31.10.2008
En attendant l'été...
Comme c'est l'automne, comme c'est la pluie, comme c'est la mélancolie des jours qui raccourcissent... Et comme bien sûr, c'est les vacances (youhou !) et que je ne vais donc pas publier pendant quelques jours, je poste ce que je m'écoute en boucle en ce moment, car la voix chaude d'Israël Kamakawiwo'ole est en ce moment la seule qui arrive à me toucher et me donner l'impression qu'un jour, tout finira par s'arranger...
Mais je le laisse vous expliquer tout ça, il le fait mieux que moi.
19:46 Publié dans Culture (ou ce qui s'en rapproche) | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : musique, israël, tout finit toujours par s'arranger...
26.10.2008
Galérienne de l'amour
Et oui ça faisait longtemps, je prends à nouveau la plume (enfin mon clavier) pour pousser un de mes légendaires coups de gueule. J'avertis tout de suite que je ne vais pas être tendre, certains risquent d'en prendre pour leur grade ou me taxer de subjectivité. Donc pour que les choses soit claires, je suis toujours subjective, et en plus là je suis un peu remontée. Mais demain ça ira mieux.

Comme vous l'aurez sans doute compris, aujourd'hui je vais parler d'amour... Enfin d'amour... En fin de compte, en ce qui me concerne, plutôt de galère.
Comme le dit de manière si perspicace le chanteur Saez, « on est quelques milliards à chercher l'amour ». Mais seulement, parmi ces milliards, un tri reste quand même à faire. Il y a ceux qui sont en fin de compte déjà en couple mais pas contents (ce que avec ma mauvaise foi légendaire je me refuserai à entendre tant que je serai célibataire), ceux qui sont célibataires par choix, ceux qui font semblant de chercher mais qui pour l'instant sont légèrement à l'ouest, et puis ceux qui cherchent vraiment. Ce qui sont prêts, prêts à s'engager, prêts à construire. Ceux qui ont conscience qu'un couple c'est dur, que ça demande du temps et de la sueur (rho mais non je ne parle pas de sexe... enfin aussi mais c'est un autre sujet), qui seraient prêts à s'investir, mais finalement ne trouvent pas. Vous l'aurez bien compris, je m'auto-classe dans cette dernière catégorie. Mais voilà (nous en venons au coup de gueule), je suis amenée à entendre régulièrement, et ce de sources aussi diverses et variées que ma famille, des proches, des collègues ou des mecs bourrés à des heures indues, que au fond, si je trouve pas c'est que je le fais un peu exprès. Oui car voyez-vous, je suis une fille (alors ça genre j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi ça change quelque chose), je ne suis pas un thon, il m'arrive parfois de connecter mes neurones, en plus j'ai même un travail, ben donc c'est quoi mon problème ?
Mon problème, c'est que je suis une galérienne. Comme plein de filles « mignonnes-intelligentes-célibataires » je vais soit faire les mauvais choix, soit être timide quand il faut pas, soit tomber sur des cons, soit tout simplement avoir des histoires qui se cassent la gueule soit, soit soit... les raisons sont tellement vastes que ça ne vaut pas la peine de les exposer ici. La seule chose à retenir est que non, je ne le fais pas exprès. Que oui, il est facile de rentrer dans un bar, d'embrasser un mec, de le ramener chez soi. Je pense même que si j'avais envie de me faire troncher tous les jours, au fond j'y arriverais. Mais est-il si dur de comprendre que ce n'est pas ce que je recherche ? Que bien sûr, en manque de sexe , d'amour ou de tendresse je peux ramener un mec à la maison, tout comme je peux aussi passer ma journée du lendemain à regarder fixement mon téléphone en espérant qu'il me rappellera...
Oui, je peux aller sur meetic et parler à des mecs. Mais je peux aussi me mordre les doigts d'être allée à un rendez-vous pour me rendre compte qu'en fait le mec a une tronche de hamster nain mal nourri au lieu du Johnny Depp jeune mais en mieux que laissait présager la photo.
Alors quoi ? Que devrais-je faire ? M'inscrire dans une asso ? Certes mais j'y suis pour rien si les seules choses qui m'intéressent ne brassent que des vieilles ou des mecs tellement geek qu'un authentique troll de warcraft en blêmirait d'angoisse.
Mes potes ont peut-être des amis « qu'ils pourraient me présenter », mais alors je ne sais pas soit ils les tiennent bien enfermés dans un placard, soit ces gens là ne vont qu'aux soirées où je ne suis pas, allez savoir.
Les mecs bien existent peut-être, mais ils ne se trouvent ni dans mon lit, ni dans ma vie.
J'aimerais juste que l'on arrête de croire que l'amour est une chose évidente accessible à tout le monde. J'aimerais aussi qu'on arrête de croire qu'il suffit que je m'assois à la terrasse d'un café pour que 10 mecs mignons viennent me demander mon numéro. Parce que d'ailleurs, (mais là le sujet me rend tellement perplexe que je pense que je me fendrai un de ces quatre d'un article sur ce thème), je ne sais pas ce que les mecs d'aujourd'hui ont dans le crâne. Si on les drague, on leur fait peur et on les « castre » dans leur virilité. Si on attend qu'ils nous draguent ben... ben ma foi j'attends encore.
