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<title>Netzah - fiction</title>
<description>Entre geekitudes et autres réflexions hypers mégas métaphysique de la mort qui tue sa mère en short.</description>
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<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2009 14:30:00 +0100</lastBuildDate>
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<title>White as the snow (fin)</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/03/16/white-as-the-snow-fin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>fiction</category>
<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 16:32:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;/p&gt; &lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt; &lt;w:WordDocument&gt; &lt;w:View&gt;Normal&lt;/w:View&gt; &lt;w:Zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt; &lt;w:HyphenationZone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt; &lt;w:DoNotOptimizeForBrowser /&gt; &lt;/w:WordDocument&gt; &lt;/xml&gt;&lt;![endif]--&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais ne me prenez pas pour plus bête que je ne le suis. Je n'ai aucune honte à admettre le meurtre originel de mon premier Alban. Car quelle peine peut-on infliger à une enfant de huit ans ? Les années que j'ai passées dans le centre de rétention m'ont donné tout loisir d’appréhender et d'expérimenter mon art sur les autres humains que je cotoyais. Vous pensez sans doute que je suis un monstre? Vous n’avez pas vraiment tort. Pourtant, ce sont bien les gens comme vous, juges et avocats qui, émus par mon histoire, ont les premiers essayé d’aider la pauvre enfant perdue que j’étais. Vous-même sans doute auriez été touché de ma détresse. &lt;img src=&quot;http://netzah.hautetfort.com/media/00/00/164393120.jpg&quot; id=&quot;media-1638705&quot; alt=&quot;New York226.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; width=&quot;350&quot; height=&quot;262&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Alban, mon cher Alban, la pureté de mon enfance, avait glissé dans le puit sous mes yeux impuissants. Je ne savais pas quoi faire. Il pleurait et se débattait. Et moi, petite fille laissée à l’abandon, seule face à un père violent, je n'ai pas su réagir à temps pour trouver le secours qu'il fallait à ce pauvre enfant. Tel Ray Charles regardant son frère mourir, tétanisé, j’ai vu mon pauvre Alban étouffer dans l’eau croupie du puit de notre jardin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Ah, le souvenir de cette journée... je n'ai pu me résoudre à l'effacer. Le frisson d'adrénaline orgasmique quand j'ai frappé Alban. L'odeur de son sang. De sa peur. Son regard furieux et terrifié. Il a essayé de se débattre, pensez-vous. Je n'avais pas envie que cette première fois soit offerte, trop facile. Peu m'importait sa force physique. J'avais pour moi la violence que seuls possèdent ceux qui n'ont pas de règles. Avec un simple morceau de bois, j'ai maîtrisé ce corps infantile. Le plus dur a été de le jeter dans le puit. Il pesait lourd, aussi lourd que les animaux morts dont mon père se débarassait à l'abattoir. Je me souviens avec jouissance du bruit sourd que son corps a fait en heurtant le fond du puit. Il n'était pas encore mort, bien sûr. Il n'y a que les innocents pour croire qu'un corps est fragile à ce point. Oh, l'attente insupportable qui s'en est suivie ! Il a mis trois heures, trois heures le croirez-vous, seulement pour se réveiller. En simple débardeur, je grelottais dans la nuit teintée d'embruns glacés. Puis vinrent les premiers gémissements. Puis les cris. Et les supplications. Des heures durant, je tremblais d'excitation, me penchant régulièrement au dessus du puit pour voir son petit corps défiguré tendre vers moi des mains ensanglantées.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;La suite, vous la connaissez.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;La maison qui brûle, la malheureuse enfant hurlant qu'elle n'avait plus personne, que tout le monde était mort. Avec quel soin les adultes du foyer ont pris soin de moi !