29.10.2009
Haibane Reinmei
Il existe un village, un endroit hors du temps. On dit qu'il y longtemps, les Haibane se sont évadées de la tête de Dieu, et que ne pouvant les faire vivre sur Terre, il aurait créé un village pour elles. Un village hors du temps, hors du monde, protégé par un mur.
Car ici bas où nous vivons, pas d'auréoles. Nos chagrins ne savent pas noircir nos ailes. Nos douleurs passent inaperçues comme passerait inaperçu un cocon s'il venait à éclore.
J'aimerais rien qu'une fois goûter au calme et au silence qui emplit le village par delà le mur. Le rien. Le vide. Le calme.
Là-bas, pas de cauchemar.
Là-bas, personne ne court à en perdre haleine pour donner un sens à sa vie.
Là-bas, les anges peuvent s'asseoir sur l'herbe et regarder le vent faire tourner les éoliennes.
Mais ici-bas, les hommes courent. Je crois que je ne comprendrais jamais leur attrait pour le danger, pour ce frisson qu'ils nomment "l'excitation"
Je me demande si d'autres comme moi préfèrent le silence.
Et puis le rien.
La douceur des journées où rien ne se passe.
Rien.
Pas d'enjeu. Pas de peur.
Je voudrais être dans le village où l'on a pas besoin de « faire » pour exister. On est. Et puis c'est tout.
Je me sens enfermée du mauvais côté du mur. Le côté où on est libre, c'est le côté où le danger guette à chaque instant.
C'est le côté où les cauchemars viennent envahir l'esprit.
Mais de l'autre côté... de l'autre côté du mur, nos ailes pourraient se déployer. On pourrait passer des heures à regarder le vent s'engouffrer dans l'herbe et entraîner les oiseaux par delà le mur.
On pourrait sentir l'hiver arriver d'un coup et nous piquer les narines.
D'où qu'on soit, on pourrait voir le mur.
Le mur qui protègent ceux qui n'ont pas su réussir leur première vie.
Le mur qui laisserait les cauchemars hors d'atteinte.
Je ne veux pas courir. Je n'ai pas besoin d'adrénaline pour me sentir exister.
Le monde qui m'habite est assez dense pour moi et ceux qui veulent y rentrer.
Rien qu'un fois, je voudrais aller voir le village où vivent les haibane. Le village où la vie n'attend rien de nous.
Le village du calme.
Le village du silence.
Le village du rien.
09:47 Publié dans Coup de blues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anime, manga, haibane reinmei
28.11.2008
A toi #2
Ce texte fait suite à celui-ci, j'ai repris l'idée de Marie-Laetitia d'aprofondir mon sujet...
Dans la lumière sombre et bleutée de cet après-midi calme, pas un bruit ne filtre.
Rien.
Rien que moi. Le silence. Le goût du café sur mes lèvres.
Et ton absence qui résonne en moi comme résonnent encore dans ma tête les cris dans les couloirs de l’hôpital.
Combien de temps cela fait-il maintenant ? Un mois ? Un jour ? Un an ?
Cela m’importe peu.
La douleur de ton absence efface en moi toute notion du temps. Toute rationalité.
Je me dirige vers la fenêtre et je touche le rideau épais. Je n’ai même pas la force de l’ouvrir pour voir la lueur du jour. Alors je rallume une cigarette et je regarde la fumée bleue étirer ses volutes et s’écraser sur le velours sombre.
Parfois, tu sais, je me dis que l’enfant sauvage en moi existe encore. Une partie de moi reste cette petite fille farouche au regard noir. Inadaptée. Insoumise. Quand je pense à elle, et quand je pense à celle que je suis devenue, je me demande ce qui a bien pu arriver. Dans quelle faille je suis tombée. Je me demande parfois si depuis ta mort, je ne suis pas morte aussi. Si l’étincelle au fond de mes yeux sombres n’a pas été engloutie sous des milliers de larmes.
Dans la lumière sombre et bleutée de cette après midi calme, j’entends au loin des cris d’enfants.