Donc voilà. Je ne suis pas plus moche ni plus conne qu'une autre, je suis juste une galérienne. J'ai galéré pendant des années pour avoir un travail, j'ai galéré pour des tas de choses dans ma vie, alors pourquoi pas dans l'amour ? Et pour moi ainsi que toutes les autres filles qui se reconnaîtront dans ce portrait peu flatteur mais pourtant réaliste, s'il vous plaît, vous les couples, vous qui réussissez votre vie et flottez dans le monde éthéré de l'amour où ni les pets de vagins ni l'haleine du matin n'existent, s'il vous plaît, ne retournez pas la moissonneuse batteuse dans la plaie en nous rappelant tous les jours que « c'est fou quand même que tu trouves personne ».
Car si tout le monde s'accorde pour dire que la vie c'est dur, que l'argent ça coûte cher et que le travail ça fatigue, j'aimerais pour une fois que l'on s'accorde sur le fait que l'amour ne fleurit pas sur tous les pavés parisiens ni sur le bord de l'autoroute. C'est juste que pour certain(e)s c'est apparemment plus dur que pour d'autres, mais je vous assure on fait des efforts (que celui qui ne s'est jamais épilé les jambes ou arraché les poils des sourcils vienne un peu critiquer s'il l'ose). Alors la moindre des choses serait de respecter ces efforts comme nous nous respectons (plus ou moins selon la dose de mauvaise foi) que vous avez trouvé le bonheur.
20:16 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : amour, sexe, célibat, coup de gueule
20.10.2008
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Harry sans jamais oser le demander...
Les plus accros d'entre vous l'auront peut-être remarqué, un nouveau lien est apparu en bas à droite de mon merveilleux et superbe blog. Je vais donc ce soir vous parler d'Harry... Harry et moi. Car sur ledit lien, il est mentionné qu'Harry et moi entretenons peut-être une aventure...
Vous vous êtes peut-être demandé ce qu'il en était réellement de cette amourette. A vrai dire, je voulais tout d'abord garder secrète cette passion dévorante. Puis tout c'est accéléré, le blog s'est créé, le succès est arrivé, et puis vous savez ce que c'est, les paillettes, les flashs, les gens qui me reconnaissent dans la rue....(ho quoi c'est mon post j'écris ce que je veux d'abord!)
J'avais peur. Peur du succès, peur de faire la couverture des galas, publics et autres magasines culturels, peur que les paparazzis ne me suivent jusque dans ma douche. Je ne voulais pas déclarer ma flamme au grand jour, la perverse passion qui anime une femme sublime, sublime que dis-je.. envoûtante, enivrante, inaccessible, irréelle presque ! (oui oui je parle toujours de moi), la passion disais-je qui existe entre moi... et Harry.
Mais me demanderez-vous, des larmes perlant déjà aux coins de vos yeux éblouis (mais si je les vois d'ici les cristaux bleutés de vos larmes d'émotions) vous oui, bloggeurs émus, une interrogation martèle sans doute continuellement votre esprit alerte, MAIS QUI EST CET HARRY QUI RAVIT AINSI SON COEUR ? Certains d'entre vous l'ont rencontré, certains d'entre vous l'ont aimé. Mais aucun à ce jour ne le connait aussi bien que moi.
Car pour vous, chers lecteurs oui pour vous, je tiens à le dire en exclusivité; aujourd'hui , mon cœur est pris. Car Harry et moi, nous vivons bien plus qu'une aventure. C'est une histoire d'amour, une de ces histoires vous chavire jusqu'aux tréfonds de l'âme, une de ces histoires qui fait battre mon cœur de midinette et courir mes doigts agiles et gracieux sur le clavier.
Harry, pour toi, je tiens à me montrer telle que je suis. Tout t'appartient, mon cœur, mes mots, ma bande passante et mon UC, (à ne pas inverser bande de petits pervers) et je ne pouvais pas te faire de plus belle déclaration que de crier notre amour à toute la blogosphère et même au delà.
Harry mon tout. Harry mon rêve. Harry my dream who takes me up to the star and the sky up above.
Harry, mon âne.
http://harrycouchetoila.wordpress.com/

21:18 Publié dans Geekitude | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : harry, nouveau blog qui tue sa mère en short, mon âne, paillettes, paparazzis
19.10.2008
Les bottes de femme
Quand j'étais petite, aux fêtes de Noël, une des activités favorites d'une de mes plus jeunes cousines était de soulever les jupes des "grandes" que nous étions pour voir si nous mettions des "collants de femmes". Car pour elle, s'il n'y avait pas la démarcation de l'entrejambe que nous trouvons aujourd'hui très moche, hé bien ce n'était pas des collants de femmes mais seulement de pâles imitations pour petites filles voulant jouer à la grande. Alors moi, aujourd'hui, comme l'aurait dit ma petite cousine il y a des années, je suis allée m'acheter "des bottes de femme." Nonobstant la foule d'une des rues les plus bondées de Paris une des journées les plus bondées de la semaine, je me suis frayée un chemin au milieu des touristes peroxydées pour acheter les chaussures qui m'avaient fait de l'oeil. Ca n'a rien d'extraordinaire pensez-vous? Détrompez-vous, car pour moi la démarche était loin d'être si aisée qu'il n'y paraissait. M'acheter des bottes de femmes impliquait tout d'abord de me débarrasser de mes vieilles bottes, mes bottes moches mais rassurantes, mes bottes trouées mais qui me suivaient chaque année. Mes bottes qui ne montaient pas trop, qui n'étaient pas trop sexy, qui n'avaient évidemment pas de talon.