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Il s'est passé plusieurs années avant que je tue à nouveau et que l'on ne m'enferme encore, trop jeune pour être jugée...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Quand aux autres meurtres, si meutres il y a eu, vous ne pourrez bien évidemment jamais les prouver.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Comment m'accuser de quelque chose dont je ne me souviens pas moi-même ? Je vois votre visage se tordre dans une grimace d'agacement. Combien de fois exactement avons-nous eu cette discussion ? Depuis combien de mois vous heurtez-vous au mur blanc de ma mémoire creuse ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Je sais qu'un nouveau procès va arriver bientôt, sinon vous ne seriez pas dans cet état d'exaspération. Mais sans doute, plusieurs autres que vous se sont déjà heurté au mur de mon silence. Vous pourrez m'arrêter, m'enfermer quelque temps, mais pas m'empêcher de tuer. Chaque meurtre ira retrouver le néant de ma mémoire. Quand à ces articles de journaux, je ne suis même pas sûre desquels ont trait à des crimes que j'aurais commis moi-même, à part celui de ce cher Alban. Ce n'est pas la peine d'avoir un geste de colère envers moi. On est jamais plus à l'abri qu'en prison... Mais si c'est vrai pour moi, ça l'est pour vous également.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Dites vous bien qu'ici, je ne peux pas vous atteindre. Ici vous n'êtes qu'un homme parmi tant d'autre, psy, flic ou avocat, je me contrefous de votre fonction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Pour vous, ici je ne suis qu'une folle, une erreur de la nature supplémentaire qu'il faut trouver un moyen de faire enfermer à jamais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais d'ici quelques jours, quelques semaines, quelques mois tout au plus, je serai de nouveau dans la rue, en train de me mêler aux autres humains de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Vous ais-je déjà dit que les humains qui courent dans les rues m'ont toujours fait penser aux lemmings se jetant du haut des falaises en nuées disciplinées et sans espoir ? Oui, vous le saviez déjà ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Il faut m'excuser, ma mémoire a parfois du mal à fonctionner normalement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;En tout cas, s'il vous arrive de me croiser parmi les lemmings, en haut d'une falaise, croyez-moi que ne ne serai plus pour vous cette prisonnière un peu génante sur qui vous posez un regard plein d'aversion. Non. D'ici quelques jours, je serai pour vous l'ennemi, le danger. La peur à l’état brut. Je vous vois déjà très clairement à mes pieds, en train de me supplier une pitié qui m’est de toute manière inconnue&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Et vous, que serez-vous pour moi ? Mais voyons, comme tous les autres, vous allez être mon cher Alban, cher, cher amour, qui me regarde de ses tendres yeux bleus du fond d'un puit. Vous serez l'homme au regard mort, soumis à ma violence sans limite, obligé de jouer dans ma réalité où il n'y a plus de règles. Vous trouverez enfin en vous la réponse qui vous tarode. Pourquoi la mort vous fascine tant. La mort, c'est moi, et vous la regardez actuellement dans les yeux. Mais oh... Pourquoi vous levez-vous ? Vous partez déjà ? Quel dommage, moi qui commençais pourtant à me délecter de votre compagnie. J'espère que je ne vous ai pas&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;effrayé ? Non ne vous en défendez pas, je vois vos yeux rouler follement à l'intérieur de vos orbites. Quel dommage vraiment quel dommage... de si beaux yeux bleus... Il ne faudrait pas qu'il sortent de leur emplacement, flottant comme des poissons morts à la surface d'un puit... Vous partez vraiment ? Et moi qui ne vous ai rien offert à boire, quelle étourdie je fais !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais vous devez vous sauver je comprends bien... je ne vous retiens pas... de toute façon quelle importance puisque dans quelques minutes, quelques heures tout au plus, je vous aurai effacé de ma mémoire. Et puis qui sait, nous serons peut-être amené à nous revoir. En tout cas, si vous passez un jour près d'un puit où je me trouve, n'hésitez pas à me rappeler cette conversation. J'aurai le plus grand plaisir à discuter avec vous. Nous pourrons peut-être évoquer ensemble nos souvenirs autour d'un curaçao bleu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais vous devez fuir bien sûr je comprends.