Ouatés.
Comme dans un rêve.
Pourtant ici, il n’y a rien.
Rien que moi. Le silence. Le goût du café sur mes lèvres.
Et un autre goût amer. Celui qui me souffle qu’aucun de ces enfants n’est toi.
Tous ces enfants normaux, éclatants de santé, aucun n’est celui qui tu aurais du être.
Toi, l’enfant de mes nuits. L’enfant de mes chagrins.
Jamais tes petits pieds n’auraient pu courir pour rejoindre les autres enfants.
Jamais tu n’aurais pu te lever pour te jeter dans mes bras.
Jamais tu n’aurais sauté, dansé, joué comme le font tous les autres enfants.
Parfois, je me dis que je devrais les haïr. Détester ces enfants si beaux, si parfaits.
Mais à quoi, bon puisqu’aucun n’aurait été toi.
Alors je reste ici. A boire café sur café. A fumer cigarette sur cigarette. Les heures s’écoulent, le temps passe. Mais moi je reste ici.
Parfois, tu sais, je me revois enfant. Petite, j’étais timide. Renfermée. J’ai toujours senti qu’il me manquait quelque chose. Ou quelqu’un. Comme une plaie ouverte. Je m’imaginais souvent qu’un ange viendrait m’emmener. Je pensais que si je fermais les yeux très fort, mon dos s’ouvrirait et des ailes y pousserait. Comme ça je pourrais m’envoler et partir à la recherche de ce qui n’était pas là. Et quand j’ai su pour toi, j’ai cru que ça y était. Que mon attente était terminée. Qu’on m’avait enfin envoyé l’ange qui devrait veiller sur moi.
Dans la lumière sombre et bleutée de cette après-midi calme, pas un bruit ne filtre.
Sous le silence feutré des rideaux lourds, je suis seule et j’attends.
J’attends que passent les heures.
J’attends que passe la douleur.
J’attends que passe ce foutu mois de novembre et les jours qui l'accompagnent.
J’attends ce jour où je n’aurais plus à penser à toi.
Ce jour où ton absence, le remord et la culpabilité qui me rongent cèderont la place à d’autres espoirs. Une autre vie. D’autres enfants peut-être.
Mais pour l’instant, je pense à toi.
L’enfant qui n’aurait pas été comme les autres.
L’enfant qui aurait été le mien.
Toi, l’enfant qui ne connaîtra jamais le mois de novembre et ses lueurs sombres.
Je porterai ton souvenir en moi bien après l’hiver.
07:34 Publié dans Coup de blues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fiction, maternité, enfant, dépression, mélancolie, automne
22.11.2008
A toi
Pour dissiper tout malentendu, je tiens à préciser que ce texte est une FICTION.
Je marche depuis des heures dans le froid glacé de l’automne. Sous mes pas mal assurés, les feuilles mortes crissent et laissent des traces de rouille sur les pavés parisiens. Mes larmes ne coulent plus depuis longtemps. Ou peut-être se sont elles transformées en cristaux glacés que mes joues desséchées n’arrivent plus à sentir.

Cela fera bientôt un an.
Derrière moi, j’entends tes petits pas courir dans les feuilles mortes. J’entends tes petites mains les ramasser pour les collectionner et me les offrir avec un sourire démesuré. Puis j’entends ton pied qui glisse et qui dérape. Je me retourne pour t’aider, mais derrière moi le parc est vide. Seuls quelques oiseaux me regardent d’un air hagard. Le vent soulève les feuilles.
Cela fera bientôt un an.
Je reste figée au milieu du parc. Seule. Mon ventre me paraît encore douloureux. Il est étrange que mon corps porte encore en lui la trace de cette absence que mon esprit n’arrive même plus à appréhender. Il faudrait que je me retourne, que j’avance. La nuit va tomber. Il faut aussi que je pense à lui. Il va finir par s’inquiéter.
Cela fera bientôt un an.
Mes bottes claquent sur les pavés. Seul ce rythme lancinant produit par mes pas me rappelle que je suis en vie. Je passe devant un café, celui dans lequel lui et moi allions souvent au début de notre amour. Sans trop savoir pourquoi, je pousse la porte.