Or il y a quelque jours, en rentrant dans un magasin, je les ai vues. Les bottes de femme. Je les ai regardées, elles m'ont regardées, on s'est aimées. En temps normal, j'aurais passé mon chemin. Car ces bottes-là, elles sont belles, elles sont d'un marron un peu brillant, elles montent presque au genou, elles ont des boucles et une fermeture éclair sur tout le côté comme dans les vraies bottes que je vois souvent sur les vraies femmes dans la rue .Autant dire, pas des bottes pour moi. Trop féminines, trop neuves, bref, trop de paramètres inconnus dans cette équation différentielle qu'est la féminité. Non moi, je comptais comme toujours passer l'hiver dans mes bottes à semelles caoutchoutées et mes baskets déformées pas les ans. Pourtant,aujourd'hui allez savoir pourquoi, j'ai chaussé mes vieilles tennis et j'ai bravé la foule et les vendeuses agressives. Et je les ai achetées.
Alors oui, ça peut paraître anecdotique, bien sûr, ces nouvelles bottes ne sont pas les plus féminines qui existent. Mais pour moi, elles représentent un petit pas en avant. Je suis fière de dire, et même à mon âge, que je vais pouvoir certains jours quitter mes éternelles baskets pour envisager la petite jupe et les bottes qui montent haut et font les fesses sexy, Et ça, y'a pas à dire, ça fait du bien.
Pfiou on se rend pas compte, mais c'est pas évident de prendre des photos de ses pieds !!
00:59 Publié dans Et moi et moi et moi et moi alors ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : bottes, féminité, plaisir, sexy
17.10.2008
DS for ever
En tant que geekette amatrice de base, je ne pouvais pas ne pas livrer pour vous une petite sélection des jeux auxquels je joue régulièrement sur ma chère et bien aimée DS. Avant que ne sorte la vilaine Dsi qui elle, sera zonée, profitons de pouvoir jouer à tous les jeux que nous offrent les différents pays. Cette liste est non exhaustive et complètement subjective, je n'y annonce pas les fraiches nouveauté mais au contraire des jeux qui ont fait leurs preuves entre mes petites mains et qui pour moi sont presque des classiques de la DS. Et n'étant pas journaliste de jeux, elle n'a pas la prétention de concurrencer nos chers gamekult ou autre jeux vidéo.com

Tout d'abord, un petit classique mais mon préféré car à mon sens le bijoux de cette nouvelle console:
ZELDA Phantom Hourglass : L'incontournable référence de Nintendo, celle dont on se rappelle avec émotion les design tous moches de la super Nes, revient pour notre plus grand plaisir sur la Dual Scren. Tout d'abord les graphismes sont magnifiques, le jeu est très facile à manier et les effets « fausse 3D » sont bien rendus. La quête que nous découvrons est cette fois-ci inédite, et le stylet est extrêmement bien utilisé. Quel plaisir en effet de partir avec Link explorer la carte marine à bord de son petit bateau et de pouvoir changer tous les points de vue pour avoir ainsi une vision d'ensemble de la mer. Une fois que l'on accoste une île ou un nouveau donjon, on a la possibilité d'écrire sur la carte pour se repérer et se souvenir des énigmes à déjouer pour la fois suivante. (et oui quand on a plus 15 ans, il devient utile de prendre des notes.)
Le petit plus: Les mini-jeux, toujours présents, sont dispatchés sur des îles que l'on découvre au fur à mesure de nos aventures. Je trouve ça assez agréable entre deux missions où quand on galère depuis trois heures sur le même donjon d'aller se promener sur l'île Molida pour tirer à l'arc ou bien d'essayer de déjouer un labyrinthe pervers dans une île au Nord-Est de notre carte.
Le petit moins: Toutes les missions nous amènent systématiquement dans le même temple où la difficulté gravit en exponentielle, c'est un peu lassant et quelquefois décourageant. Et petit détail qui je pense ne gène que moi, on ne peut amasser plus de 9999 de la monnaie locale. Et ça, pour une radine comme moi, c'est dur à accepter.

Hotel Dusk Room 215 : Grande particularité de la DS, ce jeu a été vendu comme étant le « premier roman interactif. » Il est vrai qu'à certains moments, le jeu n'est pas sans nous rappeler les « histoires donc vous êtes les héros » de notre enfance. Dans ce jeu qui est à mon sens le premier jeu vidéo psychologique, vous incarnez Kyle Hyde, ancien flic à la recherche de son ami Bradley. Vous devrez résoudre les mystères qui entourent l'hôtel mais également ceux plus personnels de Hyde en interrogeant subtilement les clients parfois étranges de l'hôtel,pas trop agressivement pour ne pas les braquer mais pas trop doucement non plus pour éviter qu'ils ne vous cachent des infos essentielles.
Les graphismes sont très bien fait, avec un crayonné qui évoque un manga dans le pur style polar noir. Toute l'ambiance d'ailleurs nous permet de nous immerger dans le côté glauque du flic blessé qui poursuit son but de manière obsessionnelle. Le visuel des personnages est attachant (Hyde est super charmant, ce qui ne gâche rien au jeu ! ) Le scénar est bien ficelé et suffisamment compliqué pour qu'on s'y perde de temps en temps, bref, un jeu à découvrir.