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;A bientôt sans doute. Ne vous cognez pas la tête en sortant. Vous qui êtes si grand, vous êtes sans doute lourd à porter comme un animal mort. Mais nous étudierons ça en temps voulu, car pour l'instant vous me semblez pressé, presque aux abois. Partez partez. Le disque dur de mon cerveau tourne maintenant au ralenti. Quand vous aurez passé cette porte, vous n'existerez plus. Comme tous les autres, vous ne serez bientôt plus qu'un peu d'encre sur du papier de mauvaise qualité accroché à mon mur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyText&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Alors jusqu'à la prochaine fois, adieu.&lt;/p&gt; 
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<title>White as the snow (suite)</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/03/11/white-as-the-snow-suite.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>fiction</category>
<pubDate>Wed, 11 Mar 2009 18:24:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;(suite du texte ci dessous)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'allez pas croire pour autant que je ne sache rien de ma vie. Il y a des bribes, des images, des sons qui restent gravés en moi, franchissant les limites de ma mémoire malade.&lt;br /&gt; Je me vois à 8 ans, assise sur le tapis du salon. Du Ray Charles passe en fond sur le vieux tourne-disque. J'aime beaucoup cette chanson. Vous savez, celle qui fait «&amp;nbsp;I believe, yes I believe&amp;nbsp;» et où Ray lui-même a enregistré les voix des trois choristes absentes grâce à la technologie naissante de l'époque. Ray Charles chante donc de son timbre chaud sur deux octaves pendant que je joue à un jeu de construction. &lt;img src=&quot;http://netzah.hautetfort.com/media/02/01/869371865.jpg&quot; id=&quot;media-1630854&quot; alt=&quot;New York77.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; width=&quot;267&quot; height=&quot;346&quot; /&gt;&lt;br /&gt; De manière étrange, je me vois de manière très précise à cet âge là. Moi à 8 ans, enfant sauvage à la lèvre fendue, les muscles secs et saillants, mon regard noir se posant sur toute chose d'un air effarouché. On m'a souvent parlé de ce regard qui, paraît-il, m'a longtemps desservi. C'est pourtant la seule chose qui n'a jamais changé en moi. Le peu de photos que j'ai d'avant «&amp;nbsp;l'accident&amp;nbsp;» tendent à confirmer ces assertions.&lt;br /&gt; Mais je m'égare, encore une fois. Je parle, je parle... voilà près d'une heure que vous êtes là et je ne vous ai rien proposé à boire. Vous ne voulez rien vous êtes sûr ? Pas même un chocolat chaud ? Ou du curaçao bleu piqué dans l'armoire du père ? Pardonnez mon sourire, mais ce souvenir est encore assez vivace dans ma mémoire... Le curaçao bleu... quand j'évoque cette boisson, les images viennent dans ma tête en couleurs réelles. Moi et Alban. Enfants fous d'amour. Main dans la main. Nous allions voler cet alcool interdit à la couleur pour nous si pittoresque et nous nous enivrions ensemble. Sur le tapis du salon. Jeux interdits aux vapeurs d'alcool.&lt;br /&gt; Mais je m'égare à nouveau. Je ne vous ai même pas demandé votre nom. Vous ne souhaitez pas me le dire ? Vraiment ? Quel dommage. Par instants, vous me faites penser à mon cher Alban.&lt;br /&gt; Nous construisions souvent des cabanes dans la forêt. Nous courrions pieds nus sur la grève au soleil couchant. Devant nous, chaque soir s'étendait le paysage industriel teinté de nature sombre. Le port aux vapeurs glauques étirait ses volutes de fumée depuis le soir des cargos jusqu'à nos pieds nus sales entrelacés. Je me souviens que nous grelottions dans l'humidité du soleil couchant.&lt;br /&gt; Pardon ? Vous voulez que je vous parle de «&amp;nbsp;l'accident&amp;nbsp;» ? C'est amusant de constater à quel point cette histoire intéresse les gens.