19.01.2009
Soirées étranges
Youhou ! C'est lundi, et comme d'habitude, rien de mieux pour commencer la semaine qu'une bonne vieille loose de derrière les fagots. Celle-ci est assez longue mais c'est une de mes préférées parce que si j'avais voulu, j'aurais jamais pu inventer ça.
...Ou comment entamer une course poursuite en 4L à 4 heures du mat
Cette histoire n'est pas réellement une loose mais plutôt une nuit tellement étrange que je ne résiste pas au plaisir de la raconter.
Tout a commencé par une journée morne mais ensoleillée dans la petite ville de G. Ce jour là, j'aborais fièrement un T-shirt portant l'effigie d'une plante bien connue à 7 ou 9 feuilles et aux vertus pour le moins euphorique.
Je gambadais d'un air morne et blasé (adolescence oblige) dans les rues de ma petite ville quand un jeune homme aux allures de défoncé de la vie vient me demander si je sais où on peut trouver « de la fume ». Bon vu mon T-shirt, je vais pas lui mentir. Un ou deux joints plus tard, Jérôme (nous l'appellerons Jérôme) me propose à moi et à mon copain de le rejoindre à une soirée dans le petit village de S. samedi prochain. (Haha j'adore écrire les villes avec juste les initiales on se croierait dans une nouvelle de Lovecraft.) Enfin bref. Mon copain de l'époque devait partir au Sénégal quelques jours plus tard, et je ne voulais quand même pas risquer d'aller toute seule à une soirée dans un bled paumé avec des illustres inconnus. J'appelle donc ma copine Marie (nous l'appelerons Marie) que je sais partante pour toutes mes idées stupides et mon pote Arnaud (nous l'appellerons ... enfin vous avez compris quoi), qui lui était partant tant qu'on lui promettait qu'il y aurait de quoi fumer. Nous voilà donc partis (en stop) vers le petit village de S. samedi après midi, pleins d'enthousiame juvénile. Nous retrouvons assez rapidement Jérôme, qui est accompagné d'un garçon pour le moins étrange. Celui-ci en effet marche en jetant une de ses chaussures à 20 mètres, puis il la ramasse, et relance l'autre 20 mètres plus loin. Marie et moi nous lançons un regard en coin un peu perplexe. Bon, ne soyons pas trop hâtives dans notre jugement. Le jeune garçon étrange s'approche de nous et nous dit en guise d'entrée en matière: « ce soir si il y a de la drogue, je marcherai sur les braises. ». J'acquiesce d'un air qui se veut convaincu: dans le doute, pas la peine d'exciter la bête.
Un peu refroidies mais encore guillerettes, nous montons en haut d'une petite colline pour « rejoindre les autres ». Là nous discutons avec Jérôme qui nous rassure un peu par son apparante sanité d'esprit, tandis que le jeune homme marcheur-sur-les-braises regarde l'horizon d'un air vague. Je commence enfin à me détendre quand un bruit du tonnerre me fait sursauter. A une allure proche de franchir Mac 2, un engin qui m'apparaît comme n'étant pourtant qu'un bête scooter nous fonce dessus et s'immobilise à deux centimètres de nos visages ébahis. Trop stupéfaite pour bouger, je vois le conducteur descendre et me mettre sous le nez une gourmette sur laquelle est écrite « Sony » et il me dit « Sony! Je m'appelle Sony et je suis fan de scooter! » (et là pour le coup, c'est son vrai nom, promis j'invente pas...) Un peu déstabilisée, je balbutie une réponse, « heu moi c'est Netzah (bon en vrai c'est pas mon vrai nom mais on ferait comme si que c'était ça que je lui avais dit) et voici Marie et Arnaud ». Marie a l'air maintenant proche de l'évanouissement, et pour ne pas arranger les choses, elle me répète maintenant toutes les 30 secondes « y'a pas de filles!! y'a pas de filles dans cette soirée y'a que des mecs!! » j'essaie vaguement de la rassurer tout en tenant une discussion que je veux normale avec Sony, le fou du volant.
