26.10.2009
Mysoginie quotidienne (2)
Aujourd'hui, dans le métro, comme souvent, un clodo est entré dans ma rame. Plutôt calme, il a entamé un slam anti-sarko, avant de passer parmi les passagers pour demander "quelques pièces".
Une dame lui donne de l'argent et lui souhaite "bon courage !"
Le clochard se retourne et répond: "c'est pas le courage qui manque, c'est plutôt la thune." Puis, montant d'un ton "je suis pas vénal moi comme vous, les femmes ! Toutes vénales, et c'est pour ça que j'en suis arrivé là !!!" avant de sortir du wagon d'un air furieux.
Morte de laule.
19:39 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : clodo, métro, vénale, mysoginie
18.11.2008
Racisme ordinaire
De toute évidence, il y a sur cette Terre une logique cosmique. Après avoir soutenu à El Gaub lors d'un précédent article que le racisme finalement n'était pas si courant que ça, voilà ce que j'ai du subir aujourd'hui dans la salle d'attente du médecin... (comme quoi la nature n'est pas si bien faite, sinon on aurait des oreilles rétractables)

Deux vieilles pétasses péroxydées en talons haut et mini-jupe racontent leur vie.
Vieille peau 1: -" Tu sais pas ce qu'ils ont osé faire dans l'immeuble ?"
Vieille peau 2: - "Non, dis moi ?"
VP1: -" Ils ont mis des..." regarde à droite et à gauche et lâche dans un souffle "DES ARABES !!!"
VP2: -" Haaaaaaan ! Non putain ils auraient pas osé ??"
VP1: - "Si, mais attend c'est pas tout ! Au dernier étage, ils ont mis une noire !"
VP2: -"Oh ma pauvre... Mais comment tu vas faire ?"
VP1: "J'en sais rien... Oh et puis si tu pouvais savoir... Le bruit qu'ils font !! Et vas-y que je te tape sur des tambours toute la nuit !"
VP2: -"C'est un scandale franchement... un vrai scandale. Mais tu sais maintenant, des zoulous il y en a partout. Tiens l'autre jour, ils étaient tous là sur le stade, et les flics qui ne venaient pas !"
VP1:- "Mais les flics ils ont peur de se faire casser la gueule ! C'est des sauvages, je te le dis, tous des sauvages !"
Croisant mon regard médusé et à la limite de leur vomir dessus, les vieilles changent de conversation.
VP2:- "Ah et tu as appris pour Marc ?"
VP1: - "Non, qu'est-ce qu'il lui arrive ?"
VP2: -" Il est cardiaque... Ca devient de plus en plus difficile à la maison."
VP1: -" Oh ma pauvre chérie... Comme tu dois souffrir..."
La discussion se poursuit quelques temps sur la santé du pauvre Marc, c'est tellement douloureux à la maison blablabla. A ce stade là, je me dis que j'ai à faire à des vieilles pétasses racistes mais qui du moins prennent soin de leur conjoint, c'est déjà ça... Jusqu'à ce qu'une phrase ou deux me fassent sourciller :
VP2: -"Oui parce que tu comprends, on ne peut même plus faire les courses avec lui. Ca devient vraiment un handicap."
VP1: "Oui enfin tu sais hein il est vieux... il serait peut-être temps de réfléchir à la suite... Quel âge il a exactement ?"
VP2: "13 ans."
Ok. Elles parlent de leur putain de clébard. Les logements sociaux, faudrait les cramer, les noirs et les arabes dehors, mais par contre le petit chien à sa mémère, lui il doit aller dans un hôtel 4 étoile et bouffer pour 50 euros par jour. Y'a pas à chier, la vie est bien faite.
Allez sur ce je vais prendre mes antibios pour me préparer à aller bosser demain et enseigner à une foultitude de petits blacks et de petits rebeus qu'en France, tout le monde peut s'en sortir, quelque soient leurs origines et leur couleur de peau. Espérons que ces mômes là ne soient pas aussi naïfs que moi.
07:30 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : racisme, vieilles peaux, on est toujours pas sortis de la berge
06.11.2008
Je ne dois pas être une vraie fille
… Parce que :
- J’ai enfin réalisé ma première couleur, et j’ai réussi à colorer mes mains mais pas mes cheveux.
- Mes vaines tentatives pour me laisser pousser les ongles sont réduites à néant par mon rongeage d’ongle frénétique. Et comme j’essaie de ne pas tous les ronger, j’ai un ongle sur deux tout joli et l’autre tout rongé. Je vous laisse imaginer la tête que ça a.

- Je suis déjà allée voir plusieurs matchs de rugby.
- J’ai passé de nombreux samedis soirs à démonter des pc. Et à jouer à Warcraft.
- Je sais monter un réseau local, même à distance.
- Je sais renouveler une adresse ip en ligne de commande et désactiver un client DHCP.
- Pour draguer les mecs, ma technique reste invariablement la même : « salut » « salut » « bon bah, on s’embrasse ? »
- Je connais la signification des mots gonzo, Milf, FFM et autres joyeusetés.
