18.12.2009
Trève de Noël
Ca y est, c'est Noël, enfin les vacances !
Comme beaucoup, je pars pour les fêtes, alors en attendant la suite, voici ma chanson fétiche du moment, que j'ai découverte en écoutant une pub.
Bonnes fêtes à tous !
14:29 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, jil is lucky, kenzo, pub
24.12.2008
La playlist du jour # 1
Même si je n'en parle pas très souvent sur ce blog (à part dans cette note là), il m'arrive d'écouter de la musique classique.
Alors en cadeau de Noël, je vous offre une mini sélection d'un compositeur que j'aime beaucoup, et qui s'incrit dans les compositeurs contemporains sans tomber dans la musique élitiste ou atonale. Je pense que c'est une bonne approche pour les réfractaires au classique car pour un minimaliste, ça reste très audible. Il a même fait la musique du très beau film The Hours. (oui à l'heure où j'écris cette note il est tard, donc je wikipédie.)
Cette playlist est très brève et bien sûr très insuffisante, mais j'ai essayé d'y mettre un peu de tout et j'espère surtout qu'elle vous donnera envie d'aller voir ce qu'il a fait d'autre.
07:04 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : philip glass, the hours, musique minimaliste, atonalité
21.12.2008
Eternal sunshine of the spotless mind
Je ne veux pas ici faire une critique d'un de mes films cultes, mais juste m'appuyer sur la sensibilité hors norme de Michel Gondry pour évoquer un sujet qui me tient à coeur. Parce que je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais chez moi, Noël c'est toujours une organisation assez terrifiante. Combien de Noëls cette année ? Dans quelle ville est-ce qu'on se retrouve ? Il faut faire bien attention que Machin ne croise pas Machine, sinon c'est le drame assuré. Et n'oublions pas que Francine refuse toujours d'adresser la parole à Francis... Et puis bien sûr, il y a tous ceux qui sont divorcés. Et avec qui il faut composer. Tant bien que mal.
Je vais peut-être passer pour une fille "bien-pensante", ou pour une gamine qui croit encore au père Noël, mais il m'arrive encore souvent de repenser aux immense tablées des Noëls de mon enfance. Où si l'on faisait deux Noëls, c'était pour voir la famille des deux parents.... tous ensemble. Les enfants courraient dans tous les sens, les adultes étaient un peu éméchés, mais ils souriaient et se racontaient des blagues vaseuses. Et les couples se tenaient par la main.
Aujourd'hui, c'est une tout autre histoire. Il faut faire trois ou quatre Noëls pour réussir à voir un tiers des gens. Et le reste, on sait qu'il y a certains parmi eux que l'on ne reverra sans doute jamais plus. Parce que "papa" est parti, parce que "maman" vit à l'autre bout du monde. Je sais que les divorces sont monnaie courante. Je sais qu'on s'en sort toujours tant bien que mal. Je sais que certains pensent que c'est formidable d'avoir deux doudous et deux fois plus de cadeaux... Mais je me demande si parmi toute cette merde et toute cette douleur que l'on impose aux enfants, une partie ne pourrait pas être évitée.
Parce qu'un couple, ça se travaille.
Parce que l'amour, ça se construit.
Parce que se marier à 22 ans et divorcer à 30, tout le monde peut le faire.
Pourtant, quand je vois le regard de Jim Carrey se poser sur la frimousse déjantée de Kate Winslet, je me surprend à y croire encore. Croire que l'amour n'est pas toujours une chose impossible. Je me dis que s'il existe encore des fous comme Michel Gondry capables d'y croire, il reste peut-être une chance pour les gens comme moi.
Sous la plage enneigée de Montauk, même les filles aux cheveux teintés au bleu de méthylène ont le droit d'être regardées. Aimées. Sous la caméra amoureuse de Michel Gondry, j'aime à croire que même les filles comme moi ont le droit à une seconde chance.