Le petit plus: Assez rare pour qu'on mérite de le souligner, un soin particulier a été apporté à certaines des ambiances musicales (pas toutes certes, je le reconnais) dont une musique assez mélancolique et particulièrement travaillée qui nous parvient dès que l'on rencontre le personnage énigmatique de Mila (je n'en dis pas plus pour éviter de spoiler bien sûr). Il existe même un lieu de l'hôtel où se cache un juke-box qui nous permet de choisir notre musique préférée.
Le petit moins: Certaines énigmes sont vraiment tordues, et à moins d'avoir les soluces sur les genoux, difficile d'y répondre. Et comme toujours dans ce type de jeu, quand on a pas résolu l'énigme où il faut aller au fond de la réserve prendre le petit bout de métal qu'on avait pas vu pour le tordre d'une certaine manière pour en faire une clef pour ouvrir une valise au fond d'un puits introuvable (moi, j'exagère ??? nooon) toutes les portes nous restent fermées et on peut tourner en rond pendant des heures. Bref, malgré le fait que les critiques estiment le jeu trop facile, je trouve moi que certaines énigmes sont vicieuses et n'ai eu aucun complexe à m'aider des soluces. Mais c'est peut-être parce que je suis une éternelle flemmarde.

Pour le dernier jeu, j'ai pas mal hésité entre présenter ce grand classique qu'est devenu Trauma center, et puis finalement je me suis décidée à vous faire découvrir un petit jeu absurde du nom de
SPORE créatures: Le maître mot de ce jeu de gestion est: originalité. Le but est de développer une bestiole et de la faire évoluer dans un monde de plusieurs planètes. Il faut bien entendu nourrir l'animal, choisir les parties de son corps les plus efficaces pour défoncer les adversaires, mais aussi parfois faire patte blanche pour caresser et danser avec nos amis. Les décors sont sympathiques, et l'on peut donner à notre créature l'apparence et la couleur que l'on veut. Ce jeu pour moi sans prétention reste assez bien foutu et permet de ne pas tomber dans les clichés des pokemons et autres sims.
Le petit plus : Notre animal est transformable à l'infini, et chaque partie du corps va avoir une importance (telle bouche va cracher du feu, telle patte nous permettra de marcher sur du sable mais pas dans l'eau etc.)
Le petit moins: Il se trouve à mon sens précisément dans l'interface de transformation qui nous permet de « tuner » notre animal qui n'est pas toujours très claire. Comme il n'existe aucun support permanent, pas même le corps de l'animal que l'on peut changer à souhait, il peut devenir parfois difficile de se repérer.
18:40 Publié dans Geekitude | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : zelda, ds, spore, hotel dusk, geek
09.10.2008
Je suis "spéciale"
Ou plus exactement: « accroche-toi parce qu'elle a l'air spéciale » furent les mots exacts qu'une collègue m'ayant aperçu à peine une demi journée a transmis à une autre collègue. Passées les premières étapes de rage et de haine, les envies de prendre par les cheveux cette connasse qui ose parler de moi ainsi et de l'attacher nue à un poteau englué de miel et de la laisser se faire bouffer par les fourmis rouges, passée cette étape donc, j'ai réfléchi.

Car oui, nous les filles « spéciales » nous fonctionnons ainsi. Tout d'abord nous nous énervons, puis nous courons inconsidérément 30 fois dans une pièce avec les bras en l'air et en poussant des cris déments afin d'évacuer la rage qui nous habite. Ensuite seulement, nous pouvons nous poser autour d'une tasse de café, mettre nos lunettes d'intellos, et déclarer posément: « au final, je préfère être spéciale qu'être une connasse banale qui se la pète comme toi. »
Bon. Dans la vraie vie, je n'ai bien entendu pas tenu ces propos à la dite collègue. Je me suis contentée de ne pas lui adresser la parole et de mettre en garde tous les gens que je croisais pour les prévenir qu'ils avaient affaire à une belle connasse. Oui je sais, ça fait trois fois que j'utilise ce mot alors écoutez, je vais le dire encore trois fois et ensuite me calmer. Connasse. Connasse. Connasse. Là. Ça va déjà vachement mieux. Vous trouvez que je réagis comme une folle ? Normal, je suis « spéciale », ne l'oublions pas. Alors chers lecteurs, voici pour vous en direct une liste de mes petites « spécialeries » pouvant aller de la charmante petite manie jusqu'aux choses qui pourraient m'envoyer tout droit dans une jolie maison blanche avec des murs matelassés et une chemise qui s'attache dans le dos.
Tout d'abord, je suis obsessionnelle. Ça me direz-vous, on l'est tous un peu. C'est vrai, mais il arrive un stade ou ça devient tout de même assez handicapant. Quand quelque chose me travaille, je vais le faire tourner en boucle dans mon petit crâne allumé jusqu'à ce que l'échéance qui m'inquiète arrive. Ça peut être pour le taf, pour un mec, pour n'importe quoi. Dans mon état normal, j'arrive plus ou moins à le cacher. Enfin non, mais pour me rassurer on dirait que oui. Par contre, quand je suis bourrée,c'est tout de suite vachement plus dur. Certes on est pas bourré tout le temps me direz vous, mais quand on est « spéciale » comme moi ça arrive souvent. Oui, je répèterai ce mot jusqu'à ce qu'il ne veuille plus rien dire, c'est mon côté obsessionnel. J'ai par exemple des souvenirs honteux de soirées où j'ai répété à ma malheureuse victime des heures durant que « mais non tu comprends la nouvelle star c'est pas comme la star ac, c'est plus une radio crochet quoi ». Réflexion pouvant paraître vaguement pertinente quand on vous la dit une ou deux fois, mais à la 426ème écoute, ça commence de devenir pénible.