Quelques instants plus tard, comme en réponse aux angoisses de Marie, une jeune fille monte vers nous d'un air nonchalant. Je sens Marie soupirer de soulagement à mes côtés. La jeune fille s'approche de Sony et lui roule une pelle aussi cash. Je commence donc enfin à me calmer, je ris de ma paranoïa, tout va bien, il y a d'autres filles et Sony ne peut pas être si barjo que ça s'il a réussi à en lever une. Mais là, toujours sans dire un mot, la jeune fille s'approche de marche-sur-les-braises et lui roule une pelle à son tour. Là j'avoue, je commence à douter. Elle s'approche ensuite de Jérôme et, non non je n'hallucine pas, elle fourre sa langue dans sa bouche à lui aussi. Marie et moi échangeons un regard angoissé. Arnaud a l'air comme toujours de n'en avoir rien à foutre. Nous voyant perplexes, Sony se sent obligé d'ajouter: « bah oui, Sonia, c'est un peu la copine à tout le monde ». J'acquièce d'un air niais tandis que Marie s'accroche à mon bras en me murmurant en boucle à l'oreille: « je suis pas la copine à tout le monde moi!! »
Sur ces entrefaites, et puisque apparemment tout le monde est arrivé, Jérôme propose que nous montions en l'endroit où se déroule la soirée. « Heu ah bon? Lui demandais-je, mais on reste pas dans la ville? »
« Ah mais non! » nous répond Sony avec un air de possédé « en haut de la colline, là haut, y'a un super endroit! On va pouvoir faire un feu et faire la fête! » ce à quoi marche-sur-les-braises ne peut évidemment s'empêcher d'ajouter: « et on marchera sur les braises! » J'essaie de garder un air composé, me tourne alternativement vers Marie et Arnaud. Arnaud s'en fout, il est en manque et il veut son joint, Marie est de toute évidence devant un dilemme. Nous décidons malgré tout de les suivre. S'ensuit une longue marche pénible et en montée où Marie et moi échaffaudons des plans plus absurdes les uns que les autres pour s'enfuir « au cas où les choses tourneraient mal. »
Nous arrivons finalement sur une espèce de petite plaine en haut de la colline. Cet endroit est manifestement leur QG: en lisière des arbres, une petite cabane, et au milieu de la clairière, un foyer encore fumant et un canapé défoncé. C'est toutefois assez rigolo, et comme il ne fait même pas encore nuit, Marie et moi nous calmons assez vite. Jérôme se pointe avec un cubi, ce qui achève de nous rassurer, les intentions de ces gens ne peuvent qu'être bonnes.
La soirée se déroule étrangement bien étant donné comme elle avait commencé. Marche-sur-les-braises, bien qu'un peu taciturne, se trouve être tout compte fait un compagnion de beuverie sympathique, Sonia-la-copine-à-tout-le-monde fait des allez retours entre le village et la clairière pour nous approvisionner, et Sony quand il ne conduit pas un scooter s'avère être un humain plutôt normal et civilisé. Marie et moi nous amusons bien, nous sommes rapidement ivres mortes et nous dansons pied nu dans l'herbe (sans musique), et je marche involontairement sur des tessons de bouteille. Arnaud revient avec un air hagard et nous affirme d'un air très fier « j'ai vomi 7 fois! » avant de se rendormir lamentablement. Bref, une bonne soirée sympathique comme on les aime.