- Je connais par cœur les paroles de Daniella de Elmer Food beat.
- Même si j’aimerais pondre un jour à mon tour, les conversations type « ah ouais mon ptit dernier a fait ses dents » ou bien « il a vomit, c’était rouge, jaune et kaki aussi un peu » me donnent envie de balancer verre de punch à la tronche des mamans parfaites et de retourner me bourrer la gueule avec des punks à chien comme au temps fou de mon adolescence.
- Je peux boire cul sec 3 ou 4 shooters d’affilés sans vomir.
- Je me fais chier aux mariages.
- Entre une soirée pyjama entre copines à refaire le monde et une soirée devant Dragon Quest, je vous laisse imaginer ce que je vais choisir.
… Et pourtant
- J’ai des seins
- Il m’est déjà arrivé de m’extasier sur un bébé
- Je fais un métier où l’on trouve 99,9 % de meufs
- Je n’ai jamais fait établir mon cariotype, et pourtant je suis sûre qu’il afficherait fièrement un double X.
- J’aime les mecs…
Et après tout…
Est-ce si important ? Notre sexe détermine-t-il vraiment notre personnalité ? Bien sûr, ceux qui me connaissent, connaissent aussi mon avis sur la question. Et si je remets encore une fois ce sujet sur le tapis, c’est car nous sommes loin d’avoir dépassés les clichés et les inégalités liées à notre sexe. Dans un monde où l’une des plus grandes puissances mondiale vient d’élire un black à la présidence (et j’en suis ravie, ne nous méprenons pas), les inégalités sont encore monnaie courante. Malgré tout ce qu’on en dira et tous les faux prétextes que l’on emploiera, ce n’est pas demain la veille que l’on verra une femme gouverner notre beau pays… et c’est bien dommage.
14:00 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : féminité, warcraft, réseau local, seins, obama
26.10.2008
Galérienne de l'amour
Et oui ça faisait longtemps, je prends à nouveau la plume (enfin mon clavier) pour pousser un de mes légendaires coups de gueule. J'avertis tout de suite que je ne vais pas être tendre, certains risquent d'en prendre pour leur grade ou me taxer de subjectivité. Donc pour que les choses soit claires, je suis toujours subjective, et en plus là je suis un peu remontée. Mais demain ça ira mieux.

Comme vous l'aurez sans doute compris, aujourd'hui je vais parler d'amour... Enfin d'amour... En fin de compte, en ce qui me concerne, plutôt de galère.
Comme le dit de manière si perspicace le chanteur Saez, « on est quelques milliards à chercher l'amour ». Mais seulement, parmi ces milliards, un tri reste quand même à faire. Il y a ceux qui sont en fin de compte déjà en couple mais pas contents (ce que avec ma mauvaise foi légendaire je me refuserai à entendre tant que je serai célibataire), ceux qui sont célibataires par choix, ceux qui font semblant de chercher mais qui pour l'instant sont légèrement à l'ouest, et puis ceux qui cherchent vraiment. Ce qui sont prêts, prêts à s'engager, prêts à construire. Ceux qui ont conscience qu'un couple c'est dur, que ça demande du temps et de la sueur (rho mais non je ne parle pas de sexe... enfin aussi mais c'est un autre sujet), qui seraient prêts à s'investir, mais finalement ne trouvent pas. Vous l'aurez bien compris, je m'auto-classe dans cette dernière catégorie. Mais voilà (nous en venons au coup de gueule), je suis amenée à entendre régulièrement, et ce de sources aussi diverses et variées que ma famille, des proches, des collègues ou des mecs bourrés à des heures indues, que au fond, si je trouve pas c'est que je le fais un peu exprès. Oui car voyez-vous, je suis une fille (alors ça genre j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi ça change quelque chose), je ne suis pas un thon, il m'arrive parfois de connecter mes neurones, en plus j'ai même un travail, ben donc c'est quoi mon problème ?
Mon problème, c'est que je suis une galérienne. Comme plein de filles « mignonnes-intelligentes-célibataires » je vais soit faire les mauvais choix, soit être timide quand il faut pas, soit tomber sur des cons, soit tout simplement avoir des histoires qui se cassent la gueule soit, soit soit... les raisons sont tellement vastes que ça ne vaut pas la peine de les exposer ici. La seule chose à retenir est que non, je ne le fais pas exprès. Que oui, il est facile de rentrer dans un bar, d'embrasser un mec, de le ramener chez soi. Je pense même que si j'avais envie de me faire troncher tous les jours, au fond j'y arriverais. Mais est-il si dur de comprendre que ce n'est pas ce que je recherche ? Que bien sûr, en manque de sexe , d'amour ou de tendresse je peux ramener un mec à la maison, tout comme je peux aussi passer ma journée du lendemain à regarder fixement mon téléphone en espérant qu'il me rappellera...