Alors juste de temps en temps, pour ceux qui se plaisent à répéter que ' les enfants de divorcés finissent toujours par divorcer ', pensez un peu à ces mômes là qui n'ont pas choisis leur sort et aimeraient bien ne pas finir comme leurs parents du mauvais côté des statistiques. Même si peu de gens croient en l'amour, que certains même vont jusqu'à trouver cela dépassé, laissez les rêveurs rêver en paix...
12:18 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : divorce, famille, noël, jim carrey, kate winslet, michel gondry, eternal sunshine of the spotless mind
25.11.2008
Comment je suis (presque) devenue médecin grâce aux séries hospitalières
Quand on parle de séries, et plus particulièrement de séries hospitalières, y’a pas à tortiller, y’a eu un avant, et un après. L’avant, c’était le Moyen-âge. Oui, je vous parle un temps où le 56 ko existait encore, où avoir 512 de ram sur son pc waou c’était trop une révolution, bref, des temps reculés où la médecine s’exerçait encore bêtement dans les hôpitaux. En ces temps là, nous étions ignorants. Oui parfaitement, ignorants des choses de la médecine et du corps humain.
Mais dorénavant, grâce à nos écrans plasma et nos logiciels peer to peer, nous sommes devenus des dieux. Ou presque. Maintenant, n'importe quel lampin sait ce qu'est un cathéter ou une voie centrale. Vous n'avez jamais manié de bistouri ? Peu importe, vous avez vu mille fois docteur Mamour découper des cerveaux, vous vous en sortirez très bien quand ce sera à votre tour d’y passer. Quant à moi, grâce à cette avalanche de gaze et de compresses, je suis devenue une experte, en effet...
Avant: Si je voyais quelqu'un faire un malaise dans la rue ou s'ouvrir les veines sous mes yeux ébahis (d'accord d'accord, ça n'arrivait pas souvent. Mais quand même.) Avant donc, je me contentais de partir en courant, ou alors d'appeler vaguement au secours dans l'espoir qu'un beau pompier se pointe. Alors que…
Aujourd’hui: quand quelqu’un ne se sent pas bien, je prends direct les choses en main. Je lui fais NFS, chimie, iono et gaz du sang, et juste au cas où je lui passe 2 culots de O nég et 2 cc d'adré en iv.
Car oui, vous les avez reconnu, Mark Green et Carter sont LES fondateurs du genre. Urgences est bel et bien la série qui a ouvert la voie à toute les autres, et même si cet idiot de Carter passe maintenant son temps à bêtement sauver des gens au Darfour et que les jeunes soldats osent exploser en Irak après avoir épousé Neela, vous les p'tits gars du Cook County, vous êtes et resterez nos maîtres à tous. Mais ER, ce n'était que le début, le passé... ok pas le moyen-âge, mais la renaissance à tout péter...
D’ailleurs à cette époque là: Quand je voyais une fille tourner de l'œil, ben moi je pensais bêtement qu'elle avait sauté le petit déj.
Maintenant je sais qu'en réalité des milliers de larves de ténia ont pondu à divers endroits de son corps, ont infiltré son sang jusqu'à son cerveau et que là, le ténia luttant pour sa vie a libéré des Gamma epsilon 8224, qui sont en réalité une variante très rare du syndrome d'Ignatus Raspotalamus qu'on ne trouve qu'en Afrique subéquatoriale, et encore seulement les années bissextiles par une nuit de pleine lune…
Mais heureusement, le diagnosticien le plus sexy de tous les temps veille à ce que nous n'écartions aucune possibilité quand aux maladies contractées par ces crétins de patients. Je suis sûre que vous l'avez reconnu. Il a une canne, un regard bleu révolver et un humour à décaper votre plancher: House va régler tout ça en moins de 45 minutes et en évitant toujours de se taper la non moins sexy docteur Cuddy. Enfin bon. Le flirt c'est mignon, mais tout ça manque un peu de sexe. Car tomber malade, ok c'est déjà pas mal.. Mais repartir avec le charmant médecin qui vous soigne, ça c’est mieux.
Hors, autrefois, quand un beau médecin soufflait galamment sur son stéthoscope pour le réchauffer avant de l’appliquer délicatement sur mon opulente poitrine, je pensais naïvement que je pouvais l’inviter à aller boire un verre avec moi sans que cela prête à conséquence.