Cela fera bientôt un an.
Dans le bar, il n’y a que moi qui suis seule. Partout, des couples, des familles. Je regarde dans la vitre. Je te vois. Tes petites mains tentent de s’agripper au bol de chocolat chaud. Tu veux boire tout seul. Tu veux toujours tout faire tout seul. Ton sourire qui chavire mon cœur s’étend enfin quand tu arrives d’un bras tremblant à boire ta première gorgée de chocolat. Je te regarde, fière comme toutes les mères. Comme la plus heureuse de toutes les mères.
Cela fera bientôt un an.
Mon téléphone sonne pour la troisième fois déjà. C’est lui. Il s’inquiète. Il a peur pour moi. Toujours. Lui aussi a le cœur gros, je le sais. Je devrais pouvoir lui en parler, me blottir dans ses bras, me laisser réconforter par sa chaleur et son amour. Mais je ne peux pas. Car où que mes pas me portent, où que j’aille, tu es là. Toi, l’enfant idéal. L’enfant parfait. L’enfant qui n’est parfait que parce qu’il n’a vu le jour que pour le quitter aussitôt. Toi, l’enfant de mes nuits et de mes douleurs.
Cela fera bientôt un an.
Les anniversaires, les heurts, les chagrins et les je t'aime. Tout ça, tu ne le connaîtras pas. Toi qui ne connaîtras jamais la lueur de novembre. Toi qui ne joueras jamais avec les feuilles mortes, les premières neiges, les premiers boutons d’or. Toi qui ne sentiras jamais le soleil brûler ta peau, le sable te réchauffer et la mer bercer doucement tes plus belles rêveries. A toi que je n’ai pas connu, que je n’ai même pas eu le temps d’aimer, ni de serrer dans mes bras. Toi, mon enfant mort.
Toi, mon enfant parfait.
17:00 Publié dans Coup de blues | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : fiction, maternité, enfant, dépression, mélancolie, automne
28.09.2008
A l’absent
07h03. Le réveil a sonné plusieurs fois déjà. Dehors, il fait encore nuit. Je m’étire et je frissonne dans le petit matin de novembre. Au dehors, tout est calme. Seul le tic-tac régulier de mon réveil me rappelle que je ne dors pas, que bientôt il faudra se lever et affronter l’aube froide. Je tourne et me retourne dans mon lit à la recherche d’un peu de chaleur. J’étend mon bras, et du bout des doigts je caresse l’oreiller. Ma main glisse sur des draps lisses et froids. A l’autre bout de mon lit immense, tu n’es pas là.
12h 25. Pendant la pause déjeuner, la salle est toujours aussi bruyante. Les gens parlent de politique, d’éducation. Il y a une guerre là bas, à l’autre bout du monde, le petit dernier arrive à manger tout seul maintenant, il paraît que bientôt, la pluie va s’arrêter de tomber. A l’autre bout de la salle, une fille est suspendue à son téléphone. Son sourire s’étend jusqu’aux oreilles. Elle parle avec lui. Elle l’appelle chaque jour et lui raconte tout, de ses petites désillusions quotidiennes jusqu’aux rares joies qui lui permettent d’avancer. Elle sait que ce soir, il sera là.
En rentrant, elle pourra sauter dans ses bras, l’embrasser avec ardeur ou bien simplement s’assoir près de lui et serrer sa main brûlante contre la sienne. Ce soir, à son tour il lui racontera ses échecs et ses colères, et puis les moments où il s’est senti capable de soulever des montagnes. Ensemble, ils se sentiront bien, aimés, remplis de force pour affronter les jours heureux et les moments difficiles. Je sors mon téléphone de ma poche. Sous mes doigts immobiles, mon écran reste noir.
Les minutes s’égrainent, passent les heures, les jours et les semaines. Mais toi, tu n’es pas là.