Ensuite, je suis parano. Bon. Encore un comportement qui affecte les trois quart de l'humanité me direz-vous. C'est pas faux, et je ne rentrerais pas trop dans les détails de ma paranoïa pour éviter la fameuse maison toute en blanc. Mais ma paranoïa interfère tout de même dans ma vie de tous les jours (surtout celle des autres en fait) quand par exemple je vais me jeter sur un groupe de gamins qui ne faisaient rien de mal que de rigoler entre eux pour leur brailler « pourquoi vous rigolez ?? Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça y'a rien de drôle !! » et de partir en lançant des regards furtifs aux pauvres mômes traumatisés voir si quand même ils se foutraient pas de ma gueule en douce. Ça peut m'arriver aussi d'agresser une petite vieille dans la rue en lui postillonant « ça suffit maintenant j'ai pas d'argent !! » alors qu'elle s'apprêtait juste à me demander son chemin.
Pour finir (ouah je gère trop bien les trois parties avec les petits mots de liaison, on sent la littéraire.) Pour finir donc, je suis hypocondriaque. Ah, qu'ils sont chiants ceux de notre entourage qu'ils croient qu'ils vont mourir à la moindre fièvre. Chez moi, cette perturbation mentale arrive par cycle (et NON ça n'a rien à voir avec les règles !!! Comment ça vous avez rien dit ? Oubliez pas que je suis parano moi !) C'est à dire que pendant des mois, tout ira bien, et soudain je vais disjoncter. Il faudra tout de même reconnaître que dans ma psychose, je fais preuve d'une grande résignation et d'un profond courage. Ma famille ou mes amis ont l'habitude de m'entendre déclarer: « je sais que cette migraine est en fait une tumeur maligne... mais t'inquiète pas. Si je meurs je te laisserai ma DS». Ou alors « tu sais, si un jour j'ai un accident et que je me retrouve transformée en légume, c'est à toi que reviendra l'honneur de me débrancher. » Certains n'apprécient guère, d'autres ont développé une certaine philosophie sur mes hystéries ponctuelles. La meilleure fois aura sans conteste été ce jour où j'étais sûre de m'être crevé un rein avec un côte après une chute car j'avais « les urines rouges. ». Bon pour le coup, j'avais juste mes règles. Il arrive seulement que parfois j'oublie juste cette partie de la féminité. (oui oui vous pouvez rire, j'ai coupé le mode parano)
Toujours est-il qu'aussi folle, « différente » ou « spéciale » que je sois, ces gros légers défauts constituent ma personnalité, et les années passant, j'ai appris à les aimer. Alors oui, c'est sûr, je ne plais pas à tout le monde. Mais je me plais à croire que ceux qui restent, qui passent au delà des couches successives de ma bargitude sont ceux qui me voient telle que je suis, et par là même ceux qui méritent d'être mes amis.
19:47 Publié dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : spéciale, folle, hypocondriaque, fourmis rouges, parano, folle et fière de l'être
07.10.2008
... ou comment j'ai survécu à la Clis
Clis... Encore un gros mot de l'éducation nationale pour désigner pudiquement les « classes d'intégrations scolaire ». Comprendre les classes d'handicapés mentaux. Comprendre en réalité les classes « poubelles » où l'on trouve il est vrai quelques handicapés mais surtout les gamins perturbateurs, voire futurs délinquants et tellement ingérables qu'on est obligé de les sortir des classes normales.
En tant que prof débutante et remplaçante, je suis amenée à faire n'importe quel type de poste. Et quand je dis n'importe quel type... J'ai eu le doit à cette affectation d'une semaine en Clis parce que j'avais refusé un autre remplacement 10 fois pire, au collège celui là... donc j'étais au final soulagée d'avoir échappé aux « caïras » adolescents. Par un semi-hasard, le samedi matin avant la fameuse semaine, je croise la titulaire de la classe (une débutante comme moi) lors d'une des conférences à la con auxquelles nous sommes tenus d'assister. Celle-ci me rassure profondément en me déclarant « tu vas en chier, c'est trop des fous et ils mettent la misère aux remplaçants. » Je vous laisse aisément deviner l'état d'esprit serein dans lequel mon week-end s'est déroulé...
Arrive le lundi matin. L'école comme toujours est au fin fond d'une cité, les locaux sont dignes d'un mauvais sujet du JT de TF1, les adultes fument clope sur clope et les gamins se foutent sur la gueule. Je découvre rapidement la classe qui va être la mienne. Des fous m'avait-on dit, et à vrai dire le mot est faible... les insultes fusent aussi vite que les coups de poing, ça s'étrangle en classe et ça répond aux adultes avec un aplomb à faire pâlir Joey Starr... ajoutez à ça des enfants plus jeunes et vraiment handicapés qui ne comprennent rien à la vie, qui ont une hygiène déplorable et l'autonomie d'un bichon de deux semaines à qui on aurait cassé deux pattes et vous aurez une vague idée de ce à quoi ressemble une Clis. Je monte donc les escaliers avec mes élèves, les jambes tremblantes. Ils m'échappent aussitôt en courant dans les couloirs comme des forcenés. Après les avoir rattrapé péniblement, j'ouvre la porte de la classe.... Il est étonnant de constater comme dans les moments critiques, on pense à des choses bizarres. Sur le pas de la porte, mon sac encore sur le dos et les clefs dans les mains, j'ai pensé très sérieusement : « je vais les enfermer à clef et me barrer en courant... » Bon heureusement je n'ai pas eu assez de réactivité pour mettre en application cette idée courageuse, et j'ai donc fait face à mon public. J'ai passé les premiers instants en ayant l'impression d'être dans un de mes nombreux cauchemars où j'imaginais le pire scénario pouvant se produire en classe, les enfants se foutant de ma gueule, et se foutant SUR la gueule par la même occasion.