Erreur ! Car je sais maintenant que le médecin a beau avoir 25 ans, il en est à son 14ème mariage, mais au fond c'est juste pour cacher le désespoir qu’il a d’avoir perdu son père alors qu'en fait il est amoureux de sa colocataire depuis le début mais tout ça c'était avant d'apprendre que son ex femme cachée à New York risquait de débarquer à tout instant et corrompre sa folle relation avec une fille souffrant elle aussi de sérieux problèmes familiaux.
Ca vous dit quelque chose ? J’exagère un peu ? C’est vrai, mais pas tellement. Car la vie trépidante des jeunes internes en chirurgie du Seattle Grace Hospital ressemble parfois à une pièce de Racine ou à un mauvais roman de gare. Ne vous y trompez pas, je les adore. Mais quand même, elle commence à nous les briser Meredith à repousser Derek Sheperd. Moi à sa place, je l’aurais depuis longtemps sanglé à mon lit pour éviter qu’il se barre avec une infirmière fadasse au nom bucolique. Y'a pas à chier, Grey's anatomy ça nous a appris que les médecins ont une vie sexuelle débordante. Et ne sont pas toujours les plus sains d'esprit... D'ailleurs, si vous aimez la bargitude, j'en connais d'autres que vous allez aimer. Car en effet...
Avant: je pensais que les médecins étaient des gens sérieux qui déambulaient tels des fantômes blancs dans les couloirs des hôpitaux en débitant par cœur des pages du Vidal dès qu’on leur posait une question.
Maintenant, je sais que les médecins se pètent la gueule à tout bout de champ, poussent la chansonnette comme ça pouf sans raison, font des marathons déguisés en lapins, se prennent à l'occasion pour des stars et ont des relations pour le moins conflictuelles avec des concierges psychopatates.
Car je ne pouvais pas parler des séries hospitalières sans parler de Scrubs, mon petit chouchou, la plus déjantées des séries médicales, qui sur un ton parfois doux amer et toujours décalé nous fait vibrer au rythme des perfusions et des diagnostiques douteux. Parmi toutes les séries précitées, aucune ne m'a comme celle-là donnée envie de raccrocher mes craies et mes jupes plissées (oui toutes les maîtresses ont des jupes plissées comme Laura Hingalls, c'est obligatoire quand on passe le concours) pour aller m'inscrire en fac de médecine et tenter de copiner avec le docteur Dorian et sa bande de joyeux barjos.
Quoiqu'il en soit, si la vie dans les hôpitaux ne ressemble à rien de tout ça, elle a au moins la faculté de nous faire encore fantasmer et rêver à un monde meilleur où les gentils patients s'en sortent toujours, où tout le monde il est sexy et où les infirmières ont toujours des strings sous leurs blouses. Pour être prête au cas où. Parce qu'on ne sait jamais.
18:21 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : série hospitalière, house, scrubs, urgences, grey's anatomy
16.11.2008
Je vais bien, ne t’en fais pas
Je vais bien, je n’en sais rien, après avoir vu ce film en tout cas, rien n’est moins sûr. J’ai été bouleversée comme ça arrive assez rarement. Dès les premières minutes du film, mes larmes ont commencé à couler et ne se sont plus arrêtées jusqu’à l’image de fin. 
Peut-être est-ce parce qu’on se doute assez rapidement de la chute, peut-être est-ce à cause de la douceur du regard dévasté de Mélanie Laurent, ou encore au charme délicatement étrange de Julien Boisselier. Sans mentionner la musique, qui est maintenant assez connue, et tout simplement magnifique.
Même s’il est sorti il y a longtemps maintenant, ce film vaut la peine que l’on en parle. Parce qu’il est rare de voir un film français aussi simple, où il ne se passe finalement pas grand-chose. On y trouve ni grand déferlement d’émotions ni séquences de sexe super crues et ne servant pas l’histoire. Parce que tout se fait dans la douceur, les émotions sont rarement exprimées, et toujours sans étalage. Comme dans la vie réelle, finalement. Kad Merad est comme toujours parfait dans ce rôle, celui de l’homme qui souffre mais qui préfère taire ses propres émotions pour un seul sourire de sa fille.