&lt;br /&gt; Alors qu'il serait tellement plus intéressant pour vous d'en comprendre la cause. Car voyez-vous, on ne fait vraiment bien souffrir que soi-même. Et quand on est enfant, quel moyen a-t-on d'écraser le mal que l'on nous fait ? La cible première, la plus facile et la plus accessible, c'est nous-même. Détruire. L'humain ne sait faire que ça. Ce qu'il a entre ses mains, il le casse. Pourquoi l'enfant détruit-il son jouet préféré ? Pourquoi la mère désespérée jette-t-elle sa fille par la fenêtre dans l'espoir vain de la sauver ? Nous touchons, et nous tuons. Nous ne sommes bons qu'à ça. On recouvre nos propres malheurs par une autre couverture de souffrance. Il est tellement plus facile de tuer que de croire en l'amour éventuel que d'autres pourraient nous porter. Si je te tue, tu es à moi. Pour toujours. Vous saisissez ?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans mon cas, je pense pouvoir me vanter d'avoir fait un travail propre et abouti. J'ai tout tué. Tout détruit. Chaque parcelle de mon âme et de mon corps qui auraient pu m'être utile.&lt;br /&gt; Le travail le plus fastidieux a été d'effacer soigneusement et consciencieusement ma mémoire, comme on formate un disque dur. Après bien sûr, l'astuce consiste à ne rien réécrire dessus. Une bonne mémoire morte. Vide.&lt;br /&gt; Inexistante.&lt;br /&gt; Qui fait de moi un être impossible à atteindre.&lt;br /&gt; Oh bien sûr, me direz-vous il existe des solutions pour connaître le passé. C'est d'ailleurs pourquoi vous voyez toutes ces coupures de journaux suspendues à mon mur. Certaines me concernent, paraît-il.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est du moins ce que ne cessaient de répéter les adultes du centre de rétention pour mineur, à l'époque. Tous ceux-là étaient bien décidés à me guérir de ma «&amp;nbsp;maladie&amp;nbsp;». Ce terme m'a toujours particulièrement amusée. Est-ce moi qui suis malade, ou bien l'humanité tout entière qui se noie dans ses propres miasmes ? Je regarde parfois à travers les murs épais qui encadrent ma fenêtre les humains de ma ville. Ils vont et viennent, courent et pleurent, passent leur temps à essayer de guérir leur propre «&amp;nbsp;maladie&amp;nbsp;» pour tenter d'atteindre quelque chose qu'eux-mêmes ne définissent pas clairement. Ils grouillent comme les synapses courent le long de notre système nerveux. Ils se pressent vers le vide comme les lemmings qui se jettent des falaises en nuées silencieuses. Il se raccrochent à leurs univers magiques pour essayer d'enfin voir le jour.&lt;br /&gt; Pourtant, la réalité est ici.&lt;br /&gt; La réalité, c'est l'enfant de ce fait divers imprimé sur du papier de mauvaise qualité qui hurle pendant des heures au fond d'un puit. Vous pouvez décrocher l'article puiqu'il semble retenir votre attention.&lt;br /&gt; Il est amusant de voir à quel point l'absence d'encombrement dans mon cerveau me permet de me projeter au travers des histoires des autres. Je lis cet article tous les matins, et tous les matins il me semble entendre les hurlements du garçonnet résonner au fond de mon crâne.&lt;br /&gt; C'est étrange non ?&lt;br /&gt; Ne me regardez pas avec cet air de dégoût. Vous et moi savons fort bien que nous ne sommes pas si différents. Pourquoi s'occuper des fous si on ne l'est pas un peu soi-même ?&lt;br /&gt; Chacun a au fond de son cerveau un enfant prisonnier qui hurle. J'entends le votre presque aussi distinctement que j'entends le mien. Oh, ne prenez pas la peine de me répondre de cet air offusqué. Je sais bien que vous n'avez pas tué le votre. Pourtant, la mort vous démange tellement que vous êtes là, à travailler dans cet endroit sordide, à parler tous les jours avec des gens comme moi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;(suite et fin du texte dans quelques jours !)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>White as the snow</title>
<link>http://netzah.hautetfort.com/archive/2009/02/13/white-as-the-snow.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Netzah)</author>
<category>fiction</category>