Et puis, petit à petit... sans que je comprenne vraiment comment, les choses ont changé. Alors au début, je braillais, ils crisaient, et la tension était palpable dans l'air. Puis, ils se sont calmés, je me suis calmée... ou le contraire, allez savoir... Ce que je sais, c'est qu'au bout d'un moment non seulement le calme s'est mit à régner de temps en temps en classe, mais même quelquefois, l'ambiance s'est améliorée, des sourires se sont esquissés. Rassurez-vous, je ne vous dirai pas que ça c'est terminé comme dans Hartley cœur à vif. Car avec ces enfants là, le bonheur côtoie l'enfer chaque seconde de la journée. Avec eux, en un instant tout peut basculer... Des fois on va devenir dingue car la gamine à qui on dit pour la 300ème fois de se moucher s'essuie vaguement la morve dans sa main en léchant ses doigts après. Mais des fois il suffira d'un regard, d'un sourire pour que tout change. Maintenant, on ne peut pas faire avec eux ce qu'on ferait avec des enfants « normaux ». Pendant une séance, Damien* va se barrer pour se cacher sous la table pour « me faire une blague » ou alors péter les plombs et se mettre à frapper tout ce qui bouge. Reda va débiter 25 insultes à la seconde, et dès que je vais lui adresser la parole va me répondre « putain c'est bon vas-y » avec forces soupirs et gestes violents. Elise va venir me voir en pleurant parce que des souvenirs des traumatismes qu'elle a vécu lui reviennent en surface et la submergent. Farah va consciencieusement manger ses crottes de nez et Dalanda jouer la caïd en me cherchant verbalement. Mais parfois... parfois il y a des moments de grâce. Parfois, Djibril, gamin ultra-violent, provocateur et perturbé par l'école va venir me montrer son travail. Je vais lui assurer que c'est bien, qu'il a fait du bon boulot et son sourire va aller décrocher ses oreilles et faire chavirer mon petit cœur sensible par la même occasion. Parfois, Damien le « monstre » de la classe va baisser la tête et me dire « oui maîtresse », et d'un coup j'ai l'impression que je pourrais déplacer des montagnes.
Deux jours s'écoulent, et quelque chose est différent chez moi. Moi qui suit d'ordinaire stricte avec les mômes, stressée comme pas deux, je laisse passer des choses énormes. Sans m'en rendre compte,je m'adapte... pire, je m'attache.Quand dans une classe normale je vais disjoncter pour une vague moquerie, là ça va être « ouais non Damien pose la hache et prend la batte de baseball plutôt ça lui fera moins mal. » Et bizarrement, mon calme commence à les atteindre. Le troisième jour, j'accomplis même un petit miracle: j'arrive à les intéresser. Alors bon c'est sûr ils se jettent à 12 sur le tableau, ils veulent triturer les images qui leur plaisent, gueulent pour prendre la parole. N'importe qui rentrerait dans la classe à ce moment là hallucinerait du bordel. Mais pour moi, c'est différent. Pour moi, c'est une victoire sur moi-même, sur mes peurs, sur mes préjugés. Ces enfants dont personne ne veut, qui font peur même au sein de l'école, ces gamins qui pour certains se retrouvent à dealer le soir dans la cité, ces mêmes gamins sont en train de s'extasier sur quelque chose qu'on apprend. Ces gamins qui haïssent l'école plus que n'importe qui sont en train de prendre du plaisir. Alors oui bien sûr, c'est une minuscule victoire dans un océan de galère. Mais malgré tout, malgré les moments où j'en ai chié, où j'ai paranoié, j'ai ressenti comme une vague de tristesse quand est venue l'heure de les quitter. Quand Dalanda la provocatrice m'a dit que ça aurait été « trop bien que je reste 3 semaines au lieu d'une », quand elle a ajouté avec un large sourire que « on va trop vous manquer hein, maîtresse ? » j'ai réalisé qu'elle avait raison. La classe la plus dure de cette cité obscure va sérieusement me manquer.
Ces enfants dont je ne voulais surtout pas comme élèves, ces enfants que je ne voyais même pas comme des enfants mais comme des délinquants, presque comme des « freaks », ces enfants m'ont apporté bien plus que ce que je ne leur ai donné. En une semaine avec eux, j'ai appris plus qu'en un an à l'IUFM. Et même si je ne suis toujours pas prête à demander ce type de classe à l'année, même si j'ai conscience des difficultés, je suis heureuse d'avoir vécu (et survécu) à cette expérience, et... pourquoi pas un jour recommencer.
PS: Une spéciale dédicace et un grand merci à Camille, l'AVS qui m'a vraiment aidé dans cette expérience, et bon courage à elle pour la suite des évènements !
*même si je ne pense pas que des parents tombent un jour sur cet article, j'ai bien sûr changé le nom des enfants pour préserver leur anonymat.