Quand à moi, ce film m’a remué au plus profond de moi. Peut-être parce qu’il a su faire renaître des souvenirs que l’on tente d’effacer, il a rouvert certaines plaies que l’on croyait pour toujours refermées.
Le cinéma français devrait en prendre de la graine, et s’il prend la direction insufflée par Philippe Lioret, qui sait si je ne tenterai pas de me réconcilier avec le cinéma français…
22:57 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, tchi-tcha, mélanie laurent, julien boisselier, je vais bien ne t'en fais pas
31.10.2008
En attendant l'été...
Comme c'est l'automne, comme c'est la pluie, comme c'est la mélancolie des jours qui raccourcissent... Et comme bien sûr, c'est les vacances (youhou !) et que je ne vais donc pas publier pendant quelques jours, je poste ce que je m'écoute en boucle en ce moment, car la voix chaude d'Israël Kamakawiwo'ole est en ce moment la seule qui arrive à me toucher et me donner l'impression qu'un jour, tout finira par s'arranger...
Mais je le laisse vous expliquer tout ça, il le fait mieux que moi.
19:46 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musique, israël, tout finit toujours par s'arranger...
01.10.2008
Les contes de fée réhabilités
Bettelheim l'a bien compris, les « gentils contes » de notre enfance ne sont pas uniquement des histoires obscures et mièvres où les princes occissent des dragons pour sauver la belle princesse.Quand on les lit de plus près, on s'aperçoit que les contes pour enfants sont souvent sanglants, violents, qu'ils touchent à des sujets graves qui interpellent la jeune génération comme la mort, l'inceste ou encore l'apprentissage de la sexualité.
Je ne vais pas ici réécrire la psychanalyse des contes de fées de l'auteur sus-citée puisqu'elle existe déjà mais juste tenter de réhabiliter certaines histoires douces et gentilles qui ont bercé notre enfance pour rappeler leur réel contenu et leur valeur intrinsèque.
Tout d'abord, pour ressituer le contexte, rappelons que les contes de Perrault sont la plupart du temps des réécritures des contes des frères Grimm sous une forme bienséante qui était acceptable par la cour de l'époque. Car vous l'aurez bien compris, Perrault écrivait pour les adultes et non pas pour les enfants.Les Walt Disney reprenant les grands classiques s'appuient d'ailleurs plus sur ses versions édulcorées que sur la crudité des frères Grimm, d'Andersen ou de certaines versions beaucoup moins gentilles des contes populaires. Dans certaines versions de Cendrillon, celle-ci tue sa belle-mère en lui écrasant la tête dans un immense coffre à jouets. C'est sûr, c'est tout de suite moins glamour. Dans la version des frères Grimm, les vilaines sœurs Javotte et Anastasie vont successivement se couper qui des orteils, qui des talons pour rentrer dans le fameux escarpin en vair(et non pas en verre comme l'a interprété Disney). Je ne parlerai même pas de la Belle au bois Dormant qui elle se fait prendre régulièrement par le gentil prince sans se réveiller: cette flemmarde n'émergera que quand son deuxième enfant, affamé, lui tètera le doigt arrachant ainsi la fameuse écharde venue du rouet enchanté. Soit dit en passant, ce conte est l'un des rares qui ne se termine pas par « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants », car peu savent en effet que la belle Aurore qui a le sommeil facile n'a que deux enfants et vit une fin de conte compliquée avec une belle-mère ogresse qui veut bouffer les-dits gamins. Et oui, ça surprend mais c'est comme ça.
Quand à moi, mes petits chouchous sont ceux que je me plais encore à relire et à voir aujourd'hui, les plus énigmatiques, les plus étranges, les plus malsains.