Seul détail un peu particulier, je connaissais la bonne vieille méthode traditionnelle pour entretenir un feu qui consistait à le nourrir avec des branches et éventuellement du papier, mais grâce à Sony et à ses amis j'ai découvert la méthode « j'alimente le feu à grand coup de bidons d'essence ». Sauf qu'à un moment, l'inéluctable arrive: plus d'essence. Sony se propose donc de descendre au village pour en « prendre », et dans la foulée se ravitailler en clope et autres produits de toute première nécéssité. Il me propose de l'accompagner,et bourrée comme je suis je saute gaiement sur son scooter. Il me tend un casque que j'enfile sur le bras en rigolant. Comme si j'avais besoin de ça! Après 10 mètres sur le scooter de Sony, je me rends compte qu'en effet J'AI besoin de ça. J'enfile donc le casque en tremblant, et commençant à dessouler, je m'accroche tant bien que mal à Sony. Je suis pourtant déjà montée sur des scooters débridés, mais ce que je vis là dépasse ces maigres expériences. On descend la pente à 90/100 au bas mot, et sur un scooter prévu pour rouler à 45 maxi ça fait quand même flipper. Nous sommes donc au village en 12 secondes et demi, environ. Tremblante de peur et pour le coup franchement débourrée, je vais faire les courses dont nous avons besoin. Je rejoins Sony pour repartir, en maudissant mes parents de ne pas m'avoir inscrite à au moins une religion pour assurer mes arrières. Sur le coup, je ne réalise pas que nous n'avons pas acheté d'essence. Mais sur la route, Sony prend un autre chemin et immobilise la Sony-mobile près d'une villa. Nous descendons à pas de loup, enfin lui à pas de loup et moi sur ses talons ne comprenant rien à ce qui se passe. Je lui hurle naïvement « Tu habites ici? » «SHHHHhhhh! » me fait-il frénétiquement. Il saute dans le jardin et me chuchote « tu m'attends ici et fais pas de bruit! ». Une lueur de compréhension commence doucement à percer ma couche de naïveté. Un bon quart d'heure plus tard, Sony réapparaît, me jette un bidon d'essence dans les bras, me dit grimpe! Et démarre l'engin diabolique. J'ai quand même le temps (et la stupidité), de dire « mais heu c'est du vol là non? » Sony se retourne vers moi en souriant et a quand même l'aplomb de m'affirmer « mais non, c'est un emprunt! »
Arrivés en haut, en dehors du fait que je ne suis plus bourrée, qu'il n'y a plus d'alcool et que Marie se fait brûler au 2ème degré par un jet d'essence intempestif (elle n'avait pas réagit au « Essence!! » habiuel beuglé par Jérôme), la soirée reprend joyeusement son cours. Sony repart avec Jérôme pour une expédition que je ne cherche pas à identifier, j'aime autant commencer par me remettre de mes émotions.
Ils ne sont pas partis depuis une demi-heure que nous sommes interpellés par un bruit de moteur poussif. Là, je me dis que mes sens me jouent des tours: en effet on a déjà eu du mal à se faufiler dans le petit chemin broussailleux, alors je vois mal comment... mais je suis interrompue dans mes pensées par l'arrivée d'une 4L sur la clairière. Non je n'hallucine pas, je suis bien en train de voir Sony et Jérôme apparaître dans ce qui est manifestement une voiture volée qu'ils ont fait monter je ne sais comment en haut de notre colline.
Là, je commence à me dire que ça devient un peu trop. Les deux fadas redescendent dans leur voiture, et moi je me dis qu'il va bientôt être temps de se casser. Marie n'a pas l'air de cet avis, toujours aussi bourrée, elle m'affirme qu'elle passe la meilleure soirée de sa vie et qu'il faut absolument qu'on reste. Je finis à me ranger à son avis, d'autant plus que pour l'heure Arnaud reste innamovible.
Nous comatons donc de concert sans d'autre événement remarquable qu'une réaction étrange de Marche-sur-les-braises. J'étais en effet en train de discuter avec lui quand je sors une ventoline (une espèce de spray qui sert à faire survivre les asthmatiques) quand je vois Marche-sur-les-braises se raidir brusquement, m'agresser presque en gueulant « t'es asthmatique »? Me sentant un peu conne, je bredouille « oui » avec la ventoline encore dans la bouche. Sur ce, Marche-sur-les-braises se dresse sur ses pattes comme pris d'une décharge électrique et va s'enfermer dans la cabane. Nous ne l'avons plus revu de la soirée.