Oui, je peux aller sur meetic et parler à des mecs. Mais je peux aussi me mordre les doigts d'être allée à un rendez-vous pour me rendre compte qu'en fait le mec a une tronche de hamster nain mal nourri au lieu du Johnny Depp jeune mais en mieux que laissait présager la photo.
Alors quoi ? Que devrais-je faire ? M'inscrire dans une asso ? Certes mais j'y suis pour rien si les seules choses qui m'intéressent ne brassent que des vieilles ou des mecs tellement geek qu'un authentique troll de warcraft en blêmirait d'angoisse.
Mes potes ont peut-être des amis « qu'ils pourraient me présenter », mais alors je ne sais pas soit ils les tiennent bien enfermés dans un placard, soit ces gens là ne vont qu'aux soirées où je ne suis pas, allez savoir.
Les mecs bien existent peut-être, mais ils ne se trouvent ni dans mon lit, ni dans ma vie.
J'aimerais juste que l'on arrête de croire que l'amour est une chose évidente accessible à tout le monde. J'aimerais aussi qu'on arrête de croire qu'il suffit que je m'assois à la terrasse d'un café pour que 10 mecs mignons viennent me demander mon numéro. Parce que d'ailleurs, (mais là le sujet me rend tellement perplexe que je pense que je me fendrai un de ces quatre d'un article sur ce thème), je ne sais pas ce que les mecs d'aujourd'hui ont dans le crâne. Si on les drague, on leur fait peur et on les « castre » dans leur virilité. Si on attend qu'ils nous draguent ben... ben ma foi j'attends encore.
Donc voilà. Je ne suis pas plus moche ni plus conne qu'une autre, je suis juste une galérienne. J'ai galéré pendant des années pour avoir un travail, j'ai galéré pour des tas de choses dans ma vie, alors pourquoi pas dans l'amour ? Et pour moi ainsi que toutes les autres filles qui se reconnaîtront dans ce portrait peu flatteur mais pourtant réaliste, s'il vous plaît, vous les couples, vous qui réussissez votre vie et flottez dans le monde éthéré de l'amour où ni les pets de vagins ni l'haleine du matin n'existent, s'il vous plaît, ne retournez pas la moissonneuse batteuse dans la plaie en nous rappelant tous les jours que « c'est fou quand même que tu trouves personne ».
Car si tout le monde s'accorde pour dire que la vie c'est dur, que l'argent ça coûte cher et que le travail ça fatigue, j'aimerais pour une fois que l'on s'accorde sur le fait que l'amour ne fleurit pas sur tous les pavés parisiens ni sur le bord de l'autoroute. C'est juste que pour certain(e)s c'est apparemment plus dur que pour d'autres, mais je vous assure on fait des efforts (que celui qui ne s'est jamais épilé les jambes ou arraché les poils des sourcils vienne un peu critiquer s'il l'ose). Alors la moindre des choses serait de respecter ces efforts comme nous nous respectons (plus ou moins selon la dose de mauvaise foi) que vous avez trouvé le bonheur.
20:16 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, célibat, coup de gueule
09.10.2008
Je suis "spéciale"
Ou plus exactement: « accroche-toi parce qu'elle a l'air spéciale » furent les mots exacts qu'une collègue m'ayant aperçu à peine une demi journée a transmis à une autre collègue. Passées les premières étapes de rage et de haine, les envies de prendre par les cheveux cette connasse qui ose parler de moi ainsi et de l'attacher nue à un poteau englué de miel et de la laisser se faire bouffer par les fourmis rouges, passée cette étape donc, j'ai réfléchi.

Car oui, nous les filles « spéciales » nous fonctionnons ainsi. Tout d'abord nous nous énervons, puis nous courons inconsidérément 30 fois dans une pièce avec les bras en l'air et en poussant des cris déments afin d'évacuer la rage qui nous habite. Ensuite seulement, nous pouvons nous poser autour d'une tasse de café, mettre nos lunettes d'intellos, et déclarer posément: « au final, je préfère être spéciale qu'être une connasse banale qui se la pète comme toi. »
Bon. Dans la vraie vie, je n'ai bien entendu pas tenu ces propos à la dite collègue. Je me suis contentée de ne pas lui adresser la parole et de mettre en garde tous les gens que je croisais pour les prévenir qu'ils avaient affaire à une belle connasse. Oui je sais, ça fait trois fois que j'utilise ce mot alors écoutez, je vais le dire encore trois fois et ensuite me calmer. Connasse. Connasse. Connasse. Là. Ça va déjà vachement mieux. Vous trouvez que je réagis comme une folle ? Normal, je suis « spéciale », ne l'oublions pas. Alors chers lecteurs, voici pour vous en direct une liste de mes petites « spécialeries » pouvant aller de la charmante petite manie jusqu'aux choses qui pourraient m'envoyer tout droit dans une jolie maison blanche avec des murs matelassés et une chemise qui s'attache dans le dos.