Tout d'abord, Alice au pays des merveilles. Qu'elle ne fut pas ma joie d'apprendre que Tim Burton allait s'emparer de ce conte fêlé pour une adaptation en 3D ! Qui en effet mieux que le réalisateur du merveilleux et du bizarre pouvait comprendre aussi bien ce qui se passait dans l'esprit tordu du perturbé Lewis Caroll ? Car je vous assure, si vous relisez un jour ce conte en étant adulte et à jeun, vous vous demanderez ce qu'à fumé Lewis avant d'écrire sa saga Alice. Alors déjà la gamine qui grandit et rapetisse en prenant des champis, c'est bizarre. Les chenilles qui fument et les chats qui disparaissent, admettons. Par contre, la reine hystéro qui veut décapiter tout ce qui bouge, moi ça me laisse perplexe quand à un usage destiné aux moins de 6 ans. Car pour moi, le pays d'Alice est loin d'être celui des merveilles. C'est au contraire le royaume de la cruauté. Le « pays des merveilles » est en réalité un endroit où on laisse une petite fille perdue seule au milieu de la forêt, un monde hostile dans lequel chaque habitant cherchera à la tester, à l'abandonner voire purement et simplement à la tuer... Et le plus surprenant dans tout ça, c'est l'aréactivité de cette enfant. Qu'elle se retrouve immense, coincée dans une cheminée, sur un échiquier bizarre de l'autre côté du miroir, ou noyée dans ses propres larmes, Alice attend que les choses se passent. Deleuze caractérisera même son comportement de schizophrénique. (Pour ceux qui ont le courage de lire, certains sites en parlent, personnellement ça reste un peu du chinois pour moi)
Je ne rentrerai pas ici dans le débat qui consiste à dire que Charles Dodgson (alias Caroll) était pédophile, par contre ce qui est sûr c'est qu'il avait un grain et que toute son œuvre s'en ressent. Je profite d'ailleurs de l'écriture de ce billet pour vous conseiller la lecture du moins connu mais non moins excellent « Sylvie et Bruno » du même auteur.
Et pour terminer, last but not least, je ne pouvais pas ne pas parler de Peter Pan. Vous allez penser que c'est une obsession actuelle chez moi, à vrai dire elle est permanente... En effet, le Neverland de James Matthew Barrie exprime pour moi tout ce qui cloche dans nos petites têtes.C'est là que viennent s'abimer tous nos rêves inachevés. Dans le pays imaginaire, les enfants sont perdus et les adultes coincés dans leurs vies monotones ou leurs obsessions malsaines. Et au milieu de tout cela trône Peter, l'enfant irréel que dans la version originale du texte personne n'a le droit de toucher.
Comme Lewis Caroll, la vie de Barrie a été un peu hors norme. L'un s'était pris d'affection pour les 4 filles Liddel et l'autre pour les 5 garçons Llewelyn Davies qu'il finira même par adopter. (Histoire racontée dans le film de Marc Foster où James Barrie est incarné par non moins que Johnny Depp). Cette similitude dans la vie des deux auteurs est d'autant plus surprenante qu'ils sont régulièrement comparés pour leurs œuvres. En ce qui concerne Peter Pan, c'est pour moi bien plus qu'une histoire gentille. C'est le cri de désespoir des orphelins, la sensation de vide des adultes à qui l'on a volé leur jeunesse et qui ne se souviennent qu'en bout de course du « bateau volant de leur enfance ». Et même si l'histoire finit toujours par se répéter, les enfants perdus deviennent des adultes perdus et meurent à leur tour..
Ce que l'on nomme « conte pour enfants » fait non seulement partie de notre culture et de notre patrimoine, mais devrait être parfois relu par les adultes. Nous n'avons certes pas le même regard sur le petit prince de Saint-Exupéry, et pourtant nous pourrions lire ce texte encore et encore et en redécouvrir chaque fois quelque chose de neuf. Ne mettons donc pas nos contes populaires au placard. Si vous avez des enfants, lisez leur les vraies versions des contes, il y aura toujours les Walt Disney pour nous donner la version qui finit bien. Et d'ailleurs aujourd'hui, avec le succès de JK Rowling et autres Narnia, je me réjouis de voir que l'on commence enfin à considérer la littérature enfantine comme un genre... qui n'est pas que pour les enfants !