20:09 Publié dans Vis ma vie... de prof | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : prof, clis, école, handicap, enfants
05.10.2008
Ach, ich bin tagged !
Ayant été taggée par Sand, notre belge préférée, je rends le tag à myamya car j'ai décidé de la traquer pour qu'elle publie ses aventures avec Domi. (non promis après j'arrête, pas la peine d'appeler un avocat !^^)
1/ Que retrouve-t-on dans mon iPod ?
Je n'ai pas de ipod. Certes comme toute geekette qui se respecte je suis fan du design des produits apple mais honnêtement au niveau technique c'est pas le top du top... on peut pas écouter la radio, il me semble qu'il y a même pas de micro, bref, moi je suis creative depuis plusieurs années et ça me va très bien.
Néanmoins pour répondre à la question, en ce moment j'écoute Feist, Moriarty, Tricky, Camille, les Pixies ne quittent jamais mon lecteur mp3, et puis j'écoute aussi quelques groupes absurdes du genre army of lover, et du classique encore et toujours.
2/ Quel est mon livre de chevet actuellement ?
Le même que depuis février dernier, l'interminable « trilogie » en 13 + 9 tomes de la très, très, très méchante mais il faut bien le reconnaître talentueuse Robin Hobb. Enfin il me reste plus que deux tomes, donc je vais repartir gaiement dans mon projet de me lire l'intégrale de Jane Austen d'ici la fin de l'année scolaire.
3/ Ma dernière visite dans un musée remonte à quand et où?
Oula... A longtemps et bon à Paris forcément... je crois que c'était pour la nuit des musées, une copine a du me faire une clef de bras pour que j'y aille. C'était moderne et donc pas top (enfin moi j'aime pas trop). De toute manière moi j'aime que Vermeer. Et Hopper.
4/ Quel film irai-je revoir toute ma vie ?
Paradoxalement, les films que j'ai préféré sont ceux que j'ai le moins envie de revoir. Là tout de suite, je pense à « Eternal Sunshine of the spotless mind », magnifique film du divin fou Michel Gondry. Sinon en vrac tous les Tim Burton, et puis bon aussi la cité de la peur car quand même les classiques c'est important.
5/ J’aurais voulu être un artiste, lequel ?
Bah moi, mais en version qui réussit.
6/ Ai-je un talent insoupçonné des lecteurs
Je sais retourner ma langue à l'envers. Dans les deux sens. (et ça c'est la classe)
7/ Que proposais-je pour rassurer le milieu culturel face aux récentes coupures dans les programmes?
En tant que prof de base, j'ai quand même corrigé la vilaine faute qui s'était glissée dans cette question. En tant que moi un dimanche après-midi, j'ai envie de dire heu vous pouvez répéter la question ?
8/ Ais-je un talent artistique caché ?
Caché je ne sais pas, mais je joue de la musique à mes heures perdues. Le site est encore un peu en chantier et il faut que je réenregistre les chansons, mais pour ceux que ça intéresse c'est ici.
9/ Quel est le spectacle le plus marquant de ma vie ?
Starmania o/ J'avais 11 ans et dans ma petite province ça devait être la première fois que je faisais deux heures de bagnole pour assister à un événement de cette ampleur !
10/ J’allume la télé pour regarder quoi ?
Tout et n'importe quoi... Mais les séries en priorité: grey's anatomy, lost, house, scrubs sont mes obsessions du moment.
11/ Mon superhéros favori ?
- Spiderman, parce que ok il est un peu trop gentil mais ça reste le plus geek des supers-héros. Et puis il sécrète de la toile d'araignée dans ses poignets (enfin dans la version du film) et ça c'est quand même la classe.
- Batman parce qu'il est gerbé de la tronche, qu'il a pas de supers pouvoirs et qu'il se prend pour une chauve souris la nuit.
- Iron man parce que c'est mon chéri Robert Downey Junior qui l'interprète !
17:56 Publié dans Geekitude | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tag, robert downey junior, michel gondry, tim burton
01.10.2008
Les contes de fée réhabilités
Bettelheim l'a bien compris, les « gentils contes » de notre enfance ne sont pas uniquement des histoires obscures et mièvres où les princes occissent des dragons pour sauver la belle princesse.Quand on les lit de plus près, on s'aperçoit que les contes pour enfants sont souvent sanglants, violents, qu'ils touchent à des sujets graves qui interpellent la jeune génération comme la mort, l'inceste ou encore l'apprentissage de la sexualité.
Je ne vais pas ici réécrire la psychanalyse des contes de fées de l'auteur sus-citée puisqu'elle existe déjà mais juste tenter de réhabiliter certaines histoires douces et gentilles qui ont bercé notre enfance pour rappeler leur réel contenu et leur valeur intrinsèque.