Tout d'abord, je suis obsessionnelle. Ça me direz-vous, on l'est tous un peu. C'est vrai, mais il arrive un stade ou ça devient tout de même assez handicapant. Quand quelque chose me travaille, je vais le faire tourner en boucle dans mon petit crâne allumé jusqu'à ce que l'échéance qui m'inquiète arrive. Ça peut être pour le taf, pour un mec, pour n'importe quoi. Dans mon état normal, j'arrive plus ou moins à le cacher. Enfin non, mais pour me rassurer on dirait que oui. Par contre, quand je suis bourrée,c'est tout de suite vachement plus dur. Certes on est pas bourré tout le temps me direz vous, mais quand on est « spéciale » comme moi ça arrive souvent. Oui, je répèterai ce mot jusqu'à ce qu'il ne veuille plus rien dire, c'est mon côté obsessionnel. J'ai par exemple des souvenirs honteux de soirées où j'ai répété à ma malheureuse victime des heures durant que « mais non tu comprends la nouvelle star c'est pas comme la star ac, c'est plus une radio crochet quoi ». Réflexion pouvant paraître vaguement pertinente quand on vous la dit une ou deux fois, mais à la 426ème écoute, ça commence de devenir pénible.
Ensuite, je suis parano. Bon. Encore un comportement qui affecte les trois quart de l'humanité me direz-vous. C'est pas faux, et je ne rentrerais pas trop dans les détails de ma paranoïa pour éviter la fameuse maison toute en blanc. Mais ma paranoïa interfère tout de même dans ma vie de tous les jours (surtout celle des autres en fait) quand par exemple je vais me jeter sur un groupe de gamins qui ne faisaient rien de mal que de rigoler entre eux pour leur brailler « pourquoi vous rigolez ?? Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça y'a rien de drôle !! » et de partir en lançant des regards furtifs aux pauvres mômes traumatisés voir si quand même ils se foutraient pas de ma gueule en douce. Ça peut m'arriver aussi d'agresser une petite vieille dans la rue en lui postillonant « ça suffit maintenant j'ai pas d'argent !! » alors qu'elle s'apprêtait juste à me demander son chemin.
Pour finir (ouah je gère trop bien les trois parties avec les petits mots de liaison, on sent la littéraire.) Pour finir donc, je suis hypocondriaque. Ah, qu'ils sont chiants ceux de notre entourage qu'ils croient qu'ils vont mourir à la moindre fièvre. Chez moi, cette perturbation mentale arrive par cycle (et NON ça n'a rien à voir avec les règles !!! Comment ça vous avez rien dit ? Oubliez pas que je suis parano moi !) C'est à dire que pendant des mois, tout ira bien, et soudain je vais disjoncter. Il faudra tout de même reconnaître que dans ma psychose, je fais preuve d'une grande résignation et d'un profond courage. Ma famille ou mes amis ont l'habitude de m'entendre déclarer: « je sais que cette migraine est en fait une tumeur maligne... mais t'inquiète pas. Si je meurs je te laisserai ma DS». Ou alors « tu sais, si un jour j'ai un accident et que je me retrouve transformée en légume, c'est à toi que reviendra l'honneur de me débrancher. » Certains n'apprécient guère, d'autres ont développé une certaine philosophie sur mes hystéries ponctuelles. La meilleure fois aura sans conteste été ce jour où j'étais sûre de m'être crevé un rein avec un côte après une chute car j'avais « les urines rouges. ». Bon pour le coup, j'avais juste mes règles. Il arrive seulement que parfois j'oublie juste cette partie de la féminité. (oui oui vous pouvez rire, j'ai coupé le mode parano)
Toujours est-il qu'aussi folle, « différente » ou « spéciale » que je sois, ces gros légers défauts constituent ma personnalité, et les années passant, j'ai appris à les aimer. Alors oui, c'est sûr, je ne plais pas à tout le monde. Mais je me plais à croire que ceux qui restent, qui passent au delà des couches successives de ma bargitude sont ceux qui me voient telle que je suis, et par là même ceux qui méritent d'être mes amis.
19:47 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : spéciale, folle, hypocondriaque, fourmis rouges, parano, folle et fière de l'être
28.09.2008
Génération Peter Pan
Le syndrome de Peter Pan (parfois nommé complexe de Peter Pan) caractérise les enfants angoissés par l’idée de grandir et les adultes socialement immatures. « Choisir une vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de grosse télévision. »
Devenir adulte, en quelque sorte. Dans ce monologue de Danny Boyle qui a fait le tour du monde se reflète l’angoisse qui est celle de toute une génération. Chez les trentenaires d’aujourd’hui, on entend souvent parler de “nostalgiques”, “d’adulescents”, bref, d’adultes qui ne s’assument pas et cherchent désespérément des repères dans le monde de leur enfance ou les mondes virtuels. J’ai entendu tous les qualificatifs pour définir cet état qui pourrait être générationnel : “génération sacrifiée”, “génération perdue”, “génération Y”, “Génération Peter Pan.” Et en effet, qui mieux que Peter Pan pourrait représenter cette fuite devant l’âge adulte ? Cet enfant éternel qui considère ceux qui grandissent comme des traitres, qui voudrait rester pour toujours un petit garçon et toujours s’amuser ? 