Plus tard, je devais apprendre que sa mère était morte d'une crise d'asthme en prison car ses geôliers lui avaient refusé la fameuse ventoline.
Quoi qu'il en soit, ça avait jeté un froid dans la soirée. Heureusement, Sony et Jérôme étaient là pour égayer notre soirée.
Au bout de deux heures de leur absence, nous commençâmes gentiment à nous inquiéter. Avec mes compagnons de beuverie et d'autres potes de Jérôme dont j'ai préféré ne pas mentionner l'existence pour raccourcir cette histoire (oui, imaginez ce que ça aurait pu être!!), nous décidâmes donc de descendre au village pour voir ce qu'il en était. (bon et moi j'arrête là avec le subjonctif et je reprends mon récit au présent.)
Une fois arrivés au village, le petit jour pointant, quelle surprise n'avons nous pas en voyant Sony et Jérôme, les cheveux en pétard et les fringues trempées, en train d'étaler une par une leurs clopes sur le muret afin de les faire sécher au soleil. Je me dirige vers eux d'un air un peu guindé, ils auraient quand même pu venir nous dire qu'ils allaient bien au lieu de nous laisser nous inquiéter là-haut comme des cons! Ils commencent donc à nous raconter ce qui s'est passé pendant ces quelques heures. Les flics les ont pris en chasse dans leur 4L volée, ils ont finit par abandonner la voiture et traverser un ruisseau (je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qui est passé par leurs cerveaux alcoolisés, est-ce qu'ils se sont cru dans une série policière et ont sauté dans un ruisseau pour que les chiens ne puissent sentir leur odeur?) bref, doutant que les flics de S. qui fait environ 300 habitants en pleine saison cherchent à nous traquer jusque sur le muret de la place principale, nous partageons un petit déjeuner avec eux avant de les quitter.
Pour terminer, je dirai seulement que nous Marie, Arnaud et moi sommes rentrés à pied sur G. et avons parcouru la distance en plein soleil, pieds nus dans mon cas car la douleur provoquée par ma danse sur les morceaux de verre se rappelait joyeusement à ma mémoire.
Les vagues souvenirs que j'ai de ce retour s'arrêtent à une pitoyable demande d'un verre d'eau à une femme dans une caravane, qui émue à notre aspect miteux eut la gentillesse de nous offrir la bouteille.
Au bout de 10 kilomètres de marche, Marie finit par craquer et arrêta une voiture en plein milieu de la rue, forçant presque un couple de petits vieux à nous prendre en stop jusqu'à G. (Donc finalement, c'était quand même un peu la loose...)
Je n'ai jamais revu ni Sony ni Marche-sur-les-braises, mais je pense que le moindre des hommages que je pouvais leur rendre était de raconter leurs frasques sur le site qui porte la loose aux nues.
07:00 Publié dans Vis ma vie... de looseuse | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : 4 l, cannabis, marcher sur les braises, asthmatique, beuverie, vomi





Commentaires
T'es une droguée ???
Ecrit par : BritBrit | 19.01.2009
HUhuhuhuhu... ET çA ENSEIGNE A VOS ENFANTS BONNES GENS !!!
T'as dépensé ta jeunesse comme une poignée de monnaie ma NEtzou. ^^
Ecrit par : Léo dit Thé | 20.01.2009
Mais ! Tu vis dangereusement !
Ecrit par : Comme une image | 21.01.2009
@Britbrit: et oui, je fus ! Mais maintenant je mène une vie saine à base de pizza et autres bières.
@léo: ça fait flipper hein ? :p
@cui: ben normalement non, mais là j'avoue que c'était un peu du grand n'importe quoi. Mais j'étais jeune ma foi.
Ecrit par : Netzah | 21.01.2009
excellent ! :)
Ecrit par : Gondolfo | 23.01.2009
@gondolfo: merci !
Ecrit par : Netzah | 23.01.2009
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