Tout d'abord, pour ressituer le contexte, rappelons que les contes de Perrault sont la plupart du temps des réécritures des contes des frères Grimm sous une forme bienséante qui était acceptable par la cour de l'époque. Car vous l'aurez bien compris, Perrault écrivait pour les adultes et non pas pour les enfants.Les Walt Disney reprenant les grands classiques s'appuient d'ailleurs plus sur ses versions édulcorées que sur la crudité des frères Grimm, d'Andersen ou de certaines versions beaucoup moins gentilles des contes populaires. Dans certaines versions de Cendrillon, celle-ci tue sa belle-mère en lui écrasant la tête dans un immense coffre à jouets. C'est sûr, c'est tout de suite moins glamour. Dans la version des frères Grimm, les vilaines sœurs Javotte et Anastasie vont successivement se couper qui des orteils, qui des talons pour rentrer dans le fameux escarpin en vair(et non pas en verre comme l'a interprété Disney). Je ne parlerai même pas de la Belle au bois Dormant qui elle se fait prendre régulièrement par le gentil prince sans se réveiller: cette flemmarde n'émergera que quand son deuxième enfant, affamé, lui tètera le doigt arrachant ainsi la fameuse écharde venue du rouet enchanté. Soit dit en passant, ce conte est l'un des rares qui ne se termine pas par « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants », car peu savent en effet que la belle Aurore qui a le sommeil facile n'a que deux enfants et vit une fin de conte compliquée avec une belle-mère ogresse qui veut bouffer les-dits gamins. Et oui, ça surprend mais c'est comme ça.
Quand à moi, mes petits chouchous sont ceux que je me plais encore à relire et à voir aujourd'hui, les plus énigmatiques, les plus étranges, les plus malsains.
Tout d'abord, Alice au pays des merveilles. Qu'elle ne fut pas ma joie d'apprendre que Tim Burton allait s'emparer de ce conte fêlé pour une adaptation en 3D ! Qui en effet mieux que le réalisateur du merveilleux et du bizarre pouvait comprendre aussi bien ce qui se passait dans l'esprit tordu du perturbé Lewis Caroll ? Car je vous assure, si vous relisez un jour ce conte en étant adulte et à jeun, vous vous demanderez ce qu'à fumé Lewis avant d'écrire sa saga Alice. Alors déjà la gamine qui grandit et rapetisse en prenant des champis, c'est bizarre. Les chenilles qui fument et les chats qui disparaissent, admettons. Par contre, la reine hystéro qui veut décapiter tout ce qui bouge, moi ça me laisse perplexe quand à un usage destiné aux moins de 6 ans. Car pour moi, le pays d'Alice est loin d'être celui des merveilles. C'est au contraire le royaume de la cruauté. Le « pays des merveilles » est en réalité un endroit où on laisse une petite fille perdue seule au milieu de la forêt, un monde hostile dans lequel chaque habitant cherchera à la tester, à l'abandonner voire purement et simplement à la tuer... Et le plus surprenant dans tout ça, c'est l'aréactivité de cette enfant. Qu'elle se retrouve immense, coincée dans une cheminée, sur un échiquier bizarre de l'autre côté du miroir, ou noyée dans ses propres larmes, Alice attend que les choses se passent. Deleuze caractérisera même son comportement de schizophrénique. (Pour ceux qui ont le courage de lire, certains sites en parlent, personnellement ça reste un peu du chinois pour moi)
Je ne rentrerai pas ici dans le débat qui consiste à dire que Charles Dodgson (alias Caroll) était pédophile, par contre ce qui est sûr c'est qu'il avait un grain et que toute son œuvre s'en ressent. Je profite d'ailleurs de l'écriture de ce billet pour vous conseiller la lecture du moins connu mais non moins excellent « Sylvie et Bruno » du même auteur.
Et pour terminer, last but not least, je ne pouvais pas ne pas parler de Peter Pan. Vous allez penser que c'est une obsession actuelle chez moi, à vrai dire elle est permanente... En effet, le Neverland de James Matthew Barrie exprime pour moi tout ce qui cloche dans nos petites têtes.C'est là que viennent s'abimer tous nos rêves inachevés. Dans le pays imaginaire, les enfants sont perdus et les adultes coincés dans leurs vies monotones ou leurs obsessions malsaines. Et au milieu de tout cela trône Peter, l'enfant irréel que dans la version originale du texte personne n'a le droit de toucher.
Comme Lewis Caroll, la vie de Barrie a été un peu hors norme. L'un s'était pris d'affection pour les 4 filles Liddel et l'autre pour les 5 garçons Llewelyn Davies qu'il finira même par adopter. (Histoire racontée dans le film de Marc Foster où James Barrie est incarné par non moins que Johnny Depp). Cette similitude dans la vie des deux auteurs est d'autant plus surprenante qu'ils sont régulièrement comparés pour leurs œuvres. En ce qui concerne Peter Pan, c'est pour moi bien plus qu'une histoire gentille. C'est le cri de désespoir des orphelins, la sensation de vide des adultes à qui l'on a volé leur jeunesse et qui ne se souviennent qu'en bout de course du « bateau volant de leur enfance ». Et même si l'histoire finit toujours par se répéter, les enfants perdus deviennent des adultes perdus et meurent à leur tour..
Ce que l'on nomme « conte pour enfants » fait non seulement partie de notre culture et de notre patrimoine, mais devrait être parfois relu par les adultes. Nous n'avons certes pas le même regard sur le petit prince de Saint-Exupéry, et pourtant nous pourrions lire ce texte encore et encore et en redécouvrir chaque fois quelque chose de neuf. Ne mettons donc pas nos contes populaires au placard. Si vous avez des enfants, lisez leur les vraies versions des contes, il y aura toujours les Walt Disney pour nous donner la version qui finit bien. Et d'ailleurs aujourd'hui, avec le succès de JK Rowling et autres Narnia, je me réjouis de voir que l'on commence enfin à considérer la littérature enfantine comme un genre... qui n'est pas que pour les enfants !




