, j'ai chaussé mes vieilles tennis et j'ai bravé la foule et les vendeuses agressives. Et je les ai achetées.

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Alors oui, ça peut paraître anecdotique, bien sûr, ces nouvelles bottes ne sont pas les plus féminines qui existent. Mais pour moi, elles représentent un petit pas en avant. Je suis fière de dire, et même à mon âge, que je vais pouvoir certains jours quitter mes éternelles baskets pour envisager la petite jupe et les bottes qui montent haut et font les fesses sexy, Et ça, y'a pas à dire, ça fait du bien.

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Pfiou on se rend pas compte, mais c'est pas évident de prendre des photos de ses pieds !!

 


28.09.2008

Moi j’aime pas (trop) les filles…

…. Car comme le dit si bien Florence Foresti, les filles ça colle, ça se met toujours plein de crème sur le visage et ça mange que de la salade. Et comme Florence Foresti j’ai un gros problème, entre moi et les filles, ça n’a jamais été le grand amour.

cars.jpgJ’ai toujours été plus à l’aise avec les garçons . Je n’ai jamais aimé les « jeux de filles ». Quand j’étais gosse, tout le monde persistait à m’offrir des barbies, mais moi, j’avais un super garage avec plein de petites voitures, et les barbies c’était mon frère qui jouait avec. (certes il les déshabillait mais bon ne digressons pas.)

Et même aujourd’hui, je me sens plus à l’aise dans une discussion sur linux ou sur le dernier match de rugby que sur le fait que les rayures reviennent à la mode cet été. (comment ça je suis en plein cliché??)

Pourtant une fille, j’en suis une. Enfin, il me semble…. Si je compte bien: deux seins, une pilosité relativement réduite, une voix qui n’a pas muée et quelques trous dont l’un d’entre eux ressemble fortement à un vagin.

Et bizarrement, j’ai toujours choisi des filières ultra féminines, et par là j’entends des filières plus souvent empruntées par la gent féminine. Car oui, je suis de ceux qui pensent que les hommes et les femmes ont le même cerveau et par là les mêmes capacités, et qu’il n’y a pas un gène de l’informatique ou du sport qui ne serait attribué qu’au chromosome Y. Toujours est-il que je me suis dirigée assez tôt vers un cursus littéraire. Mon pire souvenir je crois a été ma classe de seconde, où on était 30 filles et 3 mecs…. L’ho-rreur. Une année entière à se tirer dans les pattes, à voir des poufs (désolée mais il n’y a pas d’autre mot) se retourner pour voir si leur mascara était bien mis, à entendre « oui mais pourquoi tu l’as embrassé c’est moi qui l’ai vu d’abord même si lui il me connaît pas! » bref, une année de merde, qui m’a bien confirmé que moi, j’aimais pas les filles…

…Et pourtant. Quand aujourd’hui je repense à mes amis de toujours, ceux qui m’ont soutenus, épaulés, qui ont supporté mes crises de nerf à trois heures du mat et les « Julien c’est l’amour de ma vie j’en suis sûre… » et 2 semaines plus tard « Non mais tu vois avec Julien c’était pas vraiment profond, mais là avec Nico je suis sûre qu’on va se marier avoir 3 enfants et un labrador noir ». Bref, ceux que l’on peut nommer amis avec un grand A et surtout à l’époque perturbée de mon adolescence, presque tous ces amis étaient des amiEs.

Je profite donc de cette journée « meilleure amie » pour avoir une petite pensée pour toutes celles qui ont traversé ma vie, que la vie nous ait séparées ou pas, celles avec qui on a rit des heures entières dans les chambres roses peintes des années plus tôt par nos parents, celles qui m’ont écoutées pleuré, gueulé, ont supporté mon caractère de merde, celles qui ont partagé mes joies et mes désespoirs d’adolescentes… Enfin bref, à toutes celles qui m’ont accompagnées, qui ont participé, ne serait-ce qu’une seconde, à faire celle que je suis devenue aujourd’hui, celles qui ont su me ramasser ivre mortes dans une soirées, me remettre dans le droit chemin parfois.

A mes amies d’enfance et celles que je n’ai vu qu’un instant mais qui ont su me toucher, me remonter le moral ou me donner un peu plus confiance en moi, à celles que je revois encore et celles que je ne recroiserai sans doute jamais, merci de m’avoir supporté, merci d’avoir petit à petit réussi à changer mon opinion sur les femmes et sur moi-même.