18h40. De retour à la maison. Je me sers un verre, j’appuie ma tête sur le canapé. Je repense à une anecdote qui m’a fait rire aujourd’hui, à tout le travail qu’il me reste encore à faire pour demain. Je tourne la tête comme pour te parler, mais dans mon salon désert il n’y a rien. Rien que moi et mon ordinateur, quelques livres ouverts et en bruit de fond la télé qui s’anime. Tu n’es pas là.
21h48 : Le restaurant est plein à craquer. Partout, les gens parlent et rient fort. En face de moi, les couples s’embrassent, leurs mains caressent leurs mains et leurs regards se frôlent. Je sens comme un vide en moi. Même parmi ceux que j’aime, même noyée dans la foule, il me manque toujours quelque chose. A côté de moi, la chaise est vide.
Les minutes s’égrainent, passent les heures, les jours et les semaines. Mais toi, tu n’es pas là.
1h15 : Les aiguilles de mon réveil sont si lentes qu’elles me semblent tourner à l’envers. Je devrais dormir. Je devrais en être capable. Je devrais tenir, me convaincre que les lendemains sont encore pleins de promesses. Dans la rue des talons claquent sur le sol. J’imagine une autre fille rentrant seule, ses pas solitaires la ramenant vers une vie qu’elle ne comprend plus. Mais j’entends aussitôt son rire cristallin résonner dans la rue et la voix chaude d’un jeune homme se mêler à la sienne. Leurs pas s’envolent comme s’envolent les secondes de mes nuits blanches. Je tourne et me retourne dans mon lit. Je serai fatiguée demain. Et toi, tu ne seras pas là.
03h52: A quoi bon rester là des heures puisque je n’arrive pas à dormir. Je me lève et je marche vers la fenêtre. J’allume une cigarette et sa fumée fuit en volute vers le ciel noir comme fuient mes larmes quand je pense à toi. Toi qui n’est pas là. Toi qui n’est pas là pour me prendre dans tes bras. Toi qui n’est pas là pour me soutenir quand je flanche, ni pour me dire que je suis belle quand je n’ose même pas sortir. Je pense aux mots que tu devrais me dire, aux caresses que tu devrais me faire. Mais tu n’es pas là. Toi qui soi-disant m’attend quelque part, au détour d’une rue, ou peut-être dans un bar glauque qui sent la sueur et d’alcool au petit matin. Toi que je n’ai pas toujours pas rencontré. Ton absence me dévore comme me dévore le temps qui s’écoule, qui file entre mes mains sans que j’arrive vraiment à le vivre car chaque jour me remplit un peu plus de ton absence.
Les minutes s’égrainent, passent les heures, les jours et les semaines. Mais toi, tu n’es pas là.
13:45 Publié dans Coup de blues | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : absence, célibat, solitude, psy, à deux
Le droit à la tristesse
Soit plus positive, allez souris, c’est moche une fille qui pleure, fais pas couler ton mascara, arrête ou tu vas avoir les yeux rouges, franchement je comprends pas de quoi tu te plains tu as tout ce qu’il te faut dans la vie, y’en a quand même des plus malheureux, bah quoi tu vas avoir tes règles c’est ça?
A toutes ces phrases que j’entends presque au quotidien, je dis MERDE. Merde à cette société où il faut toujours aller bien, merde aux hypocrites qui en toute circonstance affichent un sourire figé digne d’un film de Lynch, merde aux soi-disant amis qui ne sont là que quand tout va bien. Parce que non, on ne peut pas aller bien tout le temps. Et des fois on est déprimé sans raison. Et on ne devrait pas avoir besoin que quelqu’un soit mort, de s’être fait plaquer ou d’avoir un cancer en stade terminal pour avouer qu’on est triste.
Dans un monde où l’on est sollicité au quotidien, où il faut se battre pour le moindre boulot, pour trouver un mec, des amis, une place assise dans le métro ou un restau pas complet le samedi soir, il faudrait en plus être toujours au top ? Il faudrait arriver tous les matins toute pimpante dans sa plus belle robe, le sourire rayonnant, le maquillage impec et un moral d’acier ? Hé bien non. Je réclame le droit d’être triste, déprimée, comme ça sans raison. J’ai le droit d’être fatiguée, de ne pas avoir envie de sortir ni de faire la fête.