Certains comme Dan Kiley, ont été jusqu’à prêter ce nom à un syndrome, comme si vouloir garder l’enfant en soi était une maladie. Il existe même des sites qui traitent de cette “maladie”, ils mettent en garde les parents contre leurs enfants qui refusent de grandir, ils expliquent à certaines femmes que leur maris sont gravement malades. Ce qui me dérange un peu, c’est que j’ai l’impression de me reconnaître dans chacun de ces symptômes, ainsi que les trois quarts des gens que je fréquente. Donc de deux choses l’une, soit nous sommes tous barges, soit il faut accepter que cette maladie n’en est pas une, tout au plus un phénomène générationnel. Pour moi, un adulte qui a toujours sa DS dans son sac n’en reste pas moins un adulte et une personne à qui on peut confier des responsabilités.
Alors comme je ne peux pas parler pour toute une génération, je peux au moins parler pour moi. Oui c’est vrai, je connais par coeur tous les génériques des dessins animés des années 80. J’ai grandi avec Jayce et les cités d’or, j’ai mille fois rêvé d’aller avec Arkana sauver le shagma ou de rentrer dans la bulle bleue de Clémentine. Mais voilà, un jour, il a fallu grandir. Il a fallu choisir. La réalité a surgit devant nous comme un diable sort de sa boîte. Du jour au lendemain ou presque, notre enfance était terminée. Je fais partie de ceux qui ont refusé pendant longtemps de passer ce cap. Traîner la patte pour trouver un boulot ou un appart, ou même attendre presque 30 ans pour passer le permis. Et pourtant…
Etre adulte, je n’aspire qu’à ça. J’aimerais moi aussi avoir des rêves simples, prendre un crédit sur 25 ans, avoir pour seule angoisse la taille de l’écran de mon futur home cinéma. Oui mais malheureusement, tout n’est pas aussi simple. Est-ce que le nombre d’hectare de notre future maison ou les trois enfants qu’on planifie d’avoir détermine notre capacité à être adulte? Etre adulte revient-il à oublier ce qu’on a été quand on était enfant ? J’ai beau avancer dans le temps et souffler bougie après bougie, j’entends toujours la voix d’une gamine qui me demande où sont passés mes rêves d’enfant. Que ce n’est pas comme ça que je m’imaginais à 30 ans. Peut-être, comme Peter Pan, j’aspire à encore un peu de cette enfance, de ce temps de l’insouciance dont on m’a tiré brutalement pour remplir mon rôle dans la société. Car dans notre monde, pas de place pour un Neverland ou des fées capricieuses. Ici, les enfants perdus n’ont d’autre choix que de grandir tant bien que mal, remplaçant souvent les jeux avec les indiens contre d’autres bien plus violents.
Et même si, pour écrire cet article, je me suis plusieurs fois retrouvée au bord des larmes en voyant les images des dessins animés ou des histoires de mon enfance, je ne voudrais pour rien au monde renier cette partie de moi. Même si ça me fait passer parfois pour une gamine, une femme-enfant, quelqu’un qui a peur de «sauter le pas» vers l’âge adulte, je ne voudrais pour rien au monde renier cet héritage qui est à la fois notre passé et notre culture. Car je crois sincèrement que l’on peut devenir adulte et assumer ses responsabilités sans renier cette part d’enfant que nous avons tous en nous. Si après tout, devenir adulte ce n’était pas changer du tout au tout, mais juste endosser un nouveau rôle, ajouter une étape de plus à ceux que nous sommes déjà ?
13:49 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : génération, syndrome, peter pan, enfance, nostalgie
Faut-il avoir honte d’être français ?
Quand j’étais ado, je trouvais qu’être française, ça « craignait trop grave sa reum ». Quand on me posait une question sur mes origines, j’extrapolais vaguement sur le passé de ma famille en me prétendant Algérienne ou juive selon les cas, italienne ou espagnole les jours où je me sentais plutôt Européenne.



C’est l’avantage d’
avoir un physique méditerranéen : selon le niveau de bronzage on peut passer pour être originaire d’à peu près n’importe quel pays du Sud. Et force est de constater que ça marchait. Les maghrébins me considéraient immédiatement comme l’une des leurs, allant parfois jusqu’à me parler en arabe (ce qui soit dit en passant me foutait bien dans la merde parce que mes connaissances dans cette langue se limitent à savoir dire « t’as pas une clope? » en dialecte Oranais). Ça faisait aussi son petit effet sur les mecs : ça fait toujours classe de dire qu’on sort avec une espagnole ou une séfarade.