<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 19:28:39 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je le sais bien, ce blog semble à l'abandon... Mais apparemment agir ou écrire, il faut choisir. Quoique l'écriture n'est-elle pas une action en soi ? Toujours est-il que je n'ai pas jeté mon carnet ni mon stylo, alors voilà une fiction toute fraiche que je suis en train d'écrire, voici l'introduction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;J’ai toujours eu des problèmes avec la mémoire. Les années passent et les cycles s’enchaînent, mais dans ma mémoire, pas de prise pour le temps. Mon cerveau est comme un ordinateur sur lequel on aurait oublié de mettre de la mémoire morte. Pas de bios ni de disque dur. Dans ma tête, les choses s’écrivent et se réécrivent à l’infini. Ce que j’ai fait la semaine dernière, ce qu’on a mangé hier, où j’étais au jour de l’an, ce n’est pas la peine de me le demander. &lt;img src=&quot;http://netzah.hautetfort.com/media/01/02/356592780.jpg&quot; id=&quot;media-1578826&quot; alt=&quot;ville_memoire.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Et pourtant, je ne suis pas bête. J’apprends très facilement. Ma mémoire à court terme est excellente. Mon esprit est vif et toujours à l’affût de nouvelles idées. Car des idées, j’en ai. Tout le temps. Chaque seconde. Une idée formidable me traverse, mais le téléphone sonne ou je passe devant la télé, et tout disparaît. J’oublie. Ne me demandez rien, car le passé pour moi c’est l’oubli. Pas de retour en arrière. Pas d’évolution possible. Ce que je vis est déjà finit. Ne me demandez pas de retenir votre visage ni même votre nom, dans quelques instants ou quelques jours, vous n’existerez plus. Je pourrais être malheureuse de cette situation. Ce n’est pas le cas. J’avance chaque jour sur cet immense escalier. Autour de moi, rien que de la brume. A chaque pas que je fais, les marches derrière moi disparaissent. Qu’importe si je monte ou si je descends, car à chaque pas, c’est l’oubli.&lt;br /&gt; Pardonnez-moi si mon discours vous semble parfois décousu.&lt;br /&gt; Je dis les mots qui me viennent au fil de mes idées. Je vous ai déjà dit que les idées se bousculaient en moi comme se bousculent les gens qui courent dans le métro, ou les lemmings se jetant en rang bien ordonné dans la mer ?&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Vous savez bien sûr qu’il s’agit d’une légende. Ces animaux sans cervelle subissent de lourdes pertes lors de leurs migrations, et certains membres du groupe tombent tels des poupées de chiffon dans l’indifférence générale. C’est une belle allégorie de ce que je vis au quotidien.&lt;/b&gt; Les idées, les émotions, les humains qui me traversent finissent tôt ou tard dans les flots opaques de ma mémoire sans que j’en éprouve le moindre regret, ni le moindre souvenir. Je ne suis pas malheureuse non, car ma force, c’est l’oubli. Avec l’oubli, pas de doute. Pas de remords. Que m’importent cet homme que je n’ai pas osé embrassé, ce frère ou cette sœur que j’aurais blessé, ces enfants qui courent autour de moi sans que je les vois ? Ce que je n’ai pas fait, je l’ai déjà oublié. Le mal que l’on m’a fait, il n’existe pas pour moi, perdu dans les marches de l’oubli.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Pardonnez-moi si mon discours vous semble décousu. Je parle toujours comme si ma vie en dépendait, comme si c’étaient les derniers mots que je prononçais. Comprenez-bien que pour moi, cette angoisse est une réalité. Dans quelques instants, j’aurai tout oublié. Le noir ou le gris de vos yeux, votre sourire crispé, mes mots et mes idées.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Je vous ai déjà dit que mes mots se bousculent dans ma tête comme les lemmings qui se jettent du haut des falaises ?&lt;br /&gt; Pardonnez-moi si je vais rarement au bout de mes idées. Comprenez-moi, j’ai tellement de choses à dire et si peu de temps, si peu de temps pour moi…&lt;br /&gt; C’était important pour moi de vous expliquer comment mon cerveau fonctionne pour que vous puissiez appréhender ce qui va s’ensuivre.&lt;br /&gt; Imaginez mon cerveau comme un ordinateur doté seulement de mémoire vive. Pas d’espace de stockage. A chaque marche que je franchis, je dois tout réécrire.&lt;/p&gt; 
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