D’ailleurs je réclame le droit de préférer rester chez moi jouer aux Sims 2 devant la nouvelle star plutôt qu’aller dehors pour rencontrer des gens, même si ça doit faire de moi une pauvre fille, célibataire de surcroît.
Parce que oui, il m’arrive d’avoir des coups de blues. Et quelquefois, je ne sais même plus pourquoi j’ai envie de pleurer. Avant, quand un coup de cafard me prenait, j’avais tendance à appeler la terre entière pour épancher ma peine. Mais après toutes les gamelles que je me suis ramassées, j’ai pris l’habitude de la fermer dès que ça ne va pas. Je ferme la porte de chez moi pour ne voir personne. Je ferme la porte de ma chambre pour ne pas avoir à me justifier auprès de mon colloc. Je ferme le clapet de mon téléphone pour ne pas avoir à affronter l’incompréhension de mes amis. Parce qu’apparemment quand on est adulte, on a plus le droit d’appeler ses potes juste pour leur dire qu’on se sent triste, comme ça sans raison. Parce que les gens sont très occupés, qu’ils sont toujours sur le point de dîner ou de changer la couche de leur marmot. Parce que eux au moins, ils ont de vrais problèmes.
Et au boulot, n’en parlons pas… Quelques soient les différents endroits où j’ai travaillé, c’est toujours le même scénar. La collègue arrive le matin, fraiche comme un gardon, et en voyant mes yeux de merlan frit (oui je file la métaphore poissonière), elle me demande d’un ton compatissant : « Tu as une petite mine ce matin qu’est-ce qui t’arrives? »..
Dans ces cas là, deux options s’offrent à moi.
Petit a) : je lui réponds la vérité et je vois dans ses yeux une lueur d’incompréhension voir de panique s’allumer, je peux presque lire dans ses pensées : « Merde pourquoi je lui ai posé la question j’en ai rien à foutre de sa vie je voulais juste être polie !»
Petit b) : je botte en touche, je lui donne une réponse attendue et satisfaisante socialement : « Non non, ça va, je suis juste un peu fatiguée… » ou encore mieux : « Non c’est rien, je vais sûrement avoir mes règles ». Cette réponse (que nous appellerons donc la réponse b) a l’avantage de marcher presque à chaque fois et dans tous les cas de figure. Au collège : « bah non je peux pas aller à la piscine j’ai mes règles. » Avec son mec, « bah non chéri je peux pas j’ai mes règles ». Et en l’occurence dans le cas présent. Et bien que je DETESTE cette manie d’employer un phénomène aussi anodin et banal que les règles pour se sortir de toutes les situations, force est de constater que la réponse b est de toute évidence celle attendue par ma collègue.
En quelques secondes, son regard s’illumine. Un lien se crée entre nous, je sens maintenant la complicité qui nous lie : « oui nous sommes toutes deux femmes, 5 jours par mois une partie de notre endomètre fout le camp par notre vagin, c’est beau». Avec un peu de chance, j’aurai même droit au petit clin d’œil complice, voir même à la phrase qui est censée me rassurer jusqu’aux tréfonds de mon âme : « Si t’as besoin, n’hésite pas j’ai tout ce qu’il faut ». Quand à moi, il ne me reste plus qu’à ajouter à ma tristesse incompréhensible un sentiment de solitude que je traînerai toute la journée ainsi qu’un tampax fraîchement acquis dans ma poche.
Alors, est-ce qu’il est impossible aujourd’hui d’être triste sans raison? Pourquoi est-ce que « le gros chagrin » que l’on accepte volontiers chez un enfant est-il la honte suprême de l’adulte? Pourquoi est-il plus simple de s’inventer des maux physiques que d’avouer une détresse psychique ou émotionnelle?
13:33 Publié dans Coup de blues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tristesse, dépression, règles, collègues