Le fait est que, malgré de vagues origines remontant à mes arrières arrières grands-parents, je suis belle et bien française. Mais alors, pourquoi en avoir honte? Qu’est-ce qui est moins digne dans le fait d’être française que dans celui d’être Russe ou Africaine? Est-ce qu’il vaut mieux venir d’un pays du tiers-monde pour comprendre ce qu’est la souffrance ? Ou vaut-il mieux avoir dans ses veines l’exotisme des pays du Nord pour faire fantasmer les hommes ? Cette idée me laisse aujourd’hui dubitative. Pourquoi aurais-je honte d’être française quand les autres sont fiers de leur pays ?
Combien de fois n’ai-je pas entendu des ados de la 3ème voire 4ème génération se proclamer fièrement marocains ou tunisiens alors qu’ils ne parlent pas un mot d’arabe et ne savent que très vaguement situer l’autre côté de la méditerranée sur un planisphère ? Pourquoi est-il plus « cool » d’être algérienne que française? Il suffit de se rendre dans quelques pays alentour pour se rendre compte que cette honte de la nationalité de naissance est rare voire inexistante ailleurs.
Au Canada, en Angleterre, aux Etats-Unis, on chante l’hymne de son pays à l’école tous les matins. Alors je vous l’accorde, la Marseillaise n’est pas la chanson la plus douce que je connaisse, mais elle fait néanmoins partie de notre patrimoine et de notre histoire. En quoi est-il plus humiliant de brailler sur un stade de foot « allons enfants de la patrie » que « god save the queen? »
Certes, les français ont leurs défauts. Nous sommes indisciplinés, nous avons la réputation d’être sales et sans gêne, mais est-ce qu’on ne peut pas appliquer ces qualificatifs à d’autres touristes en goguette sur nos plages? J’ai plusieurs fois entendu dire qu’être français ça craignait parce que la France est un pays raciste. Encore une fois, je reste perplexe. Nous avons toujours eu une politique d’immigration parmi les plus souples en Europe (voire dans le monde), nous sommes l’un des pays européens qui pouvont le plus nous vanter de cette mixité ethnique qui fait à la fois notre fierté et notre richesse, et nous avons souvent ouvert nos frontières aux immigrés. Bien sûr, on en connaît les raisons ; la France avait besoin de main-d’œuvre et ces immigrés ont souvent déchanté devant la réalité. Pour beaucoup, le rêve français s’est rapidement brisé comme le rêve américain…
Mais est-ce que pour autant nous sommes un pays fasciste ? Quand je vois certains de nos pays voisins (sans viser personne bien sûr), je pense qu’il faut parfois aussi considérer la poutre dans l’œil du voisin. Alors oui c’est vrai, depuis quelque temps Brice Hortefeux vient foutre en l’air mon bel argumentaire. Mais est-ce qu’on doit accabler un peuple à cause de son gouvernement ? Tous les américains sont-ils des bêtes assoiffées de sang irakien qui veulent tous aller combattre l’axe du mal, ou est-ce juste l’œuvre d’un seul homme et de quelques uns de ses suiveurs? Car je suis peut-être encore naïve de croire que nous sommes toujours en démocratie et que ceux qui pensent différemment ont le droit de s’exprimer.
Et maintenant que j’ai un peu vieilli, je n’ai plus aucun complexe à dire que j’aime la France, pour ses paysages certes, mais aussi pour certaines valeurs qu’elle a toujours su véhiculer, que ce soit la laïcité, les droits de l’homme ou un certain désir d’égalité. Je sais que ces valeurs sont loin d’être toujours respectées , mais encore une fois j’aime à croire que certaines personnes y sont encore attachées et se battront pour les faire respecter. Il y a sans doute mieux ailleurs, mais n’oublions pas qu’il y a bien pire aussi. Car il n’empêche que le pays dans lequel on grandit, et ce quel qu’il soit, forge en partie notre culture, nos connaissances, nos valeurs et nos mœurs.
Et dévaloriser son pays ne revient-il pas finalement à se dévaloriser soi-même?
13:44 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : france, française, honte, chauvinisme, fierté
Si t’es fier d’être parisien(ne)…
Ah ! Paris… Paris capitale culturelle, ville lumière. Paris qui ne dort jamais, Paris et ses quais aux soleils couchants, Paris la belle, Paris l’éternelle…
Ou du moins, telle a été la vision de Paris que mes yeux énamourés de provinciale ont connu pendant un temps. Pourtant, après une décennie parisienne, l’émotion s’émousse un peu et on commence à se demander si finalement nos parents n’avaient pas raison et si les habitants de la capitale ne ressemblent pas un peu aux clichés dont on les affuble régulièrement… et puis aussi si on est pas devenus un peu comme eux. Voici donc mon enquête exclusive sur la vraie vie des parisiens.
Cliché N°1: Les parisiens sont querelleurs.