28.09.2008
Lettre d'amour à un (presque) tricentenaire
La légende veut que Mozart, après avoir écouté seulement les quelques premières mesures du lacrimosa de son requiem, se soit effondré en sanglots et ait demandé à ses musiciens de s’arrêter, ne pouvant en entendre d’avantage.
Tout le monde sait que les légendes et les contes sont faits pour créer rêves et fantasmes dans nos cerveaux avides d’imagination. Que Mozart ait réellement eu l’impression de composer son requiem pour lui-même, qu’il ait été jeté dans une fosse commune sans la moindre attention ni le moindre admirateur, qu’il soit mort seul et abandonné de tous, maintes fois ces histoires ont été démenties, mais elles n’en feront pas moins rêver des générations d’enfants et d’adultes et leur feront, si tant est que ce soit possible, aimer le jeune prodige un peu plus encore.
Quand à moi, comme Mozart dans la légende, les larm
es brûlent mes yeux dès que j’entends les premières notes de son lacrimosa.
Rien ne m’apaise plus que d’entendre la puissance de son Dies Irae, et je suis absorbée au travers des fines mailles des mesures habilement entremêlées dès les premières notes du Kyrie. Rien ne m’étreint plus le coeur que ce rythme, et quand les demi-soupirs se transforment en noires je cours avec elles et me dissous dans la musique.
Si j’aime tant Mozart, c’est qu’il est le premier à avoir su traverser la couche de mes préjugés et à me faire aimer la musique classique. Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’étais assise dans une salle du conservatoire, dans un cours de solfège pour adultes qui tentaient de rattraper leurs lacunes musicales.
Comme à chaque cours, on s’ennuyait ferme. La prof, une russe un peu folle, nous serinait à longueur de semaine que la musique, ça n’était pas pour les adultes. Qu’à son avis seuls certains enfants méritaient d’apprendre, alors qu’il nous fallait bien admettre à quel point pour nous, c’était trop tard. Puis, après un long soupir, elle s’est rapprochée du vieux meuble où se tenait le poste décrépit et a glissé un cd à l’intérieur.
Et là, le miracle se produisit. La musique est rentrée en moi. Sans passer par mon cerveau, elle a emprunté un chemin que je ne connaissais pas pour venir se loger directement au plus profond de mon coeur. Là, dans cette petite salle mal éclairée pleine d’adultes désabusés, en entendant cette petite musique de nuit que je connaissais pourtant par coeur, j’ai pleuré.
Pour la première fois, à travers les rythmes réguliers et la construction presque mathématique de la carrure musicale, j’ai entendu non pas la musique, mais Mozart lui-même. J’ai entendu comme s’il était juste à côte de moi ce gamin un peu écervelé, un peu écorché vif. Dans sa musique si bien réglée, il suffit d’une seconde, d’un quart de soupir pour que l’âme de Mozart transparaisse au détour d’un bémol. Il suffit d’une simple appoggiature pour transpercer mon âme et me faire vibrer avec lui.
Et même si depuis ce jour, la musique et moi avons dû prendre des chemins séparés, même si j’ai du trouver un travail qui ne me permet plus d’y consacrer mes journées, la musique de Mozart ne m’a jamais quittée. En un an, j’ai tout écouté ou presque. Des Noces de figaro à sa musique religieuse, de ses sérénades au concerto pour clarinette que j’aime tellement, il fait désormais partie de ma vie.
Lui, et puis d’autres compositeurs bien sûr. Mais quand on me parle aujourd’hui de musique classique, c’est toujours son nom qui viendra en premier dans mon esprit.
Mozart l’enfant prodige, Mozart l’éternel adolescent en manque d’amour qui finissait toutes ses lettres à Constance par « Aime moi autant que je t’aime ». Pour elle, je ne sais pas ce qu’il en est, mais pour moi mon amour lui est tout acquis. A jamais.
13:39 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : musique, classique, mozart, amour, noces de figaro, requiem