Mardi, 18h, piscine municipale du ** arrondissement. Bonnes résolutions et mort à la cellulite, ça y est c’est décidé je vais enfin à la piscine. En plus pour une fois j’ai pile la monnaie pour payer le ticket. Mais soudain, arrivée devant le vestiaire, c’est le drame… « Depuis quand faut-il une pièce de 50 centimes pour aller à la piscine? » Pensais-je tout haut. « Depuis toujours », me répond une parisienne énervée. Enfin, une parisienne quoi. Je me dirige courageusement vers la caisse pour exposer mon problème avec toute la courtoisie dont je suis encore capable après une journée de taf.
Après tout je viens d’acheter mon ticket, donc la caissière aura donc forcément de la monnaie et pourra bien me rendre ce petit service. Après un quart d’heure de parlementation et de morale sur le fait qu’il faut TOUJOURS avoir une pièce de 50 centimes sur soi quand on va à la piscine, je désespère et commence à penser que soit elle vient de se faire braquer sa caisse soit qu’elle bouffe toutes les pièces de 50 centimes qu’on lui donne.
C’est alors qu’arrive Johnny Depp, ou du moins son sosie, qui vient présenter la même requête que moi à la caissière récalcitrante, muni de son plus beau sourire. Ni une ni deux, cette traîtresse lui met la pièce tant convoitée dans les mains. Sous mon regard glacial, elle n’a d’autre choix que de me tendre le saint-graal qui me permettra enfin de batifoler gaiement dans les flots chlorés. Je finis donc par arriver dans l’eau, tout de même un peu échauffée. Pauvre innocente que je suis, je me lance joyeusement dans le couloir « nageur rapide ». Au bout de la 4ème griffure d’ongle de gros orteil et du 15ème coup de coude, je me décide à aller chez méméland où au moins on me foutra la paix. Et pour exprimer mon mécontentement, je me fraie un chemin à grands coups de pied pour éliminer tout être humain qui ose croiser mon chemin. La prochaine fois, je ferai des abdos chez moi.
Cliché N°2 : Les parisiens sont malpolis
Mercredi, 14h27, station vélib de Montparnasse. Ça fait un quart d’heure que je bataille avec mon pass navigo : impossible de retirer un vélo. J’y comprends rien, j’ai pourtant payé mon abonnement en mars. Oui je sais on est en juin et je m’en suis pas encore servi, mais c’est pas ma faute si à Paris les hivers se terminent le 18 août pour reprendre le 20 septembre. Après plusieurs essais infructueux, je décide d’aller retirer un vélo à la borne et de perdre un euro par la même occasion (m’en fiche maintenant je vais économiser sur la piscine). Le temps de faire les manipulations nécessaires, les vélos de la borne se vident petit à petit. Une certaine fébrilité commence à m’envahir, il ne reste plus qu’un vélo (enfin si on excepte celui qui a déraillé et celui dont la roue forme un angle inquiétant avec le cadre.) Je tape mon code de carte bleue à toute allure quand enfin, la station vélib me propose de retirer le vélo 12. C’est là que les choses se gâtent. Comme dans un mauvais film d’horreur, tout se met à ralentir. Mon doigt s’avance vers la machine. Dans le coin supérieur gauche de mon champ de vision, j’aperçois une femme qui me lance un regard venimeux. Je tape le numéro du vélo pendant qu’elle sort son passe navigo. La panique m’envahit. Je voudrais crier « il est à moiiiiiii » mais trop tard, la femme dans un ultime plongeon a appliqué son passe sur l’attache du vélo. J’entends le petit « clic » caractéristique avant d’avoir eu le temps de valider. En me lançant un regard de triomphe, elle s’éloigne à grand coup de pédales. Elle a même l’audace de m’adresser d’un ton suave « c’est pour ça qu’il faut s’abonner ! ». Je m’apprête à lui rétorquer « Mais je suis abonnée connasse !!! » ; peine perdue, elle est partie et ma dernière chance d’arriver à mon rendez-vous à l’heure avec elle. La prochaine fois, je prendrai le métro.
Cliché N°3 Les parisiens sont partout !
Samedi, 20h33, dans le marais. C’est le week-end, youhou! Je vais au resto avec des copines pour fêter ça. L’intention est bonne, sauf qu’il est apparemment impossible d’y trouver une place pour manger à 3. Au bout de plus d’une heure d’errance, on finit au mac do des halles… La prochaine fois j’irai au ciné. (s’il reste des places…)
La même soirée, 00h48, aux halles. Je commence à être sérieusement bourrée et je vois tout en double, n’empêche que ça fait quand même beaucoup de monde dans les rues. Au bout de 3 boîtes pleines et de 2 refus pour « mauvaise tenue », on finit par atterrir dans un bar/boîte glauque avec 3 pelés ivres mort au comptoir. C’est tellement sordide qu’on ose même pas danser. Il ne nous reste plus qu’à aller faire 2 heures de queue à la borne de taxi en évitant les alcooliques et les transsexuels agressifs. La prochaine fois… Je resterai chez moi et je regarderai la star ac!
13:40 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, parisienne, provinciale, clichés
Le reste du monde et moi
La politique, moi, c’est pas mon truc. A vrai dire, j’ai du mal à suivre l’actualité, et dans les discussions éclairées des trentenaires sur ce qui se passe dans notre monde, j’ai généralement tendance à acquiescer version chien à l’arrière des voitures. Et quand on me demande mon opinion, je botte en touche plutôt que de dire une connerie. Pourtant des opinions, j’en ai, et de parfois un peu trop tranchées.
Mais voilà je m’embrouille sur les noms des politiques, voire des pays, j’ai toujours un train de retard sur les guerres en cours et je ne parle même pas des sueurs froides qui m’envahissent quand la discussion arrive sur le sujet toujours brûlant du conflit Israëlo-Palestinien, que je devrais pourtant maîtriser sur le bout des doigts depuis mes années lycée.
Alors, pour combler le vide astral de ma culture géopolitique, j’essaie parfois de regarder les journaux télévisés. J’essaie par là de me déculpabiliser et de combler mon retard. Et à chaque fois que je tombe sur le visage neutre d’un de nos présentateurs de JT, je me rappelle POURQUOI je ne les regarde presque jamais. Donc aujourd’hui, pleine de motivation, je m’installe devant le journal de 13 heures voir tout ce que j’ai raté d’important ces dernières semaines. Mais rien qu’à regarder les titres, j’hésite à zapper sur les Simpson…
Sous mes yeux ébahis, j’apprends qu’il y a eu une avalanche dans un bled paumé dont personne ne connaît le nom, que les passagers d’un Eurostar ont mis 12 heures à faire Londres-Paris, que la nouvelle feuille d’impôt va arriver et que les victimes de pédophilie s’excusent auprès des prêtres pervers….
Au bout de 5 minutes, je trouve quand même qu’il y a une couille dans le pâté. Sans m’attarder sur la colère noire dans laquelle me plonge la vision d’adultes se répandant en excuses auprès de Ratzinger pour s’auto-flageller du mal qu’on leur a fait, je me pose tout de même une question.
Et l’international dans tout ça? Alors oui c’est vrai Aimé Césaire est mort mais force est de constater que même si la Martinique c’est loin, ça reste encore la France que je sache. Par contre la bande de Gaza où les gens qui crèvent au Darfour, apparemment tout le monde s’en fout. Il faut attendre le 5ème sujet pour que l’on parle un peu d’international, et encore il s’agit des émeutes anti-français en Chine. Donc finalement, ce n’est jamais que de notre égo malmené dont on parle . Bien sûr pas un mot sur le Tibet non, tout ce qui compte c’est d’être choqué par des chinois en colère qui oseraient boycotter notre Carrouf national.
Donc là, je m’interroge. Est-on fatigué d’entendre parler des gens qui crèvent par delà nos frontières? Où est-ce que, pendant les longues semaine durant lesquelles je n’ai pas suivi l’actualité, on aurait annoncé la paix dans le monde et que j’aurais raté ça? Pourtant il suffit de regarder la une de n’importe quel journal pour se rendre compte que des enfants se font toujours étriper à l’autre bout du monde. Mais peut-être que l’autre bout du monde, ça ne nous intéresse plus tant que ça…
Par mon métier, je suis obligée d’être au courant de ce qu’on enseigne à l’école, et sans vouloir faire de l’anti-sarkosysme primaire, je constate que les programmes se resserrent de plus en plus sur la France, et que ce fameux « reste-du-monde » va devenir une vague notion que l’on enseignera plus par omission que par réelle volonté d’apprendre.
Je ne cherche pas ici à condamner l’opinion publique, puisque je suis la première à ne pas m’intéresser assez à ce qui se passe dans notre monde. Mais justement, est-ce que ce n’est pas le rôle des médias d’informer la masse inculte et apathique? A quoi servent les journaux télévisés s’ils n’ont pas la décence de nous avertir de ce qui se passe à nos portes, de l’autre côté de la méditerranée ou de l’océan? Est-ce toujours à nous de devoir aller chercher l’info par nous même, de devoir trier la vérité de l’intox? Certes, c’est faisable quand on en a les moyens et la culture nécessaire, mais quid des autres?
Je sais bien que la télé n’est pas là pour faire de nous des individus réfléchis, mais je trouve inquiétante la mouvance actuelle qui tend à apprendre à nos enfants jusqu’en CM2 que nous vivons dans un pays beau et merveilleux, qu’effectivement il y a d’autres pays autour de nous mais que connaître ce qu’y s’y passe reste tout à fait facultatif.
Alors voilà, je râle. Je n’ai pas de solution, à peine quelques bonnes résolutions que je peine à tenir: aller sur le lemonde.fr dès que possible, regarder les journaux avec un œil critique et alerte, et aller chercher moi même les infos avant d’abreuver nos élèves d’informations tronquées et nationalistes, mais pas toujours dans le bon sens du terme.
Et vous, quel est votre rapport aux médias actuels? Géopoliticienne avisée ou comme moi noyées dans la masse?
13:25 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : information, journal, télé